Numerus clausus en médecine : hausse limitée à 100 places en 2012


Tags : médecine

Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez ont fait savoir le 8 décembre 2011 que le numerus clausus qui fixe le nombre d'étudiants en médecine admis en deuxième année passe de 7400 à 7500. Il y a donc 100 places de plus seulement au concours pour les étudiants de Paces en 2011-2012 sur toute la France. Et 200 place de plus pour les étudiants issus d'autres voies.





Numerus clausus en médecine : hausse limitée à 100 places en 2012
La nouvelle tant attendue et annoncée quelques jours plus tôt par le ministre de la Santé Xavier Bertrand est tombée le jeudi 8 décembre 2011. Le ministre de la Santé et celui de l'Enseignement supérieur  "annoncent ce jour l'augmentation de 100 places du numerus clausus, qui passe ainsi à 7 500, et de 200 places réservées aux passerelles. Ainsi, ce sont donc 300 étudiants en médecine supplémentaires chaque année, à partir de la rentrée 2011-2012."

Le chiffre annoncé décevra sans doute les étudiants en Première année commune aux études de santé (Paces), dont beaucoup visent la filière "médecine" et s'apprêtent à passer dans quelques jours le premier concours de l'année, d'autant plus décisif qu'un classement médiocre les oblige dorénavant à l'abandon ou à la réorientation en cours d'année. 100 places supplémentaires réparties sur une quarantaine de facultés, cela ne fait en effet pas lourd pour chacune : "Les ministres indiquent que la répartition entre les facultés et les régions se fera en concertation avec les doyens et les syndicats d'internes", précise le communiqué ministériel.

Selon le Quotidien du médecin du 8 décembre, cette hausse du numerus clausus devrait surtout profiter aux Antilles, à la Guyane, à la Nouvelle-Calédonie et à la polynésie française comme le prévoit le plan Outre-mer. La faculté de Créteil, qui a ouvert une antenneà Torcy en Seine-et-Marne devrait aussi tirer son épingle du jeu, estime le quotidien.

Les contraintes budgétaires et les doyens ont parlé

Dans son souci de contrer le manque de médecins et de repeupler les "déserts médicaux" en France, Xavier Bertrand aurait sans doute voulu aller plus loin, en tout cas ses première déclarations le laissaient entendre.

Mais les réalités budgétaires et matérielles l'ont ramené sans doute à la prudence : augmenter le nombre d'étudiants en médecine à partir de la deuxième année signifie qu'il faut davantage de places en amphi, davantage d'enseignants et davantage de maîtres de stage pour les accueillir sur le terrain (en hôpital ou chez les praticiens) au cours de leurs longues études. Or les doyens des facultés de médecine avaient très vite fait savoir qu'ils n'étaient pas en mesure d'accueillir beaucoup plus d'étudiants. Et dans le climat budgétaire actuel plutôt austère, cela n'était pas de bon augure.

Leur communiqué exprimait aussi leur préférence pour que la hausse d'étudiants admis en deuxième année viennent plutôt des "passerelles", autrement dit des diplômés de masters scientifiques et de diplômes d'ingénieurs qui peuvent dorénavant candidater en deuxième ou troisième année sans passer par la Paces. Si le motif invoqué était la nécessité de "diversifier les profils", on peut aussi penser que les doyens craignaient, si l'on ouvrait brusquement plus grand les portes du concours de première année, que le nombre de bacheliers inscrits sur les bancs de première augmentent en flèche à la rentrée suivante. Les plaçant à nouveau devant une délicate gestion des moyens.

Le gouvernement les a bien compris et dans leur communiqué Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand indiquent "qu'ils seront très attentifs à ce que cette hausse du numerus  clausus ne pénalise pas la qualité de la formation".

Conseils aux étudiants ou futurs étudiants en médecine

Le nombre d'étudiants issus des fameuses "passerelles" va, lui, passer de 300 à 500, ce qui est loin d'être négligeable sur une effectif global de 8 000 futurs médecins.

Si le monde de la santé s'interroge sur la portée de ces mesures pour "repeupler" les déserts médicaux et les spécialités délaissées, à commencer par la médecine générale, quels enseignements les étudiants ou lycéens attirés par la médecine peuvent-ils tirer de cette annonce ?

- Le concours de Paces vers les études de médecine va rester (très) difficile encore en 2012 et sans doute les années suivantes. Il y a cependant des différences entre les taux de réussite des diverses facultés qu'il ne faut pas manquer de consulter avant de vous inscrire : le taux peut aller de 10 à 25% en effet, car dans certaines régions (comme le Nord ou le Centre), le numerus clausus est moins serré comparé au nombre de candidats. En moyenne, ce sont toujours les candidats ayant déjà acquis en terminale un très bon niveau scientifique et ayant de bonnes méthodes de travail qui arrivent en tête.

- Les possibilités de réorientation en cours de première année si votre classement au concours du premier semestre n'est pas bon sont de plus en plus larges et aisées : s'il est toujours douloureux de renoncer à un projet voire à une vocation, cela permet de rebondir très vite et de se réorienter sans perdre trop de temps : vers des carrières d'ingénieurs à l'université ou en écoles, des filières scientifiques et techniques, voire juridiques... qui peuvent d'ailleurs vous permettre de postuler à nouveau en deuxième ou troisième année de médecine avec un premier diplôme (si vous êtes prêts toutefois à faire des études très longues).




Rédigé par le Vendredi 9 Décembre 2011

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