L'appel d'Emmanuel Macron à la jeunesse africaine : "l'éducation sera la priorité absolue de notre nouveau partenariat"



Emmanuel Macron a adressé le 28 novembre 2017 un long discours aux étudiants de l'université de Ouagadougou au Burkina Faso. Il a appelé la jeunesse africaine à relever les nombreux défis du continent en s'engageant notamment dans l'éducation, en particulier celle des filles, mais aussi l'innovation et l'entrepreneuriat, en partenariat avec la France.





L'appel d'Emmanuel Macron à la jeunesse africaine : "l'éducation sera la priorité absolue de notre nouveau partenariat"
Le choix du lieu et du moment lui-même est symbolique. En choisissant de débuter une importante visite en Afrique de l'Ouest par un discours aux étudiants de l'université Ouaga I, le président français a manifesté combien la jeunesse africaine détenait pour lui les clés du "basculement" d'un continent.

 Jouant sur sa jeunesse relative d'homme d'Etat - il n'a pas encore tout à fait 40 ans - il s'est habilement situé dans la même génération que ses interlocuteurs. "Je suis d'une génération, comme vous, qui n'a jamais connu l'Afrique comme un continent colonisé".

Fini donc les vieilles méthodes et d'ailleurs, "il n'y a plus de  politique africaine de la France", a déclaré le président français qui a joué la carte de l'homme neuf. On ne parlera donc plus d'ingérence, mais de "partenariat", de protection mais de "responsabilité" : "Je suis d'une génération où on ne vient pas dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire, quelles sont les règles de l’Etat de droit mais où partout on encouragera celles et ceux qui en Afrique veulent prendre leurs responsabilités", a martelé le président.

Place donc à cette jeune génération qui compose 70% de la population africaine : "la jeunesse africaine réclame avec impatience de participer à la construction du destin de son pays et de la mondialisation."

Un discours fleuve sur les défis qu'affronte l'Afrique

S'en est suivi un long discours passant en revue les grands défis auxquels est confrontée l'Afrique : la tragédie des migrations, le terrorisme, l'obscurantisme religieux, l'éducation, notamment celle des filles, l'accès de tous à la santé, le changement climatique qui menace déjà la survie de millions d'Africains, la ville durable à inventer de toute urgence, la mobilité des étudiants africains à réinventer, l'innovation et l'entrepreneuriat à promouvoir pour relever tous ces défis.

Vous trouverez ci-dessous l'intégrale du discours en vidéo et la présentation des principales mesures annoncées sur les sujets de l'éducation, de la vie étudiante et de l'innovation.


Education : la scolarisation des jeunes filles, une priorité

Après "l'obscurantisme religieux", Emmanuel Macron a évoqué des pistes pour promouvoir l'éducation des jeunes Africains : "l'éducation sera la priorité du nouveau partenariat que je vous propose".

Il a ensuite dévoilé ses deux priorités : la formation des professeurs et la scolarisation obligatoire des jeunes filles. "Je fixerai à nos ambassades l'objectif d'attribuer des bourses d'études en France en priorité à des jeunes filles", précisant (suite à des protestation dans l'assistance) que les hommes n'en seraient cependant pas exclus !

"Et je vous le dis pour vous, jeunes hommes qui êtes-là, c’est bon pour vous, a-t-il souligné à propos de l'éducation des femmes, la société que vous, vous préparez, la société que nous allons construire, ça ne doit pas être celle d’hier, et parfois encore trop souvent celle d’aujourd'hui, ça ne doit pas être une société où ce sont les hommes qui vont dire ce qui est bon pour les femmes, qui vont leur choisir leur destin, qui vont dire : l’éducation est bonne pour moi, mais très peu pour elle. Ce n’est plus acceptable".

Mobilité : réinventer la circulation des hommes et des femmes en Afrique et entre l'Afrique et l'Europe

Après avoir passé en revue les enjeux du réchauffement climatique et de la ville durable que l'Afrique doit inventer, le président français a évoqué "deux révolutions fondamentales pour le continent africain".

La première est celle de la "mobilité", terme technocratique pour évoquer la délicate question des migrations et de la circulation des citoyens. "La mobilité, c'est d’abord celle des étudiants, et je sais ici vos attentes, a reconnu Emmanuel Macron qui a proposé là encore une rupture : "La France est bien souvent la première destination, je veux qu’elle le soit non pas par habitude, mais par choix, par désir, pas nécessairement pour l’ensemble des études, mais pour nourrir les échanges entre nos pays".

Etudiants : des visas de circulation de plus longue durée

Le président français a alors annoncé que la France allait réformer le système de visas pour les étudiants, en créant pour les jeunes Africains qui décrochent un diplôme en France un "visa de circulation de longue durée" (...) "parce qu'étudier en France, c’est une relation privilégiée qui doit se prolonger et qui ne doit pas se soumettre à une date couperet (...). "Je vois trop souvent de jeunes étudiants africains qui ont parfois peur de revenir dans leur pays, parce qu'ils craignent de ne plus pouvoir revenir en France". Résultat : "ils ne font pas bénéficier leur pays, ils ne font pas bénéficier l'Afrique de ce qu'ils ont appris, et là aussi, c’est une erreur pour tout le monde". 

Le cadre de ces visas est donc posé : il ne s'agit pas de demander un visa d’étudiant pour rester en France, "ça n'est pas une bonne méthode. La France, dans la durée, ne peut pas les accueillir. Et là-dessus, je serai intraitable, parce que c'est un contournement", a bien précisé le président français.

Pas de contournement donc mais une plus grande confiance afin d'aller vers une mobilité de liberté et plus une mobilité de nécessité.

Vers un doublement des partenariats universitaires avec l'Afrique

Autre engagement important : pour concrétiser ces nouveaux échanges , le président Macron a  affirmé que des filières universitaires françaises allaient s'adapter pour et mieux accueillir les étudiants africains besoins. "Je veux que la France offre des places et des formations dans les filières qui correspondent à vos besoins".

Il a aussi annoncé une montée en puissance des partenariats, des échanges, des formations croisées et des doubles diplômes entre établissements français et burkinabés,
"J’ai demandé à mes deux ministres, de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’innovation, de travailler au doublement des partenariats universitaires que nous avons avec l’Afrique".

 Donnant l'exemple de l'école d'ingénieurs burkinabé 2iE (spécialisée dans l'eau, l'énergie et l'environnement) qui prépare un partenariat avec un établissement français, il a appelé les grandes écoles françaises à multiplier ce type de projet afin de "révolutionner" la relation éducative entre Europe et Afrique.

"Moi je ne veux pas qu’un jeune Burkinabè dès qu’il se dit « je vais faire des études » n’ait qu’un but : aller faire des études en France ! Non. Je veux qu’il puisse mener toutes ses études au Burkina s’il le veut. (...) et que si il veut et doit aller en France ce soit pour faire une formation spécifique ou parce qu’il l'a choisi, pas parce qu’il y est contraint.

La création d'une bibliothèque numérique des savoirs

Emmanuel Macron a aussi annoncé le lancement sous l'égide l’Agence universitaire de la francophonie d'une "bibliothèque numérique des savoirs et des formations".
"Nous construirons l’accès à cette bibliothèque à partir des campus numériques francophones, a-t-il expliqué (...) Et nous allons les renforcer en impliquant les opérateurs de téléphonie mobile et les fournisseurs d’accès pour vous apporter dans ces campus des meilleurs points de connexion pour un accès de haut débit".

L'objectif sera de permettre aux jeunes Burkinabés de "pouvoir accéder aux mêmes manuels, aux mêmes contenus à Lyon, à Bordeaux, à Bobo-Dioulasso où à Ouagadougou".

1000 jeunes talents africains accueillis chaque année en France

La mobilité des étudiants sera aussi complétée par une circulation croisée d'autres jeunes "talents" : "je souhaite que la France puisse accueillir 1000 nouveaux talents africains chaque année dans le domaine de la création d’entreprises, dans la recherche, dans l’innovation, dans la culture, dans le sport."

Le but de leur venue en France n'est pas qu'ils s'y installent, mais que ce séjour puisse "accélérer leur réussite " afin qu'ils reviennent "tirer le continent africain".

Le président Macron a souhaité qu'en parallèle, plus de jeunes Français puissent aussi venir travailler en Afrique : "Business France augmentera dès 2018 le nombre des jeunes volontaires français travaillant dans des entreprises en Afrique. Et je demanderai également à nos ambassades de recruter davantage de volontaires en privilégiant les candidats qui parlent ou ont commencé l’apprentissage d’une langue africaine."

Une maison de la jeunesse au centre de Ouagadougou

Pour favoriser tous ces échanges, la France va ouvrir le 14 juillet 2018 une "maison de la jeunesse" au centre de Ouagadougou.

Elle rassemblera Campus France, France Volontaires, les instituts de recherche, un incubateur pour les jeunes créateurs d’entreprise ; "tout ce qui est à destination de la jeunesse et permettra non seulement de l'accueillir mais de réussir, d'étudier, de faire, d’entreprendre, de s'informer, de se projeter vers le reste du monde. Ce sera pour vous".

Le sursaut de l'innovation et des entrepreneurs africains

Deuxième révolution devant permettre selon le président français "le sursaut de la jeunesse", celle de l’innovation et de l’entrepreunariat. "C’est la seule révolution qui peut apporter les 450 millions d’emplois dont l’Afrique aura besoin d’ici 2050", a-t-il déclaré.

Concrètement la France consacrera plus d’un milliard d’euros pour soutenir les PME africaines à travers l'aide de l’Agence française de développement et la BPI  mais Emmanuel Macron a aussi appelé les fonds d’investissement privés français à soutenir les jeunes entreprises africaines.

Ce sont d'abord les startups du numérique à travers le programme Digital Africa qui seront soutenus en priorité, ainsi que les projets oeuvrant dans l'agriculture, secteur où travaille 60% de la population active africaine, afin d'accélérer "a transformation de l’agriculture africaine". 
 
Mais "cette initiative s’adressera tout particulièrement, a ajouté Emmanuel Macron, aux femmes entrepreneuses".

Quelques tweets sur les réponses aux questions des étudiants



Et les réactions plutôt positives de jeunes Burkinabés sur Facebook




la rédaction


Jeudi 30 Novembre 2017

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