Garantie jeunes, décrocheurs : nouvelles mesures pour la formation des 15-25 ans



Le plan pauvreté dévoilé le 13 septembre comporte plusieurs mesures pour la formation des jeunes : la Garantie Jeunes va être étendue, les décrocheurs seront mieux suivis et il y aura obligation à être en formation avant 18 ans.





Garantie jeunes, décrocheurs : nouvelles mesures pour la formation des 15-25 ans
Le gouvernement dit vouloir "investir massivement dans la formation des jeunes". Est-ce nouveau ? Pas vraiment. Le plan pauvreté dévoilé le 13 septembre 2018 par Emmanuel Macron innove surtout par ses mesures en faveur de la petite enfance (petit-déj dans les écoles, places en crèches pour les familles mono-parentales) et l'annonce d'une refonte de tous les minima sociaux dans un futur "revenu minimum universel"...

Les jeunes, pourtant, vont bénéficier de quelques mesures, notamment ceux qui ne sont ni en emploi ni en formation, ou ceux qui ont quitté l'école prématurément et sont sortis des radars de tous les services sociaux. Cumulant souvent les difficultés scolaires, familiales et sociales, ils sont très vite en situation de grande pauvreté.

L'emploi des jeunes : des chiffres qui reste problématiques

Garantie jeunes, décrocheurs : nouvelles mesures pour la formation des 15-25 ans
Ainsi, malgré tous les dispositifs déjà mis en place, il y a encore en France 60 000 jeunes de 16 à 18 ans qui ne sont ni en emploi ni en études ni en formation (NEET pour Not in Education, Employment or Training).

D'autre part, parmi les moins de 18 ans, environ 20 000 décrocheurs ne sont plus scolarisés et ne sont suivis par aucun service. Et globalement, environ 20% des 18-25 ans sont au chômage !

Le plan Pauvreté veut donc parvenir à garantir à tous les jeunes Français une formation. Pour cela, il renforce ou complète des dispositifs déjà existants ou qui ont été testés positivement avec trois mesures phares qui bénéficient d'un budget de 439 millions d'euros.

1/ La Garantie Jeunes étendue

La Garantie Jeunes est une aide qui existe déjà : après avoir été testée dans quelques départements, elle a été étendue à toute la France en 2017.

Elle concerne les 16-25 ans qui sont sans emploi et sans formation, n'habitent plus chez leurs parents et ont un revenu inférieur au RSA : durant un an, ils touchent une allocation de 480 euros et sont accompagnés par la Mission locale pour bâtir un projet et s'engager dans une formation.

Le gouvernement veut étendre le bénéfice de la Garantie Jeunes à plus de 100 000 jeunes de plus de 18 ans par an. Pour cela, les missions locales vont être aidées. D'autres opérateurs que les missions locales vont être impliqués et de nouvelles solutions d'accompagnement vers l'emploi explorées.


2/ Tous les jeunes jusqu'à 18 ans devront être en formation

En France, la scolarité est obligatoire seulement jusqu'à 16 ans. Fallait-il repousser cette obligation jusqu'à 18 ans, âge de la majorité ? Ce n'est pas le choix du gouvernement.

Par contre, le plan pauvreté veut instaurer à partir de la rentrée 2020 "une obligation de formation pour tous les jeunes jusqu'à 18 ans". Le gouvernement précise que "cette obligation reposera à la fois sur le jeune et sur les pouvoirs publics qui auront l’obligation de proposer un accompagnement à tout jeune mineur en situation de décrochage durable". Il s'agit des 20 000 jeunes décrocheurs de 16 à 18 ans actuellement non accompagnés.

Comment cette mesure pourra-t-elle être appliquée ?
- Le repérage des décrocheurs actuellement "invisibles" va être amélioré : les établissements scolaires devront signaler les élèves qui abandonnent leur scolarité au fil de l'année et non seulement deux fois par an. 100 millions d'euros seront consacrés à ces mesures de repérage. 
- Ensuite les missions locales devront convoquer systématiquement ces jeunes à une réunion d'information et de suivi. Plus de 20 millions d'euros vont être affectés aux missions locales.
- Enfin, les pouvoirs publics auront obligation de proposer au jeune une solution de scolarisation, de formation, ou un parcours d'accompagnement vers l'emploi. L’offre de parcours d’accompagnement devrait encore s'étoffer grâce à la mobilisation du plan d'investissement dans les compétences. 

3/ Les jeunes de l'Aide sociale à l'enfance suivis après 18 ans

Le plan pauvreté veut aussi améliorer la situation des jeunes qui ont bénéficié des services de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) jusqu'à leurs 18 ans.

Il s'agit notamment des enfants qui ont été retirés à leurs parents et ont grandi dans des foyers, des familles d'accueil ou des maisons tenues par des associations. Or, à l'âge de 18 ans, toute cette prise en charge s'arrête : beaucoup se retrouvent alors sans logement, sans ressources, sans famille, alors qu'ils n'ont souvent pas encore de formation leur permettant d'occuper un emploi. Environ 3000 jeunes sont dans cette situation chaque année.

Désormais, ils devraient donc être accompagnés jusqu'à leur insertion professionnelle. L'Etat doit pour cela nouer des contrats avec les départements qui sont chargés de l'Aide à l'enfance. 
Des mesures qui ne seront sans doute pas mise en oeuvre du jour au lendemain mais vont nécessiter des mois de travail et d'expérimentation.

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Rédigé par La rédaction le Vendredi 14 Septembre 2018 modifié le Vendredi 14 Septembre 2018

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