Les jeunes et la solitude : 14% des collégiens se sentent souvent ou toujours seuls



Les jeunes de 16 à 24 ans sont la tranche d'âge la plus touchée par la solitude. Or une enquête de l'association Astrée montre que les collégiens ne sont pas épargnés : 14% d'entre eux se sentent souvent ou toujours seuls !





© Enquête Les jeunes et la solitude / Astrée
© Enquête Les jeunes et la solitude / Astrée
La solitude des jeunes - notamment entre 16 et 24 ans - est un fléau que de nombreuses enquêtes ont déjà mis en évidence. En revanche il n'existait pas d'étude sur la solitude des plus jeunes et notamment des collégiens.

On sait pourtant que cette étape de la vie et de la scolarité est compliquée pour beaucoup : entre 12 et 16 ans, les jeunes entrent dans l'adolescence et commencent à rechercher de l'attention et de l'affection en dehors de leur famille. Mais au collège, ils ne trouvent pas toujours les amitiés et la bienveillance dont ils auraient besoin !

C'est ce que révèle l'enquête menée par l'association Astrée à l’occasion de la Journée Mondiale des solitudes (23 janvier 2020), avec le soutien de VersLeHaut et du mouvement citoyen Bleu-Blanc-Zèbre.

14% des collégiens ressentent souvent la solitude

Cette enquête a été menée auprès de 660 collégiens de 12 à 16 ans entre avril et juillet 2019. A la question "Vous arrive-t-il de vous sentir seul ?" : 2% ont répondu "toujours", 12% "souvent", 29% "parfois".

Ce qui permet d'établir que 14% des collégiens se sentent souvent ou toujours seul et que 43% des collégiens connaissent la solitude au moins parfois.

Même si ces chiffres correspondent à ceux de la solitude en France pour les plus de 16 ans, cela représente environ 460 000 collégiens (soit presque 4 élèves par classe). Et le phénomène est d'autant plus sérieux que les 12-16 ans sont plus démunis que les autres tranches d'âge pour rompre cette solitude.

La solitude, d'abord un sentiment d'exclusion

Quand on leur demande ce qu'est pour eux la solitude, 83% des collégiens interrogés font la même réponse : être seul pour eux, c'est d'abord "se sentir exclu".

Le sentiment de non appartenance à un groupe arrive donc avant le "manque d’entourage" cité par 67%, "ne plus parler avec les autres" cité par 54%, "un manque d’échange" par 51%, et "avoir peu de contacts réels" par 43%. 

La vie de groupe a en effet une importance capitale à ce moment de la vie pour l'estime de soi. Mais comme on l'a déjà observé dans les problèmes de harcèlement, le groupe peut exclure ou susciter des comportements malveillants.

Pour en sortir, l'ami avant les adultes

Autre enseignement de l'enquête, quand ils se sentent seul, 44 % des collégiens disent se tourner d’abord vers "un ami" pour rompre à la solitude.

Seulement 20% se tournent vers leurs parents et encore moins vers d’autres adultes de l’équipe pédagogique : l'assistante sociale pour 14%, le professeur principal pour 8%, la conseillère d'orientation pour 5%, un CPE pour 3%, l'infirmière pour 2%.
Les programmes d'aide aux adolescents ne sont quasiment pas identifiés : Fil santé jeunes n'est cité que par 2% des collégiens.

Cela montre toute la pertinence du programme "Attentifs aux autres" monté par l'association Astrée depuis 2013 dans une quinzaine de collèges.

"Attentifs aux autres" : les collégiens apprennent à s'écouter

"Au collège, c’est pas toujours facile de trouver sa place, surtout en sixième quand on vient d’arriver. Il y a les nouveaux profs, les nouvelles matières et puis les devoirs et les nouveaux camarades", se souvient Ruben, 14 ans, en classe de 4ème.

Ce collégien a donc participé au programme de l'association Astrée : après une sensibilisation de tous les élèves à ces questions, les animateurs ont proposé à ceux qui le voulaient de se former à l'écoute pour pouvoir aider leurs camarades en difficulté. Ruben a fait partie des volontaires : "Quand les gens d'Astrée sont venus nous dire qu’on pouvait aider les 6ème, j’ai trouvé ça bien. Surtout qu’il y en a plein qui ne disent rien alors qu’ils ont des problèmes. Aujourd’hui je sais qu’il est très important d’aller les voir et de les écouter car ils peuvent vraiment avoir besoin de notre aide. »  

Les jeunes en souffrance sont identifiés par les professeurs, les infirmières ou d’autres élèves. Il leur est alors proposé d’être parrainé par un autre jeune. Les deux jeunes échangent ensemble toutes les semaines pendant une heure.

Les résultats sont excellents ce qui n'est pas étonnant puisque c'est l'amitié et le soutien des pairs qui semblent le plus efficace.

Des actions pour prévenir cette solitude

De fait, les commanditaires de l'enquête (Astrée, VersleHaut et Bleu-Blanc-Zèbre) alertent sur l'importance de prévenir cette solitude des collégiens. Elles préconisent de "réveiller la conscience collective" et d'agir de trois façons :

- En utilisant les pairs comme leviers, comme dans le programme "Attentifs aux autres", en sensibilisant les jeunes sur l’intérêt de bénéficier de l’aide de professionnels ;
- En repérant mieux la solitude de ces jeunes avec les infirmières et psychologues scolaires, ou en créant des espaces privilégiés pour libérer la parole des jeunes ;
- En favorisant la cohésion de groupe, en faisant de la sensibilisation au sein des établissements et de tous les lieux accueillant des adolescents… pour que de moins en moins de jeunes se sentent exclus.

Un court-métrage sur la solitude des jeunes

En 2016, l'association Astrée a fait réaliser un court-métrage pour évoquer la solitude des jeunes : c'est Alice(s), visionné plus d'un million de fois.


Télécharger l'enquête sur les jeunes et la solitude

- L'intégralité des résultats de l'enquête est disponible ci-dessous :




Rédigé par le Lundi 3 Février 2020 modifié le Lundi 3 Février 2020

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