Les Français et l'orthographe : les leçons du Baromètre Voltaire 2018



Pourquoi est-on bon (ou pas) en orthographe ? Le Projet Voltaire a tenté de trouver des facteurs favorables : être bilingue, aimer lire, avoir étudié le latin ou avoir un bon souvenir de l'école primaire... mais l'interprétation reste délicate.





Faut-il écrire "mieu" ou "mieux" ? Il se "détend" ou il se "détent" ? "Parmi" ou "Parmis" ? Ces quelques pièges orthographiques font partie des 84 règles utilisées par le 4ème Baromètre Voltaire pour situer le niveau des Français en orthographe.

Mais qu'est-ce que le "Baromètre Voltaire" ? Tout simplement des études chiffrées réalisées par le "Projet Voltaire", l'une des plus grosses plateformes numériques permettant d'améliorer son orthographe en ligne. Un bel outil utilisé par 3000 établissements d'enseignement et 1000 entreprises.

Pour ce 4ème Baromètre, les experts du projet Voltaire ont donc pris en compte 8762 inscrits sur leur plateforme et ont chiffré leur maîtrise de 84 règles de base. Facile puisque à l'arrivée sur la plateforme, vous devez passer un test situant votre niveau.

La faute à l'école primaire ?

Les Français et l'orthographe : les leçons du Baromètre Voltaire 2018
Ces personnes ont également répondu en mars 2018 à un questionnaire permettant de situer certaines de leurs pratiques : langues, loisirs, lecture, genre, région... Ces deux éléments, leur maîtrise des règles orthographiques de base et leurs réponses au questionnaire ont alors été croisés. Et certaines corrélations sont apparues, parfois compréhensibles parfois plus étonnantes.

Exemple ? Ceux qui "gardent un bon souvenir de l’école primaire" maîtrisent 50% des règles de base, alors que ceux qui en gardent "un souvenir mitigé" sont à 48% de maîtrise et ceux qui ont un "mauvais souvenir" de leur primaire tombent à 44%.

Cela ne suffit pourtant pas à établir un lien de "cause à effet" direct entre le vécu scolaire et l'orthographe, le "mauvais ou le bon  souvenir" pouvant avoir des causes variées. Mais le Baromètre souiigne que "l'’école primaire est la période où les fondamentaux du savoir et de l’éducation s’installent durablement, avec ses expériences de progrès et d’échecs, ses émotions positives et ses moments difficiles parfois pour les enfants dans leur construction". 

Rappelons cependant que les personnes ayant ces mauvais souvenirs et cette maîtrise orthographiques médiocre se sont tout de même inscrites au Projet Voltaire pour combler leurs lacunes. Moralité : tout se jouerait très tôt, mais il n'est jamais trop tard. Ouf !


Le sens de l'orientation et orthographe ne font pas bon ménage

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Deuxième corrélation, plus étonnante, entre le fait d'avoir le sens de l'orientation et de maîtriser l'orthographe. Curieusement, ce sont les personnes qui disent ne pas avoir le sens de l'orientation qui maîtrisent le mieux les règles de base (à 51,5%) contre ceux qui disent l'avoir (47,8%) !

Comment interpréter cela ? "Dans le cerveau, expliquent les experts du Baromètre Voltaire, c'est dans l’hippocampe que siège le sens de la géoposition et de la navigation. Ceux qui ont le sens de l'orientation mémorisent des repères visuels ou sensoriels sur leur trajet. Les autres suivent un itinéraire mécaniquement (tourner à droite, deux fois à gauche, etc.)".

L'hypothèse serait que les personnes qui n’ont pas le sens de l’orientation se sentent plus à l’aise dans un univers stable avec des repères bien établis. Or les règles de grammaire forment un univers relativement stable... Mais en réalité, on manque d'études scientifiques sur le sujet et on ne voit pas très bien comment utiliser cette corrélation.

Latin ou grec : un bonus de 8 points !

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Revenons à des valeurs sûres : les langues anciennes, réputées utiles pour la maîtrise du français. Cette fois, le Baromètre confirme l'opinion commune.

Ceux qui ont fait du latin ou de grec maîtrisent 53,8% des règles de base, contre 45,7% pour ceux qui n'ont pas étudié de langue ancienne. Le Baromètre Voltaire rappelle certes que la langue française puise là ses racines. Mais l'explication de l'étymologie reste un peu courte.

Les personnes ayant fait du latin ou de grec n'ont-elles pas bénéficié d'autres atouts - milieu social, niveau culturel, appétence pour la langue en général - qui pourraient aussi expliquer leur meilleure maîtrise en orthographe ?

Parler une autre langue pour mieux maîtriser la sienne

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De même, les personnes qui maîtrisent une autre langue que le français ont un taux de maîtrise orthographique (50,8%) légèrement supérieur à celles qui ne sont pas bilingues (46,3%). 

Hypothèse du Projet Voltaire : "Apprendre une seconde langue crée des automatismes. C’est structurant. On est amené à revisiter les natures et les fonctions des mots, les règles grammaticales. Ce qui nous semblait flou ou inutile dans notre propre langue prend alors davantage de corps."

Loisirs : bons points pour la lecture, moins bons pour le foot et la télé

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Le Baromètre Voltaire a aussi tenté de rapprocher quelques pratiques culturelles avec les performances orthographiques.

Il en ressort, sans surprise, que les personnes lisant plus de 5 livres par an sont nettement plus à l'aise avec l'orthographe (52,8% de maîtrise) que celles lisant entre 1 et livres par an (48,8%) et celles ne lisant pas du tout (46,9%).

De même, ceux qui jouent d'un instrument de musique ont un léger avantage (50,3%) semble-t-il sur les non musiciens (48,6%).

Le temps passé par jour devant la télévision joue, lui, en négatif : les personnes passant plus de 3 heures par jour devant la télévision ne maîtrisent que 44,7% des règles, contre 49,8% pour ceux qui y passent moins d'une heure.

Enfin, ceux qui "ne s'intéressent pas à la Coupe du monde de foot" maîtrisent l'orthographe à 50,8% contre 46,3% pour les fans de foot. 

Là encore, l'interprétation semble délicate, plusieurs facteurs pouvant évidemment se conjuguer : par exemple, les personnes s'intéressant davantage au foot sont plus souvent des hommes... Dès lors, est-ce le foot ou leur genre qui interviendrait dans la plus ou moins grande appétence pour la langue ?

Parité : un écart significatif en faveur des femmes

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Les résultats du Baromètre 2018 confirment en effet ce qu'on savait déjà quant aux performances hommes-femmes en orthographie : les femmes sont un peu plus nombreuses à maîtriser les règles de base (50,3%) que les hommes (46,4%).

C'est là une constante depuis la première édition du Baromètre Voltaire. Et la plateforme observe le même résultat pour le Certificat Voltaire" que les apprenants obtiennent en fonction de leur score à la fin de leur formation en ligne  : les femmes obtiennent en moyenne des scores plus élevés.

Mais là encore, reste à comprendre pourquoi : est-ce parce que les femmes lisent davantage, sont "plus sages" à l'école primaire, ne savent pas lire, dit-on, les cartes routières, s'orientent plus volontiers vers les lettres que les sciences, et s'intéressent moins au foot ?! Question de cerveau ou de culture ? d'éducation ou de dons ?

Il faudra sans doute de nombreuses études, réalisées selon des protocoles scientifiques rigoureux pour isoler de vraies causes aux difficultés à intégrer les règles de l'orthographe française.

Notre niveau d'orthographe est comme le vin : il se bonifie avec l'âge

Ces difficultés d'interprétation se retrouvent dans les résultats par âge. Là encore, le Baromètre Voltaire note une constante dans les meilleures performances des personnes plus âgées. 

"Plus on est âgé, meilleur on est en orthographe : également un constat pérenne depuis la création du Projet Voltaire, il y a 10 ans. Dans le détail par tranche d’âge, on note qu’à 35 ans, on maîtrise la moitié des règles de base en orthographe, deux tiers au-delà de 55 ans". 
Le fait est que les plus de 55 ans atteignent un taux de maîtrise vraiment élevé : avec 63,5% de maîtrise des règles, ils font exploser tous les compteurs.

Est-ce parce qu'on s'améliorerait en orthographe avec l'âge où parce qu'on a été mieux formé étant jeune ? "Les personnes qui ont 50 ans ont eu deux fois plus d’heures de français à l’école primaire que celles qui ont 20 ans", rappelle les experts du projet Voltaire. Nous voilà donc ramenés à l'école primaire, CQFD.
Source : 4ème Baromètre Voltaire.
Source : 4ème Baromètre Voltaire.



Rédigé par le Mardi 12 Juin 2018 modifié le Mardi 12 Juin 2018

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