Comment savoir si c'est le "bon" ou la "bonne" ?



Je me sens attiré, nous sommes amoureux, mais est-ce le "bon", la "bonne" ? Est-ce l'être avec qui je pourrais vivre et construire un amour durable ? Quelques pistes pour vous aider à trouver la réponse et réaliser votre désir d'aimer et d'être aimé.




Comment savoir si c'est le "bon" ou la "bonne" ?
"Je ne comprends pas le choix d’Anne de se marier avec ce garçon ! Il est gentil, a beaucoup de qualités, mais sa décision me semble trop raisonnable, pas assez passionnée…"  Pour la copine d’Anne, la passion doit primer dans le choix amoureux.
Mais l'amour le plus fort n'empêche pourtant pas de réfléchir : ce n'est pas parce que je me questionne sur une personne qu'il n'y a pas amour !

De même, il est faux de croire que plus je ressens d’émotion" (je pâlis, je rougis, je flippe) plus j'aime. Un amour appelé à durer n'est pas uniquement du domaine du sensible : il intègre le cœur, le corps et la raison.   Si vous voulez savoir si une relation "sérieuse" peut s'engager avec la personne aimée, mieux vaut donc être lucide et vous poser les bonnes questions : "est-ce que je connais bien mes attentes et mes propres désirs, et ceux de l'autre ? Qu'est-ce que je connais vraiment de lui ou d’elle ? Puis-je faire la liste de ses qualités mais aussi de ses défauts, et puis-je accepter de vivre avec, tel qu’il est ou qu’elle est ?"

Apprendre à le (la) connaître, tout simplement

En se demandant s'ils ont trouvé le "bon" ou "la bonne", certains caressent une autre idée fausse : celle qu'il y aurait, quelque part, une personne - et une seule - qui leur correspondrait "parfaitement" : le partenaire "idéal", l'âme sœur, la "moitié", le prince charmant… Du coup, ils passent leur temps à  "s'ausculter" ou à bâtir des châteaux en Espagne, centrés sur eux-mêmes, en se demandant s'ils ont tiré la bonne carte. Et ils en oublient de découvrir la réalité de l'autre, de s'ouvrir à lui, de savoir qui il ou elle est vraiment.

Comment savoir si c'est le "bon" ou la "bonne" ?
En fait il y a sans doute plusieurs personnes au monde que je pourrais aimer. Mais même avec le plus attirant ou la plus "parfaite" à mes yeux, la relation doit se construire. Il me faut d'abord entrer dans la "gratuité" de la rencontre, apprendre à le (la) connaître, tout simplement. Passer de bons moments ensemble,  visiter une expo, acheter des fringues, se joindre à une sortie sportive... Tout cela peut m'aider à avoir une meilleure connaissance de l'autre, de ses réactions, de ses goûts.  Mieux vaut se voir aussi dans la vie ordinaire et pas uniquement en boîte ou en soirée chez les copains.

Car l'amour vrai a besoin de temps. La Rose dit au Petit Prince : "Apprends à me connaître, découvre ce que je suis, comme moi je vais apprendre à te connaître... apprivoise-moi !"  "Pour un choix solide et durable, les cartes risquent d'être d'autant plus embrouillées qu'on aura commencé la relation à l'envers, dit Elisabeth Content, responsable d'un cabinet de consultation pour couples. Si j'ai posé les gestes qui font croire à l'autre - et aussi à moi-même! - que je l'aime, sans avoir vraiment commencé à le(la) connaître en profondeur, je peux me retrouver "piégé" bêtement par la suite."

Trouver ce qui nous réunit

Comment savoir si c'est le "bon" ou la "bonne" ?
Le fait de partager des activités permet de se découvrir et de créer le lien. Mais pour bâtir un couple stable, au-delà de nos goûts communs,  demandons-nous si nous pourrions construire notre vie ensemble.
Avec nos activités, nos métiers, nos traits de caractère, nos aspirations, nos valeurs communes, pouvons-nous avoir un projet commun ?

Projet d'enfants, de famille, de travail, réalisations communes. Voulons-nous vivre à la campagne ou à la ville ? Voyager ou acheter une maison ? "Mon rêve était de vivre une vie simple, proche de la nature, avoue Tug, avec un chien et des enfants! Je n'osais en parler, ça fait décalé. Et j'ai découvert en Flo les mêmes aspirations secrètes. Ce fut le déclic!"

Faute d'avoir suffisamment discuté de leur projet avant de démarrer la vie commune, beaucoup courent à une rupture très douloureuse : Coralie a suivi sans discuter Johan en province, où il est parti créer son entreprise. Elle n'a pu y trouver de travail et s'est retrouvée seule et sans amis. "Lui s'est épanoui alors que moi j'ai sombré dans la déprime, raconte-t-elle. Et lorsque je lui ai dit que je voulais reprendre des études, il m'a dit qu'il n'était pas d'accord pour les financer et qu'il préférait se séparer !".

Et s'il est trop différent ?

Comment savoir si c'est le "bon" ou la "bonne" ?
Ce n'est pas forcément parce qu'on découvre des différences qu'il faudra renoncer. L'absence de différences rassure, mais à ne rechercher que ce qui est identique on ne construit pas une relation réelle.
Cependant, plus les différences sont importantes entre vous, plus il faut réfléchir et discuter de votre "projet commun".


Si vous êtes par exemple de nationalité ou de culture différente, mieux vaut décider du pays dans lequel vous voulez vivre, des traditions que vous voulez garder, de la façon dont vous élèveriez des enfants, de la religion que vous voudriez transmettre, etc.  La question centrale sera de savoir à quoi je tiens absolument et sur quoi je ne pourrai pas transiger, surtout à la longue.

Christophe, lui, reproche à sa petite amie les conflits qui parfois naissent entre eux : "On devrait toujours être d’accord, ça ne peut être la bonne!" Cela n'est pas certain, non plus ! Nous avons tous des différences, et tout le challenge du couple est d'apprendre à les gérer. Seule solution : savoir communiquer en couple et accepter l'autre tel qu'il est sans pour autant renoncer à exister soi-même. Les conflits, inévitables, sont justement des révélateurs : la question n'est donc pas de savoir si vous aurez des conflits, mais comment vous allez les gérer ! "Pour moi, ce qui a fait pencher la balance, c’est qu’elle réagissait bien dans certaines situations difficiles", témoigne Matthieu.

Est-ce que j'aime l'autre pour lui-même ?

"S’il m'aimait davantage, il devinerait ce qui me ferait plaisir!", assure Caroline. Soyons prudent ! Si j’ai manqué d'amour dans mon passé, j’ai tendance à tout attendre de la relation amoureuse. L'autre a la mission impossible de me rendre profondément heureux(se)  : "je veux, j'exige, j'attends". Tout va être sous-tendu par ce que l'autre m’apporte (ou ne m’apporte pas) pour mon propre bonheur, pour mon épanouissement personnel. 
En même temps que je réfléchis aux qualités de la personne aimée, Il est donc important de faire la lumière en moi et de me poser quelques questions-vérité : Qu'est-ce qui m'attire vers telle personne ?  Est-ce que je cherche à combler un vide ? Ai-je un désir de reconnaissance, une quête d'affection ? Suis-je vraiment amoureux de telle fille pour elle-même ou pour ce qu'elle m'apporte ? Suis-je avec lui seulement parce que je l'ai rencontré au moment où j'avais tellement besoin d'amour ?

Si l'autre n'est là que pour combler mes manques, me consoler, me donner confiance en moi mais que je ne l'ai pas choisi(e) vraiment, alors je risque fort d'être déçu(e) et de le (la) décevoir. Immature, cet amour me fait finalement souffrir, il ne m'apprend pas à donner et à recevoir.

Est-ce qu'il (elle) me tire vers le haut ?

Comment savoir si c'est le "bon" ou la "bonne" ?
Au contraire, une relation équilibrée permet à chaque membre du couple de se donner à l'autre et de grandir.
"Je sais que c’est celle avec qui je veux vivre parce que mon cœur maintenant est ouvert, comme dilaté, reconnaît François. Elle me tire vers le haut, me rend capable de plus grand, de dépasser mes petits problèmes personnels. J’apprends à donner de moi-même et même à savoir m'oublier parfois, mais c'est toujours avec joie, pour elle, pour nous…".


L'amour vrai, ni idéalisé ni rêvé, nous tire vers davantage de grandeur, il nous conduit à désirer nous donner à travers notre vie de tous les jours, à nous ouvrir à l'autre, à son monde et au monde en général ; il nous aide à nous décentrer de notre "moi".

Il ne supprime pas les limites de chacun mais jaillit au cœur de la différence. Aimer c'est essayer d'approcher la vérité de l'autre, de l'accueillir comme une personne à part entière, en me débarrassant de mes illusions et de mes projections : "Tel que tu es, je t’aime". Ce n'est pas un sentiment, une fuite de mon mal-être, une recherche d'émotion ou de gratification, la solution pour être enfin reconnu(e) et comblé(e). L'amour vrai s'apprend, se découvre, se construit… Aimer et un acte. Il est la recette d'un bonheur vrai, solide, durable.

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7 Juin 2013
Nicole Payan

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