Parcoursup : le ministère veut rassurer les lycéens en liste d'attente



Deux tiers des lycéens ont reçu au moins une proposition via Parcoursup, une semaine après le début de l'envoi des réponses. Le ministère s'emploie à rassurer alors que le dispositif maintient encore plus de 200 000 candidats en liste d'attente.





Parcoursup : le ministère veut rassurer les lycéens en liste d'attente
Pour le dispositif Parcoursup, l'évolution des réponses données aux candidats une semaine après l'ouverture de cette phase, le 23 mai, était déterminante.

Si la France entière a en effet été choquée par le nombre de jeunes n'ayant aucune réponse positive le 23 mai (375 000), la situation devait évoluer rapidement du fait de l'obligation faite à ceux ayant reçu plusieurs réponse de faire un choix sous 7 jours pour libérer les places.

Et de fait, la progression du dispositif est réelle, de nombreux lycéens en liste d'attente recevant chaque jour une réponse positive. 


Le bilan des chiffres au 30 mai

Bilan des courses au 30 mai, selon le tableau de bord de Parcoursup : 561 278 candidats ont reçu au moins une réponse positive. Parmi eux :
- 329 920 n'ont pas encore accepté définitivement l'une des propositions faites
- 216 530 ont accepté définitivement une admission
- 14 828 ont quitté définitivement le dispositif

Les candidats n'ayant pas encore reçu de proposition positive ou en attente de places, eux, sont 250 777 et parmi eux :
- 213 984 sont sur liste d'attente
- environ 30 000 n'ont eu que des réponses négatives sur des formations sélectives
- 6 781 ont quitté définitivement le dispositif.

Les objectifs atteints selon le ministère

Même si plus de 100 000 lycéens sont donc passés des listes d'attente aux heureux admis, il en reste tout de même encore plus de 200 000 en liste d'attente et l'appréciation varie selon que l'on voit la "bouteille à moitié pleine ou à moitié vide".

La ministre de l'Enseignement supérieur, elle, s'est félicitée du nombre de candidats ayant déjà reçu une proposition et a rappelé dans un communiqué publié le 29 mai que son objectif que deux-tiers de candidats obtiennent au moins une réponse positive avant le bac était atteint.

Le communiqué souligne aussi l'évolution des résultats : "Chaque jour, la situation de dizaines de milliers de candidats évolue, les listes d'attente sont actualisées et le nombre de premières propositions augmente." Pour elle, pas de doute : "Parcoursup fonctionne".

Des jeunes et des familles encore inquiets malgré tout

Malgré ces chiffres, mis à disposition du public sur le site Parcoursup", l'opinion reste sceptique, comme le montrent de nombreux tweets de lycéens ou d'enseignants.

Surtout, le système d'affectation des places ne semble pas avoir été bien compris, sans doute par manque de pédagogie. En ne demandant pas aux lycéens de hiérarchiser leurs voeux, Parcoursup rompt avec le système antérieur : là où les lycéens ne recevaient qu'une proposition (la plus haut placée sur leur liste ordonnée), ils ont désormais une réponse à tous leurs voeux - avantage réel - mais au fil de l'eau, entre fin mai et septembre.

D'autre part, le fait de donner plusieurs réponses positives à certains candidats (ce qu'APB ne permettait pas), gèle forcément un grand nombre de places, créant de longues listes d'attente. Il faut que certains choisissent définitivement une proposition en renonçant aux autres pour que les lycéens en attente reçoivent une proposition. 

Si le système devrait fonctionner techniquement, il génère incontestablement de l'inquiétude chez ceux qui scrutent chaque jour leur progression sur les listes d'attente. Et la peur de ne pas avoir de place comme cela s'est passé en 2017 pour des milliers de candidats attise le stress. 

Des lycéens sous stress
Selon un sondage réalisé fin mai sur 3865 lycéens par Digischool à propos de Parcoursup :
- 40% des sondés déclarent ne pas être satisfaits des réponses obtenues à leurs vœux
- 31% trouvent ce système plus pratique puisqu’ils peuvent vérifier en temps réel les places disponibles dans chacune de leurs formations demandées
- Plus de la moitié (51%) avouent tout de même subir un stress lié à l'attente quotidienne du système des réponses en continu

Enfin, ils sont 33% à avoir un plan B s’ils n'obtiennent aucun réponse favorable via Parcoursup.

Des avancées en terme de transparence

Malgré cette mise en route cahotique, Parcoursup marque des avancées sur plusieurs plans et notamment la transparence : dès la fin mai, le ministère a annoncé que tous les chiffres d'admission seraient publiés et mis à jour quotidiennement sur le "tableau de bord" que l'on peut consulter sur la plateforme.

La plateforme a aussi mis en ligne une carte de France interactive permettant de géolocaliser tous les voeux confirmés par les candidats au 31 mars 2018. 

Enfin, le ministère a répondu à une demande récurrente des années précédentes en publiant l'algorithme utilisé pour gérer les admissions, explique le communiqué du 21 mai : "La publication du code permettra à chacun de vérifier que le fonctionnement de la plateforme est conforme au droit. Elle favorisera également la pleine compréhension des mécanismes de la nouvelle procédure d'entrée dans l'enseignement supérieur : non hiérarchisation des vœux, absence de contraintes ; délais de réponse qui permettent, lorsque chaque candidat fait son choix, de libérer des places qui seront immédiatement proposées à d'autres candidats".

Le code "open source", accompagné d'une présentation et d'une description des algorithmes est accessible sur le dépôt : https://framagit.org/parcoursup/algorithmes-de-parcoursup.

Les universités sur la sellette

Autre source d'inquiétude en cette année 2018, le fait que l'inscription à l'université soit soumise à l'examen du dossier.

Face aux rumeurs et aux craintes, l'université de Cergy-Pontoise (95) a eu la bonne idée de publier ses chiffres. Elle a ainsi examiné et classé plus de 39 000 candidatures issues de Parcoursup :
- 14 990 candidats pour 3007 places au sein de ses 13 parcours de licences non sélectives,
- 17 430 candidats pour 758 places au sein des filières sélectives de son IUT,
- 6601 candidats pour 735 places au sein d’une vingtaine de parcours sélectifs à effectifs réduits au sein des autres composantes.

Le nombre de dossiers reçus est donc impressionnant, mais l'université a mis en place 46 commissions qui ont pu examiner "l’intégralité des dossiers" soumis via Parcoursup, que les parcours soient sélectifs ou non.

"Les commissions d’examen des vœux ont veillé à la diversité des parcours, précise l'université. Celle concernant la licence de droit a, par exemple, classé parmi les 10 premiers retenus pour accéder à la L1 de droit 3 bacheliers technologiques présentant de très beaux parcours scolaires".

Résultat : l'université de Cergy-Pontoire accueillera à la rentrée prochaine 4450 étudiants avec un "oui"  ou un "oui si" proposés à 1447 candidats. Ces 1447 candidats acceptés sous condition devront se soumettre à "des aménagements déjà pleinement identifiés pour certains", soit dépendant d'un test de rentrée.

Une commission d'accès au supérieur

Reste le cas des candidats n'ayant reçu que des réponses négatives sur des formations sélectives, ou ceux qui pourraient être sans admission à l'université par manque de place sur des filières en tension.

Pour eux, Parcoursup innove également en leur donnant le droit de saisir une commission rectorale "d'accès au supérieur", tenue de leur proposer une solution conforme à leur projet.

Au 30 mai 2018, le tableau de bord de Parcoursup indique que 5306 candidats ont déjà saisi la commission.



Rédigé par le Mercredi 30 Mai 2018 modifié le Mercredi 30 Mai 2018

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