Réformer les classes prépas : les profs font des propositions



Les enseignants scientifiques des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) apportent leurs propositions de réforme. Introduire des stages, muscler la recherche et l'enseignement d'informatique... Des idées pour faire bouger le système.





En bons profs, ils ont fait leur travail et rendu leur copie à temps. Les membres de l'Union des Professeurs de Spéciales (UPS), une association qui représente plus de 90% des professeurs de mathématiques, physique et chimie des classes préparatoires scientifiques, a rendu publiques ses propositions de réforme, le 21 septembre 2012.

Une contribution qui leur a été demandée par le ministère, dans le cadre des Assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche, grande concertation en forme de remue-méninges qui devrait aboutir, en 2013, à des décisions de réforme.

Conserver les classes prépas, mais les faire évoluer

Réformer les classes prépas : les profs font des propositions
Ils ont beau être de fermes partisans de ces classes prépas ("un maillon du service public de formation de l'enseignement supérieur qui a fait ses preuves", dit le communiqué de l'UPS), les enseignants sont loin d'être d'indécrottables conservateurs. 

La preuve ? Ils se disent prêts à faire évoluer le système des CPGE : "Il ne faut pas se priver de chercher à en améliorer encore le fonctionnement, tout en préservant ce qui en fait la force, dans un souci constant de réussite des étudiants",  indique leur document.
 
Leurs propositions visent notamment à faire sortir les classes prépas de leur "tour d'ivoire", en renforçant leurs liens avec l'université en matière d'orientation mais aussi de recherche, et de méthode.

Une dizaine de propositions

Les enseignants de l'UPS proposent ainsi de :

- Modifier l'organisation pédagogique de la première année, en la découpant en deux semestres au lieu de trois trimestres. Une façon de faciliter une réorientation éventuelle en fac au bout d'un semestre ;

- Modifier la façon d’attribuer les crédits ECTS aux élèves de prépas, afin faciliter les orientations, en particulier vers des filières spécialisées ;

- Introduire des stages en laboratoire de recherche ou en entreprise ;

- Revenir à l’effectif maximal (ni "normal" et ni "obligatoire") de 40 élèves par classe au lieu de 48.

- Inciter les professeurs à prendre part aux tâches de conseil et d’orientation, de soutien et d'accompagnement individualisé des élèves. Ainsi, les heures d'interrogation orales pourraient évoluer en partie dans cet esprit, particulièrement en début de première année,

- Ouvrir toutes les disciplines de toutes les filières à la recherche et à la formation à la communication scientifique, notamment via les TIPE.

- Introduire un enseignement d'informatique plus consistant et basé sur des travaux pratiques ;

- Concrétiser le partenariat classes préparatoires-universités par la désignation d'un professeur-correspondant par lycée chargé d'interagir avec l'université voisine ou par l’ouverture des bibliothèques universitaires aux élèves de classes préparatoires ;

- Clarifier la procédure APB afin d’aménager les procédures de recrutement et d'attribution de bourses pour ne pas vider les structures en région. En effet actuellement,  le mode d'attribution des bourses favorise les étudiants qui s'éloignent du domicile familial, alors même qu'ils pourraient trouver des formations équivalentes plus près de chez eux, ce qui a tendance à vider les CPGE de certaines régions.

Garder les forces et pallier les faiblesses

En somme ces enseignants proposent de garder ce qui fait la qualité des classes prépas (le niveau de l'enseignement, des groupes de classes à effectifs limités, l'encadrement personnalisé par les professeurs, les interrogations orales fréquentes), mais de pallier certaines de leurs faiblesses : un enseignement encore très scolaire, coupé des réalités de l'entreprise, qui prépare l'étudiant à intégrer une école mais non à bâtir un projet professionnel personnel.

D'où l'idée d'introduire des stages, du travail de recherche en groupe, ou des liens avec l'université.

Le ministère réfléchirait de son côté à introduire des droits d'inscription en classes prépa, de façon à les aligner là-dessus à égalité avec les universités : en effet l'inscription en prépa en France dans les lycées publics est gratuite, alors que le coût pour l'Etat  d'un étudiant est bien plus élevé en prépa qu'en université ou en IUT.
Mais il faudra attendre les nombreux débats des Assises de l'Enseignement supérieur pour savoir ce que le ministère choisit ou non de réformer. En tout cas, le débat est ouvert.

Lire aussi :
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Rédigé par la rédaction le Vendredi 28 Septembre 2012

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