Parcoursup : début des propositions d'admission dans le supérieur



Plus de la moitié des lycéens ont reçu une réponse positive à leurs voeux d'orientation via Parcoursup, le 22 mai 2018. Les autres, soit plus de 375000 jeunes étaient refusés ou sur liste d'attente, d'où un fort émoi dans les lycées et les familles. Une situation que le ministère s'emploie à apaiser...





Parcoursup : début des propositions d'admission dans le supérieur
Pour le nouveau dispositif Parcoursup qui régule l'entrée des lycéens et des étudiants en réorientation dans l'enseignement supérieur, la date était stratégique. C'est en effet le 22 mai à 18 heures que les 810 000 candidats ont commencé à recevoir les propositions d'admission aux voeux d'orientation qu'ils avaient émis et confirmés sur la plateforme Parcoursup. 
Et que l'on devait voir, à l'épreuve des faits, si Parcoursup allait réussir là où APB avait failli, laissant, on s'en souvient, des milliers de candidats sans admission en 2017 (même dans les licences "à pastille verte" qui étaient supposées pouvoir accueillir tout le monde).

Or l'inquiétude n'a fait qu'enfler quand les premiers messages sont arrivés via l'appli Parcoursup ou que les lycéens se sont connectés à leur espace personnel sur la plateforme : si 436 224 candidats ont constaté qu'ils avaient au moins une réponse positive à leurs voeux, 375 834 autres jeunes étaient, le 23 mai, sur liste d'attente ou refusés à tous leurs voeux.

Dès lors, les tweets acides et les comparaisons chiffrées avec les taux de réponse donnés par APB n'ont pas manqué, laissant oublier que le dispositif de réponses choisi par Parcoursup est différent.

Une situation prévisible mais une communication insuffisante

Dans Parcoursup en effet, les lycéens n'ont plus à classer leurs voeux et pouvaient en faire jusqu'à 10. L'algorithme est tout à fait différent de celui d'APB qui demandait à chacun d'ordonner ses voeux dès le mois de mars : ainsi au moment de l'annonce des résultats, avec APB, on n'obtenait qu'une réponse positive, la première admission obtenue la plus haut placée, ce qui annulait automatiquement tous les choix inférieurs. Et cela à dates fixes.

Avec Parcoursup, on obtient une réponse à tous ses voeux. Cela se fait au fil du temps et l'on choisit au fur et à mesure de dire "oui" ou "non". Mais le gros inconvénient est les meilleurs élèves reçoivent plusieurs réponses positives, condamnant pas là même un grand nombre de candidats à être sur liste d'attente, au moins au début de la phase de réponse !

Ce point, et son impact psychologique négatif sur des milliers de candidats au premier jour de la phase de réponse, a sans doute été mal anticipé et trop peu expliqué par le gouvernement qui mobilise désormais ses psychologues pour répondre aux familles paniquées sur son numéro vert !

Pourtant, les candidats ayant plusieurs réponses positives étant tenus de faire un choix et de libérer très vite des places, un grand nombre de lycéens sur liste d'attente devraient normalement recevoir des propositions d'admission jour après jour. C'est la raison qui amène la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal à affirmer que "les deux tiers de candidats auront une proposition positive avant le bac".


Quelles propositions peut-on recevoir ?

Tout dépend du type de formations que vous avez demandées. Parcoursup a en effet créé une nouvelle proposition d'admission, le "oui si" qui pourra être faite par les universités à certains lycéens jugés trop faibles pour réussir en première année de licence et les oblige à suivre un parcours de remise à niveau avant la L1.

Pour les formations non sélectives (licences universitaires)
On distingue les licences qui ont assez de places pour accueillir tous les candidats et celles qui sont "en tension".

Si la licence a assez de places pour le nombre de voeux émis, la proposition peut être :
- Oui (vous êtes pris en L1, il vous reste à accepter ou renoncer)
- Oui si (vous êtes pris dans le parcours de remise à niveau)

Si la licence a plus de demandes que de places :
- Oui
- Oui si
- En attente d'une place (vous serez pris en L1 si des places se libèrent)

Pour les formations sélectives (BTS, DUT, classes prépa, écoles d'ingénieurs...)
Les propositions peuvent être :
- Oui 
- En attente d'une place 
- Non (vous êtes refusé suite à la sélection)

Quelles réponses peut-on donner ?

Comme dans le précédent APB, il est impératif de répondre aux propositions qui vous sont faites, afin que les établissements sachent s'il faut vous inscrire ou si votre place peut être proposée à un(e) autre candidat(e). 

A chaque proposition, la réponse à apporter est simple : vous pouvez l'accepter ("j'accepte") ou la refuser ("Je refuse"), et cela même si vous n'obtenez qu'un seul "oui" ou qu'un seul "oui si".
Attention tout de même : si vous refusez une offre unique, vous n'avez plus aucune place assurée via Parcoursup. Vous pourrez certes postuler à nouveau via la procédure complémentaire qui débute le 26 juin, mais uniquement sur des formations où il reste des places.

- Si vous acceptez un "oui si", vous êtes obligé de faire le parcours de remise à niveau proposé, vous ne pouvez intégrer directement la L1. 

- Si vous avez une réponse positive (oui ou oui si) et une ou plusieurs places en liste d'attente, vous pouvez accepter l'admission qui vous est faite et vous avez la possibilité de garder vos places en liste d'attente. Mais il faut bien le mentionner, sinon votre place en liste d'attente est effacée par défaut.

Dans quels délais faut-il répondre ?

Jusqu'au 17 juin, Il faut répondre dans les 7 jours. Pour les propositions qui vous sont faites le 22 mai, vous avez donc jusqu'au 28 mai inclus pour répondre. 

Pendant le bac, du 18 juin au 25 juin inclus, le dispositif est gelé : vous ne recevrez aucune proposition d’admission et vous ne pouvez donner aucune réponse. Si vous avez reçu une proposition deux jours avant le bac, par exemple le 16 juin, le compte à rebours des sept jours de réponse reprend le 26 juin et vous aurez jusqu'au 30 juin pour répondre.

Pour les propositions d'admission reçues à partir du 29 juin et jusqu'au 1er septembre, il faudra répondre dans les trois jours. Puis à partir du 2 septembre, il faudra répondre dans un délai d'un jour.

Pourquoi cette accélération ? Pour éviter de garder trop longtemps des candidats en liste d'attente et permettre de libérer des places.

Que faire si l'on n'a que des propositions en liste d'attente ?

Surtout, ne paniquez pas. Rappelez-vous d'abord que vous êtes très nombreux dans ce cas mais qu'un grand nombre de places devraient se libérer quand ceux qui ont plusieurs réponses positives vont donner leur réponse.

 Exemple : un bon élève de terminale S obtient une réponse positive aux sept voeux qu'il a émis (dans 3 CPGE, deux voeux en école d'ingénieur et deux voeux en IUT) : il accepte l'une des admissions en CPGE et cela libère du même coup les six autres places.

Contrairement à ce qui se passait avec APB (où les listes d'attente évoluaient peu), les candidats placés en liste d'attente vont se voir proposer très vite des admissions. Cela va se passer au fil de l'eau, chaque jour. 

Alors, ne vous découragez pas et guettez les notifications envoyées par l'application Parcoursup (à télécharger si ce n'est déjà fait) ou les mails à l'adresse que vous avez donnée. En cas de problème, ou si vous avez une question, vous pouvez aussi envoyer un mail à Parcoursup en cliquant sur la rubrique "Contact" ou appeler le numéro Vert de la plateforme.

Comment choisir entre deux réponses positives ?

En obligeant les lycéens à classer leurs voeux dès le mois de mars, le dispositif APB voulait forcer la maturation de ce choix. Parcoursup a choisi de vous laisser davantage de temps pour établir vos préférences, mais il faut maintenant vous décider.

C'est le moment de vous demander ce que vous désirez vraiment faire à la rentrée prochaine. Une fois que vous avez accepté une proposition, il faut en effet faire l'inscription administrative dans la formation visée, envisager concrètement le logement, la rentrée, etc. Alors projetez-vous mentalement dans les diverses voies et posez-vous une dernière fois les bonnes questions.

Quel est le contenu d'enseignement qui vous attire et vous motive le plus ? Le cadre d'études qui convient le mieux à votre profil d'élève ? La filière où vous avez les meilleures chances de réussite ? Avez-vous besoin d'être très encadré ou plus autonome ? Et sur le  plan matériel ?

Eventuellement, replongez dans la documentation rassemblée, visionnez des témoignages ou contactez les étudiants de la plateforme Inspire qui sont volontaires pour aider les lycéens à s'orienter et donner leur témoignage. Vous pouvez aussi solliciter le conseil de vos enseignants (notamment le professeur principal dédié à l'orientation) ou en discuter avec des proches, mais veillez à faire un choix libre et personnel car c'est vous qui allez faire ces études au final.

Que faire si l'on n'a aucune proposition d'admission ?

Même si le gouvernement a ouvert 19 000 places dans les filières dites "en tension", il risque d'y avoir encore en 2018 des lycéens qui n'obtiendront que des réponses négatives, ou qui resteront en liste d'attente jusqu'en septembre. Cela pourrait concerner un grand nombre de bacheliers technologiques et professionnels qui sollicitent en général une place dans les filières technologiques courtes (BTS et IUT).

Si c'est votre cas, une commission d'accès à l'enseignement supérieur devrait vous faire de nouvelles propositions d'admission en tenant compte de votre profil. On peut la saisir via Parcoursup et vous avez tout intérêt à le faire. A plusieurs reprises le gouvernement s'est en effet engagé à ce que tout lycéen ait une admission quelque part. Dont acte.

D'autre part, comme les années précédentes, une "procédure complémentaire" va être ouverte fin juin : elle permettra aux candidats sans affectation d'émettre à nouveau des voeux mais uniquement sur des formations où il reste des places.

Quelles sont les filières "en tension" ?

La ministre de l'Enseignement supérieur Frédéric Vidal a donné quelques chiffres dans un bilan d'étape de Parcoursup en avril 2018.

- 810 000 candidats se sont inscrits sur Parcoursup, soi un peu plus qu'en 2017.
- Ils ont fait en moyenne 7,7 voeux sur les 10 qui étaient possibles
- Les filières sélectives représentent 68% des voeux, pour 32% aux non sélectives. Les CPGE, les BTS et les DUT restent très demandés. On note +26% de candidats à des DUT et +15% à des BTS.
- A l'université, il y a beaucoup moins de voeux qu'avant, car Parcoursup a supprimé les "voeux contraints" (avec APB, tout lycéen devait obligatoirement mettre une licence)
- Certaines filières restent "en tension"
. En psychologie et en PACES, le nombre de candidats augmente de 2%
. En Staps, la hausse se poursuit : +17% de candidats / 2017

En revanche, les candidats sont moins nombreux en droit.

Les lettres de motivation des élèves ont-elles été prises en compte ?

Parcoursup a innové aussi en demandant à chaque candidat de fournir un "projet de formation motivé" pour expliquer sa candidature dans chaque formation.

Cette lettre accompagnait bien sûr les notes des bulletins, mais aussi la "fiche Avenir" établie par le conseil de classe et donnant l'avis des enseignants de terminale sur le choix de chaque filière.

Il est encore trop tôt pour savoir comment ces différents éléments ont été pris en compte. Dans les filières sélectives qui avaient l'habitude d'examiner les dossiers, il semble que l'examen des notes scolaires et que l'avis des enseignants continuent à primer sur les éléments motivationnels.

Les lettres de motivation pourraient intervenir dans un deuxième temps, par exemple pour aider les commission d'accès à l'enseignement supérieur à trouver des solutions pour les candidats sans admission.

Turbulences à l'université

Dans les universités où pour la première fois les enseignants devaient examiner les dossiers des candidats, deux types de difficultés sont apparues.

Manquant de moyens pour assumer ce travail supplémentaire, de nombreuses équipes ont été submergées par les dossiers et incapables de les examiner de façon approfondie. "A Paris III, en communication, nous avons reçu 9000 dossiers !", indique une enseignante.

Dès lors, ​il semble aussi que les notes aient largement prévalu sur les autres critères. Plusieurs équipes n'auraient examiné que les dossiers des candidats ayant eu une bonne note au bac français, puis les dossiers auraient été classés à partir des notes des bulletins, selon un algorithme propre à chaque établissement. 

"Il a tout fallu réduire à une note sur 20 : la lettre de motivation, la fiche Avenir... et nous avons ensuite classé les dossiers à trois décimales près", dénonce une autre enseignante.

Mais certains universitaires ont aussi refusé, par principe, d'examiner les dossiers, car attachés au principe du libre accès de tous à l'université et dénonçant une logique de "mise en concurrence des individus". D'autres au contraire se réjouissent de pouvoir réserver leur enseignement aux étudiants les plus à même de réussir.

Il faudra en effet attendre la rentrée pour savoir si tous les candidats ont trouvé une place, et même un an de plus  pour voir si les parcours "oui si" et un meilleur accompagnement des lycéens permet de limiter l'échec en première année de licence.

Mais pour le dispositif Parcoursup déjà largement contesté, les semaines qui viennent seront déterminantes...

Pour en savoir plus




Rédigé par le Lundi 21 Mai 2018 modifié le Jeudi 24 Mai 2018

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