Les IUT adoptent un cursus en trois ans sanctionné par le Bachelor universitaire de technologie (BUT)



En 2021, les IUT allongent leur cursus qui passe de deux à trois ans après le bac. Ils délivreront à bac+3 un "bachelor universitaire de technologie" (BUT) de niveau licence. Le DUT est conservé à bac+2 comme diplôme intermédiaire.





Un cursus allongé à trois ans en IUT avec davantage de projets et de stage.
Un cursus allongé à trois ans en IUT avec davantage de projets et de stage.
C'est une réforme longuement mûrie et discutée qui se concrétise enfin pour les bacheliers qui entreront dans le supérieur à la rentrée 2021.

Sur la plateforme Parcoursup, les lycéens qui voudront étudier dans un institut universitaire de technologie ou IUT ne se verront plus proposer un cursus sanctionné par un DUT (diplôme universitaire de technologie) mais par un BUT (bachelor universitaire de technologie).

Mais c'est surtout la durée des études qui évolue puisqu'elle passe de deux à trois ans après le bac.

Pourquoi ce changement ?

Trois raisons principales ont concouru à cette réforme pourtant contestée par certains :

1/ D'abord, un cursus en deux ans ne correspondait pas au schéma universitaire européen Licence-master-doctorat (LMD) qui organise tous les cursus par étape de 3 ans, 5 ans et 8 ans. Du coup, un diplômé de DUT ne pouvait poursuivre directement ses études en master.

Avec un cursus en trois ans au contraire, et un diplôme comme le BUT qui conférera le grade de licence, les étudiants pourront poursuivre plus aisément leurs études à l'université, en France ou à l'international s'ils le veulent.

2/ Ensuite, l'étudiant n'aura qu'une candidature à présenter, après le bac, pour intégrer ce cursus en trois ans là où, jusqu'à présent, beaucoup devaient postuler une nouvelle fois après le DUT pour faire une année de licence professionnelle (ou de licence générale).

C'est donc une sécurité accrue pour les étudiants d'atteindre le niveau bac+3, tandis que certains étaient contraints de s'arrêter à bac+2 parce qu'ils n'étaient pas admis en licence professionnelle.

3/ Enfin, le nouveau cursus devrait permettre d'accueillir davantage de bacheliers technologiques, grâce à un cursus comportant plus de stages et de travaux pratiques et étalant les cours sur un temps plus long. La réforme prévoit d'accueillir 50% de bacheliers technologiques en 1ère année, là où ils ne sont jusqu'à présent que 32%.

La réforme expliquée aux lycéens


Ce qui ne change pas

Le nouveau cursus conserve l'ADN des IUT et reste fidèle à ce qui a fait leur succès auprès des étudiants et des entreprises depuis 50 ans !

- Les IUT, hébergés par des universités, sont toujours des entités autonomes qui ont leurs méthodes et leur pédagogie. L'enseignement reste professionnalisant et il est dispensé par des universitaires mais aussi des personnes du monde de l'entreprise à travers des cours, mais aussi des travaux dirigés, des travaux pratiques et des stages.

- L'admission reste sélective et se fera toujours sur dossier et éventuellement des tests ou un entretien. L'évaluation durant le cursus se fait par contrôle continu.

- A la sortie de l'IUT, le diplômé peut s'insérer directement dans la vie active ou poursuivre des études. Les relations étroites nouées entre les IUT et les entreprises vont être conservées et l'insertion des diplômés d'un BUT ne pourra être que meilleure, le niveau de compétences requis par les entreprises ayant tendance à s'élever.

- Les 24 spécialités de DUT, bien connues des entreprises, vont aussi être conservées et devenir 24 mentions de BUT. A l'intérieur d'une mention de BUT, jusqu'à 5 parcours pourront être proposés (en 1ère, 2ème ou 3ème année) pour préparer à différentes spécialités professionnelles.

- Enfin, le DUT (diplôme universitaire de technologie) ne va pas être supprimé mais tous les étudiants l'obtiendront automatiquement en validant leur deuxième année. Les étudiants pourront toujours tenter d'entrer en grande école à ce niveau par la voie des admissions parallèles en passant les concours ouverts aux bac+2.

Ce qui est nouveau

Chaque IUT a donc revu sa maquette de formation : l'allongement du cursus permet surtout d'augmenter le nombre et la durée des stages. Globalement, sur les trois ans, l'étudiant pourra faire de 22 à 26 semaines de stages (au lieu de 10 semaines minimum sur deux ans en DUT).

L'alternance sera aussi proposée plus largement. Enfin, 600 heures seront consacrées à des projets tutorés (travaux de groupe sur des projets d'entreprise) afin de développer l'autonomie et les compétences professionnelles.

Et les cours ? Le passage à trois ans augmente peu le volume horaire global : dans les mentions tertiaires, il passera de 1620 heures à 1800 heures réparties sur trois ans, et dans le secteur secondaire, de 1800 heures à 2000 heures. Les enseignements théoriques seront donc étalés sur un temps plus long : le cursus sera moins dense, et entrecoupé de stages ou de travaux en mode projet qui faciliteront l'appropriation.

Au bout des trois ans, les étudiants auront validé 180 crédits universitaires ECTS, ce qui leur permettra d'obtenir à travers le BUT le grade de licence. Le DUT, lui, correspond à 120 ECTS.


Une adaptation aux demandes du marché de l'emploi

La réforme veut aussi adapter la formation dispensée en IUT aux nouveaux besoins des entreprises. Or, si le DUT était apprécié et connu de longue date des employeurs, ceux-ci disent rechercher en priorité des jeunes directement opérationnels et formés à leurs métiers.

Depuis quelques années, ils avaient donc tendance à recruter en priorité les diplômés de licence professionnelle, formés (en un an après un bac+2) sur de multiples spécialités correspondant aux emplois en tension. L'année de formation des licences professionnelle comporte aussi un stage long (de 4 à 6 mois) ou une alternance, que les entreprises apprécient et utilisent comme un pré-recrutement.

Le nouveau cursus des IUT veut donc intégrer cette pédagogie, avec davantage de stages, d'alternance et de projets. Sans avoir peut-être beaucoup plus de connaissances théoriques, les diplômés de BUT devraient acquérir davantage d'expériences et de compétences professionnelles... Or, n'est-ce pas ces soft-skills et cette maturité que les entreprises disent rechercher en priorité sur les hard-skills ou connaissances techniques ?

Vers une meilleure insertion à bac+3 ?

Enfin, dans certains domaines, les entreprises, notamment les TPE disent manquer de cadres intermédiaires, capables d'occuper des postes de management sans nécessairement avoir un bac+5. Elles peinent à trouver des candidats bien formés à niveau bac+2/3, beaucoup de jeunes choisissant jusqu'à présent de poursuivre leurs études après leur bac+2.

Le nouveau "bachelor universitaire de technologie" (BUT) s'aligne donc parfaitement sur ce besoin, mais il faudra bien sûr attendre quelques années pour avoir des chiffres d'insertion professionnelle.
 
Le niveau bac+3 devrait vite devenir le premier palier d'entrée sur le marché du travail


A noter d'ailleurs que les écoles d'ingénieurs tentent aussi de répondre à la demande des entreprises puisqu'elles commencent à lancer des bachelors d'ingénierie, diplômes de niveau bac+3 qui permettront soit l'insertion professionnelle, soit la poursuite d'études. Les écoles de commerce, elles, proposent depuis longtemps des cursus en trois ans sanctionnés par un "bachelor" qui rencontrent un grand succès auprès des jeunes comme des entreprises.

En tout cas le développement récent de ces cursus postbac en trois ans semble indiquer que le niveau bac+3 sera sans doute très vite le premier palier d'entrée sur le marché du travail.

La fin des études technologiques courtes ?

Est-ce la fin des études courtes dont faisait jusque-là partie le DUT en deux ans ? Non, car les BTS, eux, continuent à offrir une formation professionnalisante à bac+2.

Des formations courtes en un an - comme les mentions complémentaires - peuvent aussi permettre de se former en un an après le bac, par exemple après un bac professionnel.

Mais il y a bien une tendance de fond à l'allongement général des études, et cela dans toutes les filières. L'expansion de l'alternance et des partenariats avec les entreprises tendent aussi à estomper la frontière entre la formation théorique initiale et l'emploi...

Dans un monde où les technologies et les méthodes évoluent très vite, on va de plus en plus commencer à travailler en faisant des études, et aussi refaire des études en travaillant. En ce sens le nouveau cursus proposé des IUT arrive à temps pour préparer à ce monde du travail en transformation.



Rédigé par le Vendredi 6 Novembre 2020 modifié le Vendredi 6 Novembre 2020

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