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Paulette Bruges : elle se souvient de 1940


En 1940, Paulette Bruges Delhaye a 18 ans et elle vit à la campagne dans le Nord de la France, une région très éprouvée par la guerre. Avec sa famille, elle va vivre avec des occupants allemands au quotidien dans sa propre maison, et pendant quatre ans !




Des panzers traversent un village français en mai 1940. © CC / Wikimédia
Des panzers traversent un village français en mai 1940. © CC / Wikimédia
"Nous habitions dans une ferme à Wandonne, je me souviens de voir venir des gens du village en criant « Les boches arrivent ! ». Il sont arrivés et nous ont rassemblés dans la cour en nous expliquant que désormais, nous n’avions plus le droit de quitter les lieux, nous devions rester à la ferme et respecter le couvre-feu. Quatre soldats se sont installés chez nous et ont pris possession des lieux."

Ils se sont tout simplement installés à la maison.

 "Les allemands qui étaient chez nous n’étaient pas violents, mais se servaient de tout. Je me rappelle qu’un soir où ils avaient fait des crêpes ils en ont offert une à ma mère et à moi, mais pas aux hommes. Certains ont abusé de femmes et de filles, en ce qui me concerne, ils ne m’ont jamais embêtée, je les ignorais, je ne faisais pas attention à eux. Un jour, un soldat m’a demandé d’aller chercher du lait en pleine journée. Je lui ai simplement répondu que ce n’était pas l’heure de la traite, qu’il fallait qu’il attende le soir, et il m’a laissée tranquille.

Un soir où je rentrais de promenade avec mon fiancé Edouard, une patrouille nous a demandé où nous allions, ils nous ont suivis jusque chez nous, ils voulaient être sûrs que nous rentrions bien à la maison. Ils étaient très suspicieux. De notre côté, nous nous arrangions pour cacher chevaux, bicyclettes et vivres. Un manque de coopération nous a valu plus tard de devoir quitter notre foyer avec mon mari. "

Des missiles sont tombés sur des maisons

"Nous avons beaucoup souffert des bombardements, en particulier des missiles V1, les premiers missiles auto portés lancés depuis la base toute proche de Saint-Omer en direction de Londres. A cause de ces bombes, mon mari a perdu sa sœur Célinie et son neveu de 11 ans, un missile V1 avait explosé trop tôt. Et puis un cousin de mon mari a vu le toit de sa maison soulevé à cause d’une de ces bombes."

A la fin de la guerre, en 1944, Paulette s'est mariée à Edouard, leur maison étant toujours occupée. A cause de leur manque de coopération, notamment pour partager des vivres, ils ont été chassés de chez eux par les Allemands et ont dû se réfugier chez les parents du jeune homme. Edouard a dû participer aux travaux obligatoires comme beaucoup d'hommes.

Retour aux autres témoignages : J'avais 20 ans en 1940

4 Juin 2019
Propos recueillis par Milène Rapp


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