Parcoursup : ce qui va évoluer en 2019



La ministre de l'Enseignement supérieur a tiré un premier bilan du dispositif d'orientation postbac Parcoursup, et annoncé quelques ajustements pour 2019 : le calendrier va être resserré pour éviter les inscriptions tardives en août ou septembre.





Frédérique Vidal lors de la conférence de presse de rentrée le 25 septembre 2018. © capture vidéo MESR
Frédérique Vidal lors de la conférence de presse de rentrée le 25 septembre 2018. © capture vidéo MESR
"Parcoursup a rempli sa mission : il a permis aux futurs étudiants de trouver la formation  de leur choix pour la rentrée". Ainsi Frédérique Vidal a-t-elle introduit le bilan tant attendu du nouveau dispositif d'orientation postbac, lors de sa conférence de rentrée, le 25 septembre 2018 à l'université Paris-Saclay.

Pour la ministre de l'Enseignement supérieur, la nouvelle plateforme, "accusée de tous les maux", a pourtant donné satisfaction dans la mesure où elle a permis de supprimer le tirage au sort pour l'entrée à l'université et d'améliorer l'accompagnement des étudiants vers la réussite. 

145 000 propositions sous forme "oui si"

"145 000 propositions de parcours personnalisés ont été faites via la plateforme", a-t-elle souligné.

​Il s'agit en effet d'étudiants ayant sollicité une place à l'université mais dont le dossier scolaire - examiné pour la première année au regard "d'attendus" - a été jugé trop faible.

Les universités ne pouvant faire de réponse négative, elles les ont acceptés dans des parcours adaptés destinés à permettre une remise à niveau et à terme une réussite en licence. Sur Parcoursup, ces étudiants ont donc reçu une réponse positive de type "oui si".

Davantage de propositions acceptées

Globalement, la ministre a invoqué un bilan chiffré satisfaisant, montrant que Parcoursup avait pu faire autant, sinon plus de propositions que le système antérieur (Admission postbac ou APB). 

Mais surtout, les réponses positives des candidats à ces propositions ont été plus nombreuses, "ce qui est l'essentiel, a estimé Frédérique Vidal, car il ne suffit pas de faire des propositions pour faire des propositions". Sur Parcoursup 2018, 583 274 candidats ont accepté une proposition, contre 556 545 candidats sur APB en 2017, ce qui fait 26 729 propositions supplémentaires acceptées en 2018.

Autre nouveauté, près de 30 000 candidats n'ayant reçu aucune proposition ont saisi leur commission rectorale pour trouver une place quelque part et 23 000 propositions leur ont été faites. A fin septembre, ils ne sont plus que 955 à être ainsi accompagnés...

Les chiffres de Parcoursup 2018

D'après le ministère de l'Enseignement supérieur, la phase d’admission a permis de faire 2 406 425 propositions d’admission aux 812 045 candidats de la phase principale.
Au total, 729 454 candidats ont ainsi pu obtenir au moins une proposition d'admission (89,8% des candidats), soit une moyenne de plus de trois propositions par candidat :

92,2% des lycéens ayant fait au moins un vœu ont reçu au moins une proposition d'admission:
- 96% pour les bacheliers généraux
- 88,84% pour les bacheliers technologiques
- 82,3% pour les bacheliers professionnels
Parcoursup : ce qui va évoluer en 2019

Un dispositif trop lent à remplir les formations

Dès lors, on comprend mal l'impression négative générée par Parcoursup sur les réseaux sociaux et dans l'opinion durant tout l'été 2018...

C'est que la possibilité laissée aux lycéens de garder une proposition tout en maintenant leur candidature dans une formation où ils étaient en liste d'attente a considérablement ralenti l'affectation définitive et retardé le remplissage de nombreuses filières, tout en diffusant un stress dû à l'incertitude.

La ministre a donc annoncé des ajustements techniques pour Parcoursup 2019.

Un calendrier Parcoursup plus resserré en 2019

"Le calendrier de Parcoursup est le point majeur d’amélioration", a annoncé Frédérique Vidal. "Nous savons donc désormais que Parcoursup peut aller plus vite : l’année  prochaine, la première phrase de la procédure sera donc achevée au plus tard fin juillet."

Concrètement, les inscriptions définitives devront être faites à la fin juillet et à cette date, il faudra renoncer aux voeux en attente si l'on a accepté une proposition.

Pour aider les candidats à se décider, les formations devront indiquer sur la plateforme le rang en liste d'attente du dernier admis l'année précédente, et l'évolution de leur taux de remplissage.

Le délai de réponses à une proposition (7 jours, puis 3 jours) sera-t-il raccourci ? La questions est posée mais pas encore tranchée. 

Pas de hierarchisation des voeux

La ministre a par contre écarté l'idée avancée par nombre d'experts de revenir à une hiérarchisation des voeux des candidats.

Dans le système antérieur APB, les candidats devaient en effet classer tous leurs voeux (et ils pouvaient en faire jusqu'à 36) et l'algorithme ne leur faisait qu'une proposition : la première dans laquelle ils étaient acceptés en partant du haut de leur liste. Les choix devaient donc être mûrs et bien ordonnés dès le mois de mars.

Parcoursup a innové en ouvrant la possibilité de faire dix voeux non hierarchisés et d'obtenir des réponses à tous ses voeux, afin de permettre aux lycéens de mieux mûrir leurs choix en leur offrant plus de possibilités.

Un choix que la ministre a défendu en rappelant que chaque candidat avait eu en moyenne trois propositions : "Parcoursup redonne la main aux candidats et leur permet d’avoir un choix  plus large." Cela aurait conduit plus d’étudiants à accepter une  proposition et à s’inscrire effectivement : "Ils sont plus de 583 000 au total, soit près de 27 000  de plus qu’en 2017 avec APB". 

APB était un "outil d'affectation", certes très efficace, a reconnu la ministre, Parcoursup est un "outil d'orientation".

Une option séduisante mais socialement discriminante

Autre argument soutenu par Frédérique Vidal, la hiérarchisation des voeux induirait de l'auto-censure et du déterminisme social :
"La hiérarchisation des voeux est intellectuellement séduisante, mais  dans les faits, elle a limité la liberté de choix des candidats, qui n’avaient qu’une seule  proposition à chaque tour d’APB, et était synonyme de biais sociaux et d’autocensure. 

Je ne crois pas un seul instant qu’un bachelier issu d’une famille peu favorisée puisse  facilement franchir le pas qui le conduit à placer en voeu n°1 une formation qu’il rêverait de  suivre, mais qu’il imagine ne pas être faite pour lui. Tous les lycéens que j’ai rencontrés me  l’ont dit très clairement. 

Avec Parcoursup, ce même bachelier peut désormais mettre ce voeu  «pour voir». Et il peut avoir une réponse positive. Ce n’est pas une hypothèse d’école. Un  seul chiffre suffit à le montrer : le nombre de candidats boursiers ayant reçu une proposition  en classe préparatoire à Paris a progressé de 151 % cette année."

Des réponses anticipées pour les candidats déterminés

La ministre a par contre évoqué une nouvelle possibilité qui sera ouverte à des candidats "qui ont une vision très claire de leurs voeux" : ils pourront "définir par avance la réponse  qu’ils apporteront aux différentes propositions qui pourraient leur être faites".

Une forme de hiérarchisation des voeux serait donc offerte en option à ceux qui le souhaitent et se sentent assez sûrs de leurs choix par avance.  "Ce « répondeur  automatique », pour le définir de manière imagée, sera une possibilité nouvelle ouverte en  2019", a déclaré Frédérique Vidal. 

Ce qui sera maintenu en 2019

Une grande partie des nouveautés introduites par la loi ORE (Orientation et Réussite des étudiants) votée en 2017 vont être maintenues et approfondies :

- Le travail d'accompagnement à l'orientation dès le lycée va se poursuivre avec les deux professeurs principaux en terminale, l'implication du conseil de classe au 1er et 2ème trimestre, et une meilleure information des lycéens.

- Les universités vont continuer à examiner les dossiers de tous les candidats. Une démarche "d'anonymisation des voeux" va être introduite. Après l'année de mise en route en 2018, parfois dans la douleur, des procédures et des moyens devraient être dégagés.

- Globalement, le lien entre le lycée et l'enseignement supérieur va être encore resserré pour aider les étudiants à réussir cette transition.

- Pour améliorer la lisibilité de 'enseignement supérieur, toutes les formations reconnues par l'Etat devraient rejoindre la plateforme Parcoursup d'ici 2019 ou 2020 : en 2019, ce sera le cas des IFSI (Instituts de formation en soins infirmiers) et des instituts du travail social. 
En 2020, les IEP et la plupart des écoles de commerce et d'ingénieurs devraient faire de même.

- L'attention aux bacheliers professionnels et technologiques va être maintenue afin de leur permettre d'accéder plus aisément aux études supérieures, notamment en BTS et IUT. De nouvelles formations courtes professionnalisantes en un, deux ou trois ans après le bac vont être mises en chantier. 
 


Un comité des usagers de Parcoursup

Autre nouveauté : un comité des usagers sera mis en place à l'automne 2018 "pour organiser la consultation régulière des usagers de Parcoursup, et assurer la prise en compte de leurs attentes".



Rédigé par le Mercredi 26 Septembre 2018 modifié le Mardi 27 Novembre 2018

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