Alcool en soirée : les grandes écoles veulent limiter les excès


Finies l'open bar des soirées étudiantes ? Les 230 grandes écoles sont invitées par leur président à signer une charte. Pas plus de quatre verres par soirée ! Possible ou pas ?




L'Ecole Centrale Paris veut donner l'exemple

Les soirées étudiantes
Les soirées étudiantes
"De tous mes copains entrés en école de commerce, je sais qu'un tiers environ sont devenus dépendants de l'alcool à force de consommer fortement en soirée"... François-Xavier, 25 ans, montre du doigt les étudiants en écoles de commerce, sans doute bien lotis par les sponsors et les marchands d'alcool. Mais soyons honnêtes : en réalité les "soirées étudiantes" bien arrosées, avec open bar ou pas, sont monnaie courante dans toutes les écoles et facs.

Résultat : C'est toute une génération qui s'alcoolise, tranquillement mais sûrement. Avec à la clé des problèmes de dépendances et les excès que l'on fait mine de ne pas voir : comas, violence, rapports sexuels sous l'emprise de l'ivresse, accidents de voiture, et morts...

Alors un homme a décidé de réagir : c'est Hervé Biausser, directeur de l'Ecole Centrale Paris, et président de la très digne Conférence des grandes écoles. Il faut dire que Centrale a payé un rude tribut à l'alcool : en septembre 2005, le lendemain de la soirée d'accueil des nouveaux, un étudiant a été retrouvé... mort dans sa chambre. Depuis, Centrale s'est ralliée à la norme de consommation de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé) : pas plus de 4 verres d'alcool par étudiant, des fontaines d'eau installées partout, et des barmen formés par une association.

S'amuser sans alcool ?

Une affiche pour une soirée étudiante
Une affiche pour une soirée étudiante
Comme à l'Ecole Centrale, plusieurs grandes écoles ont pris le chemin de la sobriété et signé une charte où elles s'engagent à limiter la consommation des étudiants et à l'indiquer dans leur règlement. Et les 230 grandes écoles ont été invitées à les rejoindre à la rentrée 2007. Mais il n'y a pas que les grandes écoles ! Le principe des soirées étudiantes a tendance à gagner les facs (même si la logistique et les moyens sont moins importants). On peut aussi tout simplement participer à ces soirées comme invité...

Alors s'amuser sans abuser d'alccol, vous y croyez ? Le problème est souvent dans l'évaluation de l'excès... Où placer la ligne rouge ? Ne pas boire du tout ? C'est le choix proposé aux "capitaines de soirée" chargés de conduire et de ramener tout le monde au retour de discothèque. Mais si l'on ne boit pas du tout, où est la fête diront beaucoup ? C'est un peu le problème.
Une enquête menée par la mutuelle étudiante LMDE a montré que l’alcool est associé à la fête pour 75% des étudiants, à la convivialité pour 58% , à la détente pour 34% et au plaisir pour 37 %. Renoncer à baser une fête sur l'alcool exige donc une réflexion et une certaine maturité. De fait si 81% des moins de 19 ans associent l'alcool à la fête, cela diminue avec l'âge : et "seulement" 64% des plus de 26 ans font encore la même association.

Où en suis-je avec l'alcool ?

Alcool en soirée : les grandes écoles veulent limiter les excès
Si cette maturité vient avec l'âge, elle peut aussi se travailler. On peut par exemple s'interroger sur sa relation à l'alcool : où en suis-je ? Quel est mon comportement en soirée ? Est-ce que je sais dire non ? Suis-je déjà dépendant ? Ai-je déjà perdu le contrôle de moi-même au cours ou à la fin d'une soirée ? Ai-je besoin de boire pour me faire accepter par le groupe, pour prendre confiance en moi, ou pour chasser ma déprime ?
Répondre honnêtement à ces questions, c'est déjà faire un premier pas vers une certaine maîtrise.

Mercredi 6 Janvier 2010

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