Enquête OVE 2016 : des étudiants de plus en plus fragiles sur le plan psychologique



Stress, déprime, épuisement... Les symptômes de fatigue et de mal-être augmentent chez les étudiants ! C'est l'un des constats de l'enquête sur les conditions de vie des étudiants que vient de publier l'Observatoire de la vie étudiante (OVE).





Enquête OVE 2016 : des étudiants de plus en plus fragiles sur le plan psychologique
Une fois tous les trois ans, l'Observatoire de la vie étudiante (OVE) réalise une précieuse enquête sur les conditions de vie des étudiants : elle donne une photographie de la situation matérielle des étudiants et aussi... de leur leur attitude psychologique.

En 2016, pour cette 8ème édition, plus de 220 000 étudiants ont été invités à répondre au questionnaire de l'OVE entre le 14 mars et le 23 mai :2016. Un quart d'entre eux ont répondu et 46 340 questionnaires ont été analysés.

Globalement, depuis 2013, on note peu de changement dans la situation des étudiants que ce soit sur le plan du logement, du budget, des inégalités et de l'insertion professionnelle. Un point s'est particulièrement dégradé : la situation psychologique des étudiants qui semblent de plus en plus fragiles.

Une fragilisation psychologique des étudiants

Si les étudiants s’estiment globalement en bonne santé, nombreux sont ceux qui déclarent éprouver des symptômes de fatigue ou de mal-être. Ils déclarent fréquemment ressentir des états d’épuisement (53% des hommes et 67% des femmes), de stress (49% des hommes et 69% des femmes) et rencontrer des problèmes de sommeil (40% des hommes et 50% des femmes).

De même, 37% des étudiantes et 27% des étudiants déclarent également s’être sentis déprimés la semaine précédant l’enquête.

Ces symptômes, déjà bien ancrés en 2013, semblent s’être amplifiés en 2016 : alors qu’en 2013, 20% des étudiants indiquaient n’être concernés par aucun des symptômes proposés, ils ne sont plus que 16% dans ce cas en 2016. Entre 2013 et 2016, on observe une augmentation de la déclaration de l’ensemble des symptômes (+6 points de % en moyenne), particulièrement l’épuisement (+ 8 points).
De plus, les écarts entre hommes et femmes, déjà nettement marqués en 2013, se creusent encore un peu en 2016 : 69% des étudiantes se déclarent stressées et 67% se déclarent épuisées en 2016 (contre respectivement 49 et 53% des étudiants) alors qu’elles étaient 62% et 58% en 2013.
Source : Observatoire de la vie étudiante (OVE) / Enquête CDV 2016
Source : Observatoire de la vie étudiante (OVE) / Enquête CDV 2016


Un peu plus optimistes pour l'insertion professionnelle qu'en 2013

L'enquête de l'OVE se contente de pointer ce problème sans aller plus profondément dans l'analyse des causes de ce malaise : manque de sommeil, mauvaise gestion du temps, addictions diverses... 

En tout cas, les perspectives liées à l'insertion professionnelle ne semblent pas être en cause. En effet, de ce point de vue, les étudiants se montrent plutôt plus optimistes en 2016 qu'en 2013.

56% des étudiants inscrits en master estiment avoir de bonnes ou de très bonnes chances d’insertion en France contre 50% en 2013. De même, les étudiants étaient, en 2013, 38% à estimer avoir de bonnes chances d’insertion à l’étranger et ils sont 42% dans ce cas en 2016.

Dans le détail, c'est dans la filière santé, dans les écoles d’ingénieur et dans les filières enseignement/ESPE que les étudiants sont les plus optimistes quant à leurs chances d’insertion en France.

Pour l’insertion à l'étranger, ce sont les étudiants en écoles de commerce et d’ingénieurs qui sont les plus confiants. À l’opposé, les étudiants en lettres-SHS à l'université sont les plus pessimistes, aussi bien pour leur insertion en France qu’à l’étranger.
Au final la perception des étudiants est assez conforme à la réalité de l'insertion.

Toujours beaucoup d'inégalités

Comme en 2013, les inégalités persistent, notamment selon l'origine migratoire de l'étudiant. Lorsque leurs deux parents sont immigrés et, dans une moindre mesure, lorsque c'est le cas d'un seul de leurs parents (toutes origines confondues), les étudiants s'orientent plus fréquemment dans les filières droit-économie à l'université (respectivement 26% et 22% contre 17% des natifs de France métropolitaine sans ascendance migratoire) ou en BTS (respectivement 12% et 8% contre 8%).

Ils sont à l’inverse sous-représentés en CPGE et en école d'ingénieurs. Ces orientations différentes s’expliquent en partie par l’origine sociale, puisque 41% des étudiants descendants de deux parents immigrés sont d'origine ouvrière contre 18% lorsqu'un seul parent est d'origine immigrée et 16% lorsque aucun des deux parents n'est d'origine immigrée.

Budget : les revenus des jobs progressent, l'aide de la famille recule

Trois principales sources de revenus caractérisent les budgets des étudiants tels qu’ils sont mesurés dans l’enquête : la famille, l’emploi et les aides publiques. Les revenus tirés de ces trois sources composent, comme en 2013, l’essentiel des ressources étudiantes (89%).

Cependant, on constate une évolution structurelle des ressources des étudiants entre 2013 et 2016. En 2013, les aides de la famille représentaient la principale ressource des étudiants (30% des ressources de l’ensemble des étudiants), suivie des revenus d’activité (29%) et des aides publiques (25%). En 2016, les revenus d’activités apparaissent comme la principale ressource (33 %), suivie des aides publiques (31%) et des aides de la famille (25%).

En termes monétaires, ce sont les revenus d’activité qui fournissent les revenus les plus importants, puisqu’ils s’élèvent en moyenne (pour les étudiants qui en bénéficient) à 740 euros par mois contre 348 euros pour les aides publiques et 308 euros pour les aides familiales. Si les aides financières directes de la famille restent stables sur les trois dernières années, les revenus d’activité et les aides publiques ont augmenté en moyenne respectivement de 122 € et 41 € (par mois) entre 2013 et 2016.

Des jobs très variés

L'activité rémunérée des étudiants recouvre des réalités très diverses. Pour une petite moitié des étudiants exerçant une activité rémunérée, il s’agit soit d’un stage rémunéré ou d'une alternance (30%, proportion inchangée par rapport à 2013), soit d’une activité liée aux études (14% en 2016 contre 17 % en 2013). Ces types d’activités sont plus développés dans les formations professionnalisantes.

Parmi l’ensemble des étudiants qui exercent une activité rémunérée, 16% l’exercent au sein de leur établissement d’études, soit un écart positif de 5 points par rapport à 2013, conformément à la volonté affichée des établissements de développer ce type d’emploi.

De l’autre côté du spectre, 13% d'étudiants exercent des activités très concurrentes des études (c’est-à-dire les activités non liées aux études, exercées plus d’un mi-temps et plus de six mois par an) un chiffre stable par rapport à l’enquête de 2013. Parmi eux, 52% estiment que cette activité est source de stress et de tension nerveuse.

Difficultés financières : une légère amélioration

On sait que la plupart des étudiants "tirent le diable par la queue", mais finalement, qu'en est-il ?

D'après l'enquête de l'OVE, un peu moins d'un quart des étudiants (23%) estiment connaître des difficultés financières importantes ou très importantes et 45% d’entre eux estiment ne pas avoir de difficultés financières. Ces estimations restent proches de celles de 2013, même si l'on note une légère baisse de la proportion d’étudiants se jugeant en difficultés financières importantes (25% en 2013).

Cette baisse touche notamment les étudiants potentiellement les plus fragiles, comme par exemple les étudiants décohabitants (24% déclarent des difficultés financières importantes en 2016 contre 27% en 2013) ou les étudiants boursiers, qui étaient 30% en 2013 à s’estimer en difficulté financière et qui ne sont plus que 26% en 2016.

Un autre indicateur de vulnérabilité de l’enquête confirme cette légère amélioration : en 2016, 43% des étudiants boursiers déclarent avoir assez d’argent pour couvrir leurs besoins mensuels quand ils étaient seulement 35% en 2013. De l’autre côté de l’échelle, 41% des étudiants d'origine sociale populaire déclaraient en 2013 ne pas avoir assez d’argent pour couvrir leurs besoins et ils ne sont plus que 36% 2016.

De ce point de vue, les efforts du gouvernement pour revaloriser les bourses est donc tangible.

Un déplacement des inégalités

Il reste certes des inégalités entre les étudiants qui parviennent sans problème à financer leurs études en cumulant jobs rémunérés, aides publiques et familiales, et ceux qui peinent à boucler leur budget du fait d'une aide familiale insuffisante.

Toutefois, l'augmentation des aides publiques comme la multiplication des dispositifs de formation permettant de toucher une rémunération (comme les formations en alternance) tend à réduire l'écart des budgets.

Par contre, les inégalités sociales restent importantes au niveau de l'orientation, du choix du type d'étude et de l'insertion professionnelle qui en découle, les étudiants les plus défavorisés socialement ayant tendance à s'orienter vers des études plus courtes (STS) ou des études longues peu professionnalisantes à l'université. 



Rédigé par la rédaction le Vendredi 9 Décembre 2016

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