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Réussir la première année de médecine



Comment travailler pour réussir le rude concours de première année de médecine ? Gérer son temps, mobiliser sa mémoire, gérer le stress... Les conseils du docteur Chantal Régnier qui donne des cours de méthodologie aux étudiants.




La 1ère année de médecine, c'est un peu l'enfer. Comment la vivre ?

Réussir la première année de médecine
Dr Chantal Régnier : C'est vrai que c'est une année un peu dingue, exceptionnelle par rapport à la vie normale, parce qu'il faut mettre toute son énergie dans la préparation de ce concours. D'autre part, comme il s'agit d'un concours, il sera toujours difficile d'apprécier son niveau par rapport à celui des autres candidats, et donc on ne pourra jamais être sûr de réussir. La solution, c'est donc de donner le maximum de ce qu'on est capable de faire, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut plus dormir que 4 heures par nuit.

Alors comment s'organiser pour se préparer le mieux possible ?

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D'abord, il faut acquérir une bonne efficacité par rapport au temps passé. Il est clair qu'il y a une masse énorme de connaissances à apprendre, et que le temps est limité. Les étudiants doivent donc avoir les bons outils de travail intellectuel et les utiliser au mieux : savoir se concentrer, mémoriser, apprendre. C'est tout ce que je développe dans mon dossier de méthodologie. Je suis frappée de voir que beaucoup d'étudiants ne savent pas vraiment apprendre. Ils travaillent beaucoup et croient savoir, mais de façon trop vague par rapport à ce qui sera nécessaire pour réussir ce concours qui a ses propres "règles" : plusieurs matières ne seront évaluées que par des QCM, ce qui exige de développer la rigueur, la précision et la concision, trois qualités scientifiques. Le plus simple est d'apprendre ses cours par coeur, c'est-à-dire de pouvoir les réciter mot à mot : sans erreur de sens, sans flou et sans oubli.

Beaucoup d'étudiants manquent de temps et travaillent comme des fous jour et nuit au risque de ''craquer'', que leur conseillez-vous ?

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Le manque de temps peut devenir une obsession. Vous êtes en retard et vous courez perpétuellement après le temps. Pour bien préparer le concours, il faut faire du temps votre allié, le considérer comme un outil et non comme un tyran : c'est moi qui choisis de gérer mon temps parce que je veux avoir mon concours. Concrètement, cela implique une organisation très serrée. Car plus on dispose de temps pour accomplir un travail, plus il vous prend de temps... Il faut absolument se contraindre à faire rentrer son travail dans le temps imparti : j'explique dans mon guide comment hierarchiser les choses à apprendre pour utiliser au mieux sa mémoire et éviter d'accumuler le retard au fil des jours.

C'est l'éternel conseil d'apprendre au fur et à mesure, mais est-ce vraiment possible ?

En effet, le meilleur rythme d'apprentissage à prendre est celui des cours donnés à la fac, jour après jour. Ce n'est pas impossible, et cela vous permet non seulement d'avoir un vrai temps de révision avant l'épreuve, mais surtout de diminuer considérablement votre stress. Car il faut bien le dire, les étudiants adorent se faire peur avec l'idée même de se savoir "en retard" ! Une erreur fréquente consiste aussi à planifier beaucoup d'autres choses à faire que le nécessaire, comme des révisions genre "tout le chapitre X en chimie", ou réviser pour une interro de prépa ou même un concours blanc !

Si cela vous étonne, consultez le guide où j'explique comment apprendre avec méthode et planifier exercices et annales correspondantes au fur et à mesure des chapitres appris est une garantie majeure de réussite : pas besoin d'en rajouter une couche ! J'explique aussi comment organiser son planning hebdomadaire, en respectant le rythme de l'apprentissage, de façon à pouvoir rattraper le retard de la semaine au plus tard sur le week-end.

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Il faut aussi faire la chasse au temps perdu et aux moments où l'on n'est pas efficace parce que trop fatigué ou peu concentré. Comme dit le proverbe, "A corps fatigué, cerveau peu efficace". Votre corps n'est pas un esclave, ses besoins essentiels doivent être respectés : un temps de sommeil minimum, au moins une heure d'exercice par semaine, un bon équilibre alimentaire, des pauses régulières entre les séances de travail. Mieux vaut travailler efficacement après une heure de piscine, que de relire 50 fois le même cours sans arriver à se concentrer. Je déconseille aussi le café et les boissons excitantes, car cela augmente le stress. Ce n'est pas payant à long terme.

Vous parlez beaucoup du stress dans votre guide, pourquoi ?

copyright : illustrations.fr
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La notion de concours induit un stress psychique important. Or le stress est le premier ennemi de la mémoire : il empêche de bien "coder" les choses que vous apprenez, et aussi de vous en souvenir lorsque vous en avez besoin. Il est donc essentiel de bien gérer le stress : on ne peut pas le supprimer, mais il faut savoir l'utiliser comme un moteur pour la motivation, sans le laisser tout envahir.
Quand vous arrivez pour passer le concours, posez votre peur sur la table, puis concentrez-vous sur le travail. Il y a d'ailleurs d'autres réflexions intérieures qui peuvent vous empêcher de donner le meilleur. Ce sont souvent des appréciations négatives sur vous-mêmes - "Je suis nul(e)", "Je suis lent(e)" "j'ai moins de mémoire que les autres".. . J'appelle ces pensées des "gendarmes intérieurs" car elles vous arrêtent, ralentissent votre pensée et son efficacité. Cela vous empêche de mettre toutes vos forces dans le travail : en somme, vous partez battu d'avance. Au contraire la réussite du concours exige des attitudes psychologiques particulières.

Lesquelles ?

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Vis-à-vis du travail, je recommande par exemple d'aborder tout ce qu'on apprend de façon positive, sans a priori sur une matière... La confiance est aussi très importante, confiance en soi et dans ses proches. La confiance en soi se nourrit de petites victoires accumulées qu'il faut prendre le temps de goûter. C'est aussi une année où l'on a besoin de stabilité : mieux vaut éviter les grandes émotions, les changements de vie.

On ne peut pas se lancer dans mille projet car le concours est déjà en lui-même un projet énorme. Si l'on arrive à mettre tout cela en place, on peut faire de cette préparation une année constructive et non destructrice malgré le rythme de vie quasi monacal. Il ne faut pas se laisser tyranniser par son travail, mais le mettre au service de son projet. Il s'agit de donner du sens aux choix que l'on fait, de s'appuyer sur sa motivation. Certains mettent des écriteaux au-dessus de leur bureau : "Je veux être chirurgien". Il faut parfois avoir sa motivation devant les yeux pour prendre des décisions et pour s'y mettre.

Pour en savoir plus

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Retrouvez les conseils détaillés du Dr Chantal Régnier dans un Guide de méthodologie de 57 pages à télécharger* sur ce site : "Préparer le concours de première année de médecine Le Dr Chantal Régnier est lauréate de la faculté de Necker-Enfants-malades (Université Paris Descartes-Paris V, praticien attaché à l'hôpital Charles Foix (AP-HP). *(Pour le téléchargement : après le paiement, cliquez sur le bouton "Retour à Vita Ressources" pour accéder au doc à télécharger.)

Propos recueillis par Michèle Longour

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