Classes prépas littéraires : vers un concours unique et des débouchés élargis



Valérie Pécresse a profité de sa visite dans une nouvelle classe préparatoire littéraire, à Enghien le 3 septembre, pour annonce une nouveauté : les khâgneux pourront passer un concours unique qui leur ouvrira bien d'autres portes que celles des deux Ecoles Normales Supérieures (ENS).





Valérie Pécresse au lycée Gustave Monod à Enghien.
Valérie Pécresse au lycée Gustave Monod à Enghien.
C'est une révolution pour le petit monde des khâgneux, entendez les 4500 étudiants qui s'attaquent chaque année au concours d'entrée dans l'une des deux prestigieuses Ecoles Normales supérieures (ENS dUlm ou Lyon). A l'issue de deux année d'intense travail dans une classe préparatoire (hypokhâgne et khâgne), seuls 4,5% d'entre eux (soit 200 candidats) parviennent en effet à "intégrer", les autres n'ayant plus qu'à poursuivre d'autres études, souvent sans aucune équivalence ! Voilà qui n'était décidément pas très porteur pour des études littéraires déjà désertées au lycée, et qui avaient bien du mal à convaincre malgré leur "excellence".

Les écoles auxquelles pourront accéder les khâgneux

Les débouchés des CPGE littéraires jusqu'en 2010
Les débouchés des CPGE littéraires jusqu'en 2010
Soucieux de redorer le blason des littéraires et de "sécuriser les parcours", le gouvernement a donc décidé d’élargir les débouchés de ce concours et d'en faire une "Banque d'épreuves littéraires" (BEL) unique qui ouvrirait toujours vers les deux ENS, mais aussi vers bien d'autres grandes écoles, qui n'auront plus à se priver des talents des "littéraires".

En plus des deux ENS, il s'agit des écoles de commerce et de management accessibles via les concours BCE et Ecricome, soit les plus prestigieuses (HEC, Essec et ESCP Europe par exemple), les IEP de province, l'Institut de management et de communication interculturels (ISIT), l'Ecole supérieure d’interprètes et de traducteurs (ESIT), l'Institut supérieur du management public et politique (ISMAPP), l'Ecole des Chartes et le Centre d’études littéraires et scientifiques appliquées (CELSA).

Un beau bouquet de débouchés

Classes prépas littéraires : vers un concours unique et des débouchés élargis
La ministre a toutefois précisé que les écoles de management qui recrutent via la banque BCE (banque commune d'épreuves) n'avaient pas encore décidé si elles entreraient dans le dispositif en 2011 ou 2012. Elle a aussi exprimé un regret : le fait que Science Po Paris n'entre pas dans les débouchés de la Banque d'épreuves littéraires. L'IEP parisien a en effet choisi de supprimer l'accès au niveau bac+1 (il se fait uniquement à bac+0 en terminale ou à bac+3 pour l'entrée dans les cursus master).

Il n'empêche : cela fait tout de même un beau bouquet pour les littéraires qui pourront, à partir d'un concours unique moyennant quelques options différentes par école, tenter leur chance pour rentrer à Normale Sup, HEC, le Celsa ou Science Po en province. Les débouchés, jusque-là confinés à quelques postes de chercheurs et d'enseignants de haut vol, s'ouvrent soudain à toutes les carrières de l'entreprise et du management, de la communication, du journalisme, du marketing ou de l'interprétariat !

Des classes prépa... universitaires

Autre petite révolution, les premiers partenariats entre classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), jusque-là prises en charge par des lycées, et des universités.

C'est le cas de la classe préparatoire littéraire, ouverte en cette rentrée 2010 par le lycée Gustave Monod à Enghien en partenariat avec l’université Paris 13 - Villetaneuse. Un nouveau concept de "CPGE partenariales", qui devrait se développer. Objectif : "décloisonner les formations" selon Valérie Pécresse. Concrètement, cela signifie que les élèves sont inscrits dans les deux établissements, ont accès aux équipements et aux services de l’université et surtout peuvent valider des crédits universitaires durant leurs deux années de classes prépas (ce qui permet à ceux qui n'intègrent pas une école de poursuivre en licence). L'équipe pédagogique est aussi composée d’enseignants du lycée et de l’université.

Valérie Pécresse a souligné l’importance de rapprocher les universités des grandes écoles par des projets communs de ce type afin d’élargir les possibilités d’orientation des étudiants. La fin de la guéguerre française universités / grandes écoles ?

Lire aussi :
Etudes littéraires : handicap ou atout ?




Rédigé par le Lundi 6 Septembre 2010

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1.Posté par Ajite le 10/09/2010 15:05
Dire que les khâgneux doivent poursuivre leurs études "souvent sans aucune équivalence" est mensonger ; la plupart des étudiants en prépa littéraire qui n'intègrent pas l'ENS (c'est-à-dire 95% d'entre eux) entrent directement en 3ème année de licence à l'université. Le système des équivalences est en place depuis maintenant un bon moment, inutile de noircir le tableau.

2.Posté par ff le 20/09/2010 22:20
De même, un certain nombre entrent déjà en école de commerce via les concours passerelle.
Mais cette réforme montre une volonté d'ouverture.

Preuve à faire.

3.Posté par gaucher jean-Luc le 21/09/2010 13:29
Ce n'est pas un commentaire mais une question. cette possibilté sera-t-elle offerte dèsles concours d'avril 2011 ?

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