Je n'ai pas de chance en amour !



Vos histoires d'amour se terminent toujours mal, vous avez l'impression de tomber sur des personnes qui vous rendent malheureux(se) et vos relations amoureuses vous conduisent inexorablement à souffrir... Et si ce n'était pas qu'une question de chance, ou plutôt de malchance, aveugle ?




Je n'ai pas de chance en amour !
En fait, le plus souvent, la chance se conquiert et se construit. La plupart du temps, je pourrais vivre ma vie bien mieux : il me suffirait de décider de la gérer différemment....

Dans le choix d'une relation amoureuse, je peux être influencé(e) ou dirigé(e) par des interférences qui m'entraînent dans des impasses sans que je m'en rende compte. Pour les éviter, une seule solution : apprendre à me connaître un peu mieux.
Mes échecs amoureux peuvent même me permettre de mûrir si  j'accepte de me poser quelques questions : qu'est-ce que j'attends en fait de l'amour ? Suis-je réellement prêt(e) pour engager un amour durable ? Par quel type de personne suis-je attiré ? Est-ce que je choisis bien l'élu(e) de mon cœur ? Sur quels critères est-ce que je m'engage ? Suis-je prêt(e) à construire, ensuite, une relation où chacun peut s'épanouir ?


D'abord, je fais le ménage dans mes fausses visions

Très souvent, les échecs amoureux proviennent des fausses images de l'amour que nous pouvons avoir.
Pour Sonia, par exemple, l'amour était forcément passionnel : "c'était un amour, dit-elle, intense, physique, où nous souhaitions être si beaux que nous en avons fini par nous mettre une pression énorme, par nous étouffer..."
L'amour comporte une part de flamme certes mais, si elle reste uniquement émotionnelle, elle finit un jour par s'éteindre.

L'amour n'est pas non plus uniquement fondé sur "je sens ou je ressens..." Ces sentiments, rejoignant uniquement ma sensibilité sont bien trop fluctuants et ils ne sont pas suffisants pour m'engager dans une relation durable. Pour mettre toutes les chances de mon côté dans une relation, il faut aussi l'implication de ma raison !

L'amour n'est pas non plus fusion : vouloir faire entrer l'autre dans mon propre moi, vivre uniquement collé à lui et à travers lui, est une attitude qui conduit, un jour ou l'autre, l'un des deux, sinon même les deux, à se sentir vite étouffé ! Marc avoue : "J'ai tout fait pour elle. Plus d'amis, très peu de contact avec ma famille. Quand elle me disait de ne pas faire quelque chose, je l'écoutais... je n'en peux plus!"

Toutes ces fausses visions de l'amour conduisent inexorablement à l'échec et à la souffrance.  


Et maintenant, qu'est-ce que j'attends de l'amour ?

Je n'ai pas de chance en amour !
Si je me retrouve souvent en situation d'échec, il serait bon que je me demande aussi ce que j'attends de mes relations amoureuses.
Est-ce que je cherche à combler un vide, des manques affectifs : ai-je besoin de tendresse, suis-je en quête d'affection ? La vie en famille a pu me léser dans ces domaines ou l'éloignement de personnes aimées peut raviver certains besoins...
Quoi qu'il en soit, on ne construit pas une relation durable uniquement pour satisfaire ses manques.

Ou bien encore est-ce que j'ai  besoin de me sentir enfin reconnu(e) ? En me sentant aimé(e), je retrouve confiance en moi, je sens que je compte pour quelqu'un, je me sens exister : je prends une certaine valeur, à mes yeux, aux yeux des copains, de ma famille...

Mais peut-on construire un amour durable uniquement sur le "paraître" ou sur ma propre satisfaction passagère ? Comme dit Élisabeth Content, conseillère conjugale : "posez-vous franchement la question : est-ce que je privilégie l'amour de l'autre - l'amour vrai - ou bien l'amour de la relation pour elle-même : j'aime ne pas me sentir seule, m'entendre dire que je compte pour quelqu'un, sentir que j'ai une sorte de pouvoir sur l'autre...?
 
Ou bien encore est-ce que j'aime le fait d'être avec quelqu'un pour ce que cela m'apporte : reconnaissance, cadeaux, un certain statut dans mes relations avec les autres...? En me posant sincèrement toutes ces questions, je peux préparer la place pour une vraie relation amoureuse.

Comment je choisis l'élu(e) ?

"Je ne trouve que des personnes qui me font souffrir !", dites-vous. Mais comment les choisissez-vous? D'ailleurs, est-ce que vous les avez vraiment choisies ? En la matière, nous devons prendre garde à certains penchants plus ou moins conscients qui risquent de nous conduire à l'échec.

Première question à me poser : mon choix dépend-il de ce que vont penser les autres, ma famille? Est-ce que je cherche à être bien vu(e) dans cette relation amoureuse ou bien à prouver quelque chose et à m'opposer à mon entourage ?
Autre écueil : en fonction de mon histoire personnelle, je me suis peut-être fabriquée une image de l'élu(e) idéal qui oriente inconsciemment mes choix et au besoin, je vais jusqu'à demander à l’autre de se transformer pour qu’il corresponde à ce que j'attends.

Laetitia Boutry, psychologue, l'explique très bien dans sa vidéo.


Pourvu que ça dure !

"Je ne comprends pas, je rencontre des personnes que j'essaie d'intégrer au mieux à ma vie, mais ça ne dure jamais !"
Là encore, regardons la situation posément mais franchement. Pour entrer dans une relation qui dure, il faut apprendre à "quitter", nous dit encore Élisabeth Content :  "quitter mon idéal imaginaire dans lequel je peux être enfermé(e), quitter l'idée qu'il existe peut-être quelqu'un de mieux , comme si l'amour était un immense supermarché dans lequel je peux choisir sans fin les êtres qui me conviendraient mieux"....
Quitter aussi l'image du couple de mes parents, ma vie égocentrique d'adolescent, mon organisation désinvolte d'étudiant, ma vie libre de célibataire pour que l'autre puisse prendre sa place, unique et personnelle, dans ma propre vie.

L'amour éclot entre deux êtres qui sont toutes deux des personnes à part entière. Cet amour ne peut vivre et durer que si chacun se sent écouté, respecté et pris en compte.
Patiemment, apprenons à nous découvrir, tels que nous sommes, à dialoguer pour apprendre à connaître et accueillir nos goûts mutuels, nos projets de vie, nos intentions à long terme....
N'oublions pas aussi de pardonner quand des différends nous ont séparés, de savoir reconnaître que les erreurs sont souvent partagées et d'apprendre à restaurer la confiance.


Alors, quelle est ma part de chance ?

La plus grande chance, dans toute relation amoureuse, est de  pouvoir apprendre à aimer. C'est un vrai challenge ! C'est en s'exerçant à faire du vélo qu'on apprend à rouler bien en équilibre et longtemps ; c'est en s'exerçant à aimer, sans faux-semblant, qu'on apprend à aimer et à être aimé(e) en vérité. Cheminer et grandir ensemble, dans l'amour, sans se détruire, s'étouffer ni se fondre en l'autre, s'apprend, jour après jour.

Mes échecs ne sont donc pas des obstacles. Même s'ils me font souffrir, ils peuvent me servir de tremplin pour apprendre à approcher la vérité de l'autre en me débarrassant de mes illusions et de mes projections. Ils m'aident aussi à comprendre que je ne peux pas me lancer à la légère dans l'aventure passionnante d'une relation amoureuse, surtout si je veux que cet amour dure et grandisse !
Un amour vrai nous tourne à deux vers l'avenir et peut durer toute une vie... C'est cela la vraie chance !


7 Juin 2013
Nicole Payan

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