Elections européennes : qui profite du programme Erasmus+ ?



A la veille des élections européennes, l'agence française Erasmus+ rectifie les idées fausses sur le programme de mobilité. Celui-ci ne profite pas qu'aux étudiants mais aussi aux apprentis et aux jeunes pros qui veulent faire un stage ou se former.





Elections européennes : qui profite du programme Erasmus+ ?
D'après un sondage BVA réalisé en mai 2017, les Français considèrent le programme de mobilité Erasmus+ comme la première réalisation de l'Union européenne. En tout cas comme l'une des plus positives et des moins contestées.

C'est sans doute la raison qui a conduit l'agence qui gère Erasmus+ en France à publier un communiqué adressé aux candidats à la veille des élections européennes. En rectifiant 5 idées fausses, l'agence veut rappeler l'ampleur du programme de mobilité et sa grande utilité sociale pour la formation des jeunes au sens large, mais aussi l'emploi et la formation.

En effet le premier programme Erasmus lancé en 1987 et dédié à la mobilité étudiante a été remplacé en 2014 par un projet plus large et doté de budgets plus élevés : Erasmus+.

1 - Erasmus+ n'est plus un programme uniquement réservé aux étudiants

Est-ce la faute du film culte L'Auberge espagnole ? En tout cas il est faux de limiter Erasmus+ au public étudiant. L'agence rappelle qu'aujourd'hui, les bénéficiaires d’Erasmus+ en éducation et formation sont non seulement les étudiants et professeurs de l’enseignement supérieur, mais aussi :
- les élèves, enseignants et personnels de l’enseignement scolaire (de la maternelle au baccalauréat),
- les apprentis et formateurs de la formation professionnelle,
- les adultes en reconversion professionnelle,
- les demandeurs d’emploi,
- les formateurs de l’éducation des adultes…  

En effet Erasmus+ a rassemblé et remplacé tous les anciens programmes européens d’échanges qui s'adressaient à ces groupes.

De plus en plus d'apprentis et de lycéens professionnels

En 2018, au total, 85 409 personnes sont parties avec Erasmus+ depuis la France. Parmi eux, les étudiants étaient toujours le groupe le plus nombreux (49 355), mais il y avait aussi 18 468 apprenants de la formation professionnelle, c'est-à-dire des jeunes issus de lycées professionnels, des apprentis et des stagiaires. 
Depuis 2014, ces jeunes en formation professionnelle sont de plus en plus nombreux comme le montre le site staterasmus mis en ligne en 2018 pour donner tous les chiffres du programme Erasmus+ en terme de budgets, de territoires, de destination, etc.

 
Elections européennes : qui profite du programme Erasmus+ ?

2 - Un + pour le travail et l'insertion

En disant qu'on "ne part pas pour faire la fête mais pour le travail" - nouvelle allusion à l'Auberge espagnole  - l'agence souligne que désormais, beaucoup de jeunes partent "en Erasmus" pour faire un stage. Un étudiant sur trois part pour faire un stage en entreprise.

Erasmus+ est d'ailleurs une des voies à explorer en priorité pour faire un stage à l'étranger durant son cursus. Ce qui permet à l'agence de dire que le programme "est un outil pour l’emploi qui permet à chacun de développer des compétences et d’améliorer son intégration professionnelle et sociale".

De fait, 86% des apprentis et apprenants de la formation professionnelle perçoivent une amélioration de leur employabilité suite à une mobilité Erasmus+. Les jeunes qui ont réalisé une période de mobilité encadrée à l’étranger trouvent, en moyenne, un emploi en 2,9 mois contre 4,6 mois pour les autres


3 - Pas uniquement pour les jeunes de milieux favorisés

Dans l’enseignement supérieur, 39% des étudiants en Erasmus+ sont boursiers sur critères sociaux, indique l'agence, pour une moyenne nationale de 37%. Et 12% sont en situation de grande difficulté sociale.

En formation professionnelle, 60% des jeunes en Erasmus+ sont d’origine sociale populaire, et 50% font face à des obstacles économiques, géographiques et de santé. (source : Note de l’Observatoire n°10)

Rappelons que la bourse Erasmus+ est de 750 à 1 000€ par mois en formation professionnelle et de 170 à 520€ par mois dans l’enseignement supérieur. Elle peut être cumulée avec les aides de l’Etat et des collectivités pour financer sa mobilité à 100%.  

La forte implication de l’enseignement agricole

On l'ignore souvent également : l’enseignement agricole représente 27% des mobilités Erasmus+ en formation professionnelle (CFA, lycées agricoles, Maisons Familiales et Rurales, EPLEFPA…).
417 établissements d’enseignement agricole sous tutelle du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (MAA) ont capté 8,2% du budget Erasmus+ décentralisé à la France, permettant à 20 012 jeunes de l’enseignement agricole de partir.

4 - Les échanges Erasmus ne sont pas limités aux capitales européennes

Imaginer que cette mobilité est limitée à Londres, Barcelone ou Berlin est encore une idée reçue ! D'abord, les jeunes peuvent partir dans de petites villes ou des zones rurales. En plus des grands établissements (universités par exemple), les subventions sont en effet accordées aux établissements et aux régions qui montent des projets de formation professionnelle notamment en lien avec des entreprises : 50% des partenaires de projets Erasmus+ sont des acteurs du secteur privé. 

L'agence Erasmus+ souligne qu'il y a là un levier de développement pour les territoires : "En 2019, 7 régions (Bretagne, Centre Val de Loire, Grand-Est, Hauts-de-France, Nouvelle Aquitaine, Normandie et Occitanie) et 24 groupements académiques ou rectorats coordonnent des projets Erasmus+.
Le programme est utilisé pleinement en Ile-de-France, en Auvergne Rhône Alpes et en Nouvelle Aquitaine. La Réunion, la Martinique et la Corse se démarquent par un très bon niveau de financement par habitant."

D'autre part, depuis 2016, 168 pays hors Europe sont également accessibles, soit 202 pays participants ! 

5 - ​Erasmus n'est pas réservé aux jeunes de moins de 30 ans

Cela découle de ce qui est dit plus haut au point 1 sur la diversité des publics pouvant bénéficier d'une mobilité européenne.

"Pour bénéficier d’une mobilité ou d’un partenariat Erasmus+, rappelle l'agence, il suffit d’être inscrit dans un établissement d’éducation ou de formation." : lycée, CFA, université et école, mais mais on peut aussi être inscrit à Pôle emploi et en missions locale.

Et demain ?

Si l'agence publique Erasmus+ (qui gère les fonds alloués par l'UE à la France) publie cette note à la veille des élections européennes, c'est d'abord parce que les enjeux de la formation des jeunes sont peu évoqués dans la campagne.

D'autre part, la montée en puissance du programme de mobilité qui a fêté ses 30 ans en 2017 affiche un bilan plutôt positif. Et pour l'avenir, l'Union européenne voudrait poursuivre sur sa lancée : "Pour la période 2021-2027, indique le communiqué de l'agence, l’objectif est de multiplier par trois le nombre de participants (12 millions de personnes en Europe) avec un budget multiplié par deux (30 milliards d’euros), et de renforcer encore la dimension inclusive du programme."

L'UE veut donc permettre à encore plus de jeunes de partir, notamment parmi les moins favorisés. Mais aura-t-elle les moyens de réaliser cette ambition ? Voilà un bonne question à poser aux candidats.



Rédigé par la rédaction le Vendredi 26 Avril 2019 modifié le Mardi 30 Avril 2019

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