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Lycée : vers davantage de maths dans le tronc commun en 1ère générale



Dès la rentrée 2022, l'enseignement scientifique du tronc commun en première générale devrait comporter 1h30 de maths en plus pour les élèves n'ayant pas pris la spécialité mathématiques.





Lycée : vers davantage de maths dans le tronc commun en 1ère générale
C'est la première mesure retenue par le ministère de l'Education nationale parmi celles proposées par un comité d'experts dans le rapport* remis le 21 mars 2022 pour rééquilibrer la place des maths dans la formation des lycéens

Depuis plusieurs mois en effet, des voix alertent sur les conséquences de la réforme du lycée sur les compétences mathématiques des jeunes Français, déjà orientées à la baisse depuis plusieurs années d'après plusieurs études.

En effet, depuis 2019, les mathématiques ne font plus partie du "tronc commun" d'enseignements obligatoires en première et terminale : elles sont englobées dans un "enseignement scientifique" de 2h par semaine, qui comporte aussi de la physique-chimie, des SVT et de la culture scientifique. Les professeurs de maths n'assurent que 6% du volume horaire de cet enseignement.

* : à télécharger au bas de cet article

 

36% des lycéens ne font quasiment plus de maths à 16 ans

Pour poursuivre l'apprentissage des maths en classe de première générale, il faut donc les placer parmi les trois spécialités que les lycéens doivent choisir parmi 13. Certes, 64% des lycéens ont opté pour cette spécialité en première en 2021, ce qui fait des mathématiques la spécialité la plus choisie.

Mais cela veut dire que 36% des lycéens français ne font quasiment plus de mathématiques à l'âge de 16 ans ! Dans le système antérieur des séries (L, ES, et S), ils n'étaient que 13% dans ce cas (les élèves de la série L sans option maths). Or les compétences scientifiques ont une importance croissante dans tous les secteurs économiques...

D'autre part, en terminale, les lycéens ne conservent que deux spécialités sur trois, ce qui conduit les plus moyens (ou ceux qui ne visent pas d'études scientifiques) à un nouvel écrémage au détriment des maths. Ils peuvent toutefois prendre l'option "maths complémentaires" (moins difficile que la spécialité), tandis que les matheux peuvent encore pousser leur niveau avec l'option "maths expertes".

 


La part des filles en spé maths plus faible que dans l'ancienne série S

De niveau volontairement élevé, la spécialité maths réussit donc à attirer les profils scientifiques qui visent par exemple les écoles d'ingénieurs et les prépas scientifiques (pour qui le choix de la spé maths + maths expertes, et d'une autre spé scientifique sont un préalable).

Mais elle laisse en chemin des milliers de lycéens - et notamment de lycéennes - qui auraient pourtant besoin d'élever leur niveau de maths, par exemple pour faire des études de commerce ou de gestion.

Dernier problème souligné par le rapport rendu en mars 2022, "la proportion des filles en spécialité mathématiques est moindre que celle des filles en terminale S, et les filles sont plus encore minoritaires si on considère l’option mathématiques expertes".

1h30 de maths en plus en 1ère à la rentrée 2022

Les propositions faites par le comité de consultation missionné par Jean-Michel Blanquer tendent donc à rééquilibrer la place des maths, sans toucher à la la réforme du lycée.

La mesure qui semble d'ores et déjà retenue (Emmanuel Macron avait déclaré y être favorable début mars) est l'ajout en classe de première de 1h30 de maths dans le tronc commun, dans le cadre de l'enseignement scientifique qui passerait de 2 h à 3h30 par semaine.

Les experts suggèrent qu'on l'appelle désormais "enseignement scientifique et mathématiques" (ESM). La note de contrôle continu de cet enseignement permettrait à l'élève d'avoir une note de maths dans son dossier Parcoursup... sans forcément faire la spé maths. En revanche l'idée d'une épreuve anticipée de maths en première (parallèle à celle de français) n'a pas été retenue.

 

Pour les élèves sans spé maths en 2022, pour tous les autres ensuite

Pour autant, ce supplément de maths - assuré par des profs de la discipline - ne serait proposé à la rentrée 2022 qu'aux élèves n'ayant pas pris la spécialité mathématique.

L'objectif serait en effet de leur permettre d'accéder en terminale à l'option "maths complémentaires", et d'élargir ainsi leurs chances d'être admis dans certains cursus sur Parcoursup (par exemple des prépas économiques ECG, ou des BUT production).

A la rentrée 2023, en revanche, cet enseignement commun de 3h30 musclé en maths serait proposé à tous les élèves, comme un "minimum légal". Pour la continuité du parcours, les experts recommandent aussi de revoir le programme de maths de seconde, et bien sûr celui de la spécialité maths en première, qui devra compléter et s'articuler avec les programmes de l'ESM.

La philosophie de ces changements serait de passer du "tout ou rien" mathématique à une certaine progressivité, avec davantage d'itinéraires et de choix possibles.



 


L'objectif de 10 000 filles en plus en maths expertes

En même temps, le rapport remis à Jean-Michel Blanquer préconise de fixer l'objectif d'accueillir d'ici 2024 10 000 filles en plus dans l'option "mathématiques expertes", véritable portée d'entrée dans les études mathématiques et scientifiques de haut niveau.

Si cela représente seulement 4 filles en plus par établissement, le rapport n'indique pas comment faire.

Pour séduire davantage d'élèves en général (filles ou garçons), il rappelle pourtant la nécessité de travailler en profondeur la pédagogie, les méthodes et l'évaluation des mathématiques. Des outils sont évoqués comme la création de groupes de compétences en première, le développement du travail entre pairs, la création de laboratoires mathématiques, la promotion des lesson studies, ou la réduction de la taille de certains groupes sur toute ou partie de l’année.



 

L'esprit de la réforme du lycée préservé... pour l'instant

Tout en ouvrant ces pistes pour les maths, le comité d'experts, présidé par Pierre Mathiot qui fut l'architecte de la réforme du bac, entend bien conserver l'esprit de la réforme basé sur le choix à la carte et la spécialisation progressive. C'est notamment ce qui l'a conduit à écarter certaines propositions comme la possibilité de garder trois spécialités en terminale (au lieu de deux).

Il a écarté également l'idée de dédoubler la spécialité maths en deux catégories : l'une pour les scientifiques purs et durs, l'autre pour les profils intermédiaires, notamment ceux intéressés parles études de gestion. Ce choix présenterait le risque "d’une hiérarchisation entre les élèves qui accentuerait sans doute le marquage genré et social des mathématiques", indique le rapport. D'autre part il obligerait à réduire l'horaire de chaque spécialisation (de 6h à 4h/ semaine).

Pas sûr toutefois que le débat soit totalement clos : si l'ajout de 1h30 de maths  au tronc commun en 1ère générale semble enclenché, c'est un nouveau ministre qui reprendra le dossier après les élections présidentielles.

Pour les lycéens actuels et futurs, les réformes ne sont donc pas finies.

Pour en savoir plus

Lycée : vers davantage de maths dans le tronc commun en 1ère générale
- Téléchargez ci-dessous le rapport "La place des mathématiques dans la voie générale du lycée", comité de consultation, mars 2022




Rédigé par le Mardi 22 Mars 2022 modifié le Mardi 22 Mars 2022

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