Les critères pour choisir votre école de commerce



Vous aimeriez faire une école de commerce, mais laquelle ? Comment se repérer dans la forêt des sigles et des concours, et comment comparer des formations souvent très similaires, en tout cas sur les brochures. Quelques critères.




Etudiants sur le campus parisien d'ESCP Europe  ©  Dircom ESCP Europe
Etudiants sur le campus parisien d'ESCP Europe © Dircom ESCP Europe
Pour vous aider à mûrir votre choix, certains labels peuvent vous renseigner sur la qualité a priori d'une école par rapport à une autre. Mais n'oubliez pas qu'il faut envisager chaque élément à la lumière de votre profil et de votre projet professionnel. Une école excellente pour l'un ne conviendra pas à un autre, alors à vous d'élaborer votre grille d'analyse.

Les critères à prendre en compte :
Le niveau d'entrée
Labels et visas : la qualité de l'école et du diplôme 
Les débouchés et les liens avec le monde professionnel 
La qualité des programmes internationaux
L'adéquation avec votre projet professionnel

Le niveau d'entrée : après le bac ou à bac+2 ?

Les critères pour choisir votre école de commerce
Voulez-vous intégrer votre école directement après le bac ou après deux ans de travail intensif en classes préparatoires (CPGE) ? Vous pouvez aussi choisir une troisième voie qui consiste à préparer d'abord un bac+2 (BTS, DUT, L2 validée) ou une licence universitaire (L3), puis à rejoindre une école de commerce par la voie des "admissions parallèles". 
Cela revient à vous demander où vous étudierez le mieux après le bac, dans quel cadre et avec quelle pédagogie.

Dans les 3 cas, vous aurez un concours, plus ou moins sélectif, à passer. 


- Les grandes écoles accessibles après les classes prépas (CPGE commerciales) comprennent les établissements les plus prestigieux parmi lesquels le top 5 des recruteurs : HEC, Essec, ESCP Europe, Edhec, EM Lyon.
Mais on trouve aussi dans ce groupe les anciennes "Ecoles supérieures de commerce" basées en région (on parle désormais d'écoles de management ou de "business schools"), moins "brillantes" mais très bien cotées. Beaucoup se sont regroupées pour offrir des choix de campus plus larges, comme Neoma Business School ou Kedge Business School. Les études durent trois ans. Les débouchés sont assurés. Toutes ces écoles font partie de la Conférence des grandes écoles (CGE).

Il faut certes travailler dur pendant deux ans pour réussir les concours d'entrée, mais il y a presque autant de places que de candidats, notamment pour les écoles de milieu et de bas de tableau. 


- Les écoles de commerce accessibles directement après le bac : EM Normandie, ESCE, Essca, IESEG, ESDES, IPAG... Elles proposent un cursus en cinq ans avec une spécialisation progressive et délivrent le grade de master. Plusieurs concours communs à passer en terminale ou à bac+1 (Sésame, Team, Accès, Link...) ouvrent sur ces écoles qui séduisent les étudiants ne voulant pas passer par une classe prépa et souhaitant tout de suite profiter de l'environnement d'une grande école.
Plus récentes que les écoles post-prépa, elles ont cependant conquis une belle notoriété auprès des entreprises.

Si vous souhaitez privilégier des études plus courtes, alors vous avez la possibilité de rejoindre après le bac un programme bachelor en trois ans. Quasiment toutes les grandes écoles de management (post-prépa ou postbac en cinq ans) ont ouvert un programme bachelor (distinct du programme "grande école"). En clair, vous étudiez dans une grande école, mais dans un cursus spécifique qui ne vous délivrera pas le diplôme de la grande école à bac+5, mais un "bachelor" correspondant à un bac+3 (voir ci-dessous le § sur les labels).

Le but d'un bachelor est la professionnalisation car ces formations en trois ans permettent une bonne insertion. Le concours Atout+3 permet d'accéder aux meilleurs programmes bachelors.


- Les écoles accessibles à bac+2/3 par "admission parallèle". Ce sont les mêmes grandes écoles que celles que l'on peut intégrer après une classe prépa ou un concours postbac. Des concours spécifiques ouvrent ces admissions parallèles :

Les concours Tremplin 1 et Passerelle 1 vous donnent accès à la première année d'école.
Les concours Tremplin 2 et Passerelle 2 à la deuxième année à partir d'un bac + 3 ou bac + 4 universitaire.
Vous pouvez ainsi accéder aux meilleures - et même à HEC qui organise son propre concours parallèle - en choisissant un autre cursus que les classes prépas après le bac.

Il faut toutefois un bon niveau et un excellent dossier. Les projets et expériences extra-scolaires (humanitaires, associatives...) sont un plus car les écoles apprécient les profils "atypiques" pour diversifier leur recrutement.

Labels et visas : la qualité de l'école et du diplôme

Les critères pour choisir votre école de commerce
Exceptés les "instituts d'administration des entreprises" (IAE) qui sont des écoles de commerce intégrées à l'université, la plupart des écoles de management sont privées ou consulaires (pilotées par une chambre de commerce et d'industrie).

Les labels donnent donc une garantie :
- soit sur la qualité de l'école (son enseignement, ses enseignants...),
- soit sur le diplôme que vous pouvez obtenir (est-il reconnu par l'Etat ? Donne-t-il une équivalence pour poursuivre des études en France, en Europe ? Correspond-il à un niveau d'aptitude professionnelle reconnu par la profession ?)


1/ L'école : La reconnaissance par l'Etat. Pour l'obtenir, une école privée doit se soumettre à une longue expertise de l'Education nationale. Ses formations, son fonctionnement, le recrutement de ses enseignants sont soigneusement examinés. La reconnaissance est donc un gage de sérieux. L'école reconnue peut avoir des enseignants du secteur public et recevoir des subventions. Important pour les étudiants : si vous êtes boursier, vous pouvez bénéficier de votre bourse (ou en demander une) uniquement dans une école reconnue par l'Etat.

Les écoles sous la tutelle des chambres de commerce et d'industrie sont automatiquement reconnues par l'Etat. Attention aux écoles non reconnues par l'Etat qui se disent "sous la tutelle de l'Education nationale" ou "du rectorat" ou "ayant l'agrément de...".

Les labels internationaux. Trois labels prestigieux sont attribués à certaines écoles par des groupements mondiaux d'écoles de management et de gestion :
Le label européen EQUIS évalue les écoles dans leur ensemble, et a été accordé à 20 écoles de commerce françaises.
Le label d'origine américaine AACSB (Association to advance Collegiate Schools of Business) mesure la qualité de l'enseignement. Seulement 22 écoles de commerce françaises en sont titulaires.
Et enfin, le label anglais AMBA accrédite les formations MBA de chaque école.

À noter que seulement 1% des écoles de commerce au monde peuvent se vanter d'avoir ces trois accréditations, dont 16 en France. 

D'autres écoles non labellisées peuvent toutefois avoir de bons programmes internationaux : en particulier celles qui accordent des doubles diplômes (français et européens) grâce à des partenariats avec des établissements non français. On peut aussi examiner la durée des stages ou cursus obligatoires à l'étranger.


2/ Le diplôme
À la fin d'un cursus réussi, chaque école vous délivre un diplôme.
- S'il s'agit d'un diplôme d'État, pas de problème, vous pouvez poursuivre des études à partir du niveau obtenu. Un BTS (niveau bac + 2 reconnu en France), une licence (bac + 3 reconnu en France et en Europe), un master (bac + 5, France et Europe), un doctorat (bac + 7, France et Europe).
- La plupart des diplômes d'écoles de commerce ne sont pas des diplômes d'État mais peuvent avoir certains labels ou équivalences. Du plus élevé au moins élevé :
  • Le grade de master est attribué aux diplômés de 41 écoles de commerce. 31 écoles après prépas et 10 écoles en cinq ans après bac (l'IESEG, l'ESSCA, ESG Paris, ESDES Lyon, l'EM Normandie, EBS, l'EDC, l'IPAG, l'ESCE, Novancia). Cela veut dire que le diplôme de l'école donne aux étudiants un master et donc une équivalence à bac + 5 dans n'importe quelle université européenne.
     
  • Un visa du diplôme par l'État. Seules les écoles reconnues par l'État (voir ci-dessus) peuvent obtenir ce visa. L'Éducation nationale a fait une longue enquête sur la qualité de la formation et elle contrôle les jurys d'admission et de remise de diplôme. C'est une garantie de sérieux qui élimine les "boites à fric" qui délivreraient un diplôme bidon à tout étudiant.

    Actuellement, par exemple, certains bachelors sont "visés par l'Etat" et d'autre non. C'est un critère d'autant plus important que les bachelors ne bénéficient encore (en 2019) d'aucune reconnaissance, dans l'attente d'une éventuelle certification du grade de licence. Les bachelors sur lesquels conduit le concours Atout+3 sont tous visés par l'Etat.
     
  • Le grade de licence pourrait être attribué à certains bachelors (après une procédure de certification), ce qui permettrait aux diplômés de pouvoir poursuivre leurs études à l'université en master (ce n'est pas le cas aujourd'hui). Un travail est en cours au ministère de l'Enseignement supérieur en ce sens.
     
  • La certification professionnelle du diplôme. Le diplôme est inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles qui donne aux employeurs une indication sur le niveau de compétence professionnelle des diplômés. Dans ce répertoire assez connu dans le monde professionnel, il y a 5 niveaux de diplômes : niveau I (correspond en gros à des cadres de niveau bac + 5), niveau II (bac + 3 ou + 4), niveau III (technicien bac + 2), niveau IV (niveau bac), niveau V (BEP).

Quelles accréditations, labels pour choisir son école de commerce ?

La synthèse de Quentin Haguet, auteur d'un blog sur le concours Passerelle :

Conseil : Pour vous y retrouver sur les écoles, leur statut (privé ou consulaire) et leurs labels, vous pouvez visiter le site de la Conférence des grandes écoles (CGE), à la rubrique "Membres" puis "manager".
Seules les écoles délivrant un master ou un diplôme conférant le grade de master peuvent en être membres.

Les débouchés et les liens avec le monde professionnel

Les critères pour choisir votre école de commerce
En plus des visas et des labels, c'est un critère essentiel car vous faites une école pour décrocher un emploi. Plusieurs éléments peuvent faciliter l'insertion à la sortie :

- Le réseau des anciens : y a-t-il une association, un annuaire (qui vous permet d'avoir les coordonnées des anciens en poste en entreprise), des événements qui vous permettent de les rencontrer lorsque vous êtes étudiant ? Et cet accès est-il gratuit ou payant ?

- Les relations avec les entreprises : y a-t-il un service qui reçoit des propositions de stages ou d'emplois pour les nouveaux diplômés, un "incubateur", des enseignants ou des cadres de l'école en poste en entreprise ? Les liens avec les entreprises sont un des points forts des écoles consulaires (placées sous la tutelle des chambres de commerce et d'industrie).

- La durée et l'intérêt des stages : comparez le nombre de mois de stages obligatoires de chaque école année après année. Privilégiez celles qui permettent de faire des stages longs, de 3 à 6 mois, qui constituent une réelle expérience professionnelle et sont un plus sur un CV.
Les cursus en apprentissage proposés par de plus en plus d'écoles de commerce (même les plus grandes) sont excellents de ce point de vue. Également les années de césure qui vous permettent de travailler durant un an en interrompant la formation.


- Le niveau de salaire à la sortie : Ce n'est pas un critère déterminant car si votre premier salaire dépend un peu du niveau de votre école et de votre diplôme, il pourra évoluer très vite en fonction de votre secteur d'activité et surtout de vos performances personnelles.


La qualité des programmes internationaux

Les critères pour choisir votre école de commerce
Ce n'est pas évident de comparer les écoles sur ce plan car toutes proposent maintenant des stages ou une partie de la formation à l'étranger. Voici quelques points concrets à vérifier :
 
  • Si une partie des études a lieu à l'étranger :
    - Combien d'étudiants partent réellement chaque année sur une promotion ?
    - Faut-il payer les frais d'inscription dans l'université ou l'école étrangère (et quel est le coût) en plus de l'école de commerce française ?
    - En cas de partenariat avec un établissement étranger, obtient-on un diplôme du pays en plus de celui de l'école de commerce ?

 
  •  Si des stages à l'étranger sont prévus :
    - Sont-ils obligatoires ou facultatifs ? Quelle est leur durée ?
    - L'école aide-t-elle dans la recherche de ces stages ?
    - Faut-il régler les frais de scolarité de l'école pendant que vous êtes en stage ?
 
  • Autres critères importants pour votre "formation internationale" :
    - Y a-t-il des cours en anglais durant la formation : certaines écoles choisissent le "tout anglais" à certains niveaux (dernière année par exemple), atout indéniable pour atteindre un anglais courant en restant en France.
    - Est-il possible d'interrompre la formation pour faire une année de césure à l'étranger ?
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Votre projet professionnel

Au final, tous ces critères sont bien sûr à confronter à votre profil et surtout, à votre profil professionnel. Commencez donc par cerner votre projet d'avenir qui pourra être lié à vos talents, vos passions ou vos centres d'intérêt particuliers.

Y a-t-il une langue, une région du monde, un secteur professionnel qui vous attire davantage ? Souhaitez-vous travailler plutôt dans une grande entreprise internationale (dans ce cas les expériences longues à l'étranger et les doubles diplômes sont à rechercher) ou plutôt en PME ?

Si vous avez étudié une langue rare (chinois, arabe), recherchez des stages dans ces zones, si vous êtes bilingue français-allemand, jouez l'Europe centrale...

Une fois votre projet bien cerné, il vous reste à examiner plus finement les programmes des écoles qui pourraient vos convenir : beaucoup ont en effet développé des spécialisations qui ouvrent sur des secteurs particuliers (tourisme, hôtellerie, informatique...) ou des compétences nouvelles (data management, business developpement, entrepreneuriat, commerce international, logistique...)

Vous croyiez que toutes les écoles de commerce proposaient la même chose, alors qu'en réalité, l'éventail des possibles est très vaste. Un peu à la dimension du monde.

Mardi 26 Mars 2019
La rédaction

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