Des étudiants appellent à la grève mondiale des jeunes pour le climat



La mobilisation des lycéens et des étudiants français pour le climat grandit à l'approche du vendredi 15 mars, où les élèves de tous les pays sont appelés à une "grève scolaire mondiale". Une centaine de rassemblements sont annoncés.





Des étudiants appellent à la grève mondiale des jeunes pour le climat
"On nous traite de mauvais élèves, mais ceux qui n'ont pas fait leurs devoirs, ce sont les gouvernements et les entreprises qui volent notre futur".

C'est par ce genre de formules choc que des étudiants parisiens interpellent les gouvernants et expliquent leur mobilisation pour le climat. Dans une vidéo publiée fin février 2019, ils appellent donc tous les élèves et les étudiants français à rejoindre la "grève scolaire mondiale" programmée le vendredi 15 mars 2019.


Un mouvement initié par Greta Thunberg, une Suédoise de 16 ans

Ce mouvement des jeunes pour le climat (#YouthForClimate) n'est pas né en France mais en Suède où depuis septembre 2018, une lycéenne de 16 ans, Greta Thunberg, manifeste chaque vendredi contre l'inaction des gouvernants pour sauver le climat et la planète.

Greta a lancé une initiative inédite, à mi-chemin des grèves lycéennes et des manifestations politiques : chaque vendredi, elle sèche les cours et manifeste publiquement devant le Parlement suédois pour exiger des mesures concrètes contre le dérèglement climatique. 

Vite popularisée par les réseaux sociaux, son initiative a fait boule de neige en Suède, mais aussi en Australie, en Allemagne ou en Angleterre où des milliers de jeunes ont commencé à faire l'école buissonnière ou à manifester chaque vendredi.

Greta a aussi beaucoup impressionné par son discours prononcé lors de la COP24, la conférence climat qui devait renégocier les accords de Paris, en décembre 2018 :

"Vous n'êtes pas assez matures pour dire les choses comme elles sont. Même ce fardeau, vous le laissez à nous, vos enfants", a dit la lycéenne aux nattes blondes en dénonçant le manque de courage des gouvernants qui craignent de prendre des mesures impopulaires.

"Mais je me moque d'être impopulaire, a-t-elle poursuivi. Je tiens à la justice climatique et à une planète vivante. Notre civilisation est sacrifiée pour permettre à une petite poignée de gens de continuer à gagner d'énormes sommes d'argent."

Près de 200 mouvements de "grève" de l'école annoncés en France

En France, il a fallu attendre février 2019 pour que le mouvement de la grève pour le climat commence à mobiliser. Les vendredis 15 puis 22 février, quelques jeunes militants écologistes ont manifesté, notamment devant le ministère de la Transition écologique.

Mais c'est l'appel à la grève scolaire mondiale du vendredi 15 mars qui semble plus entendu, date à laquelle doivent aussi avoir lieu des "marches pour le climat", en France et en Europe ainsi que le samedi 16 mars. Le vendredi, près de 200 mouvements de lycéens sont annoncés sur toute la France, selon la page Facebook Youth For Climate France qui publie une carte sans cesse remise à jour. 

Après les manifs contre Parcoursup et la réforme du bac, les jeunes parviendront-ils à faire de la question climatique une priorité du gouvernement, comme les gilets jaunes l'ont fait à leur manière pour les questions sociales ? 

En tout cas la présence de Greta Thunberg, invitée à manifester à Paris le 15 mars, pourrait accélérer la mobilisation. Ainsi que l'appel fait par le collectif "Les enseignant.e.s pour la planète" à rejoindre le mouvement, de même que la tribune publiée par 260 scientifiques appelant à une grève climatique mondiale.

Le ministre de l'Education propose des débats dans les lycées

Comment le ministère de l'Education nationale, qui ne tient pas particulièrement sans doute à voir tous les lycéens dans la rue, allait-il réagir ?

Il a annoncé dans un communique que "Vendredi 15 mars, entre 16 h et 18 h, avec le concours des Conseils de la Vie Lycéenne (CVL) des réunions thématiques seront organisées dans les lycées de France".

Concrètement, "les élèves, les enseignants et les personnels pourront débattre sur les enjeux climatiques et sur les propositions de réponses qui peuvent y être apportées". 
Les élus lycéens des conseils de vie lycéenne (CVL) devront ensuite relayer les propositions afin de "déboucher sur des actions à mettre en œuvre au quotidien dans les établissements, de valoriser des projets pédagogiques conduits dans certains lycéens, mais aussi de partager des ambitions sociétales et écologiques."

Une synthèse sera proposée au ministre lors de la réunion du Conseil national de la vie lycéenne qui se réunira le 5 avril 2019.

Voilà donc la proposition officielle pour tous les lycéens qui ne voudront ou ne pourront se joindre aux marches ou aux manifestations proposées. Mais aura-t-elle la force d'une grève qui traduit toujours une forme de remise en question et même, de désobéissance civile ?

Cela répond-il vraiment aux attentes des jeunes citoyens ?

Plus généralement, il n'est pas sûr que les jeunes les plus mobilisés se satisfassent d'un débat de plus dans le cadre scolaire quand ils réclament aux gouvernants des mesures de portée nationale et même internationale.

En réalité, ce n'est pas en leur qualité d'élèves, souvent mineurs, ou d'étudiants que les jeunes du mouvement #YouthForClimate se font entendre. C'est parce qu'ils sont aussi citoyens d'un pays et citoyens du monde. Et qu'ils vivront sur cette planète bien après que les décideurs actuels aient disparu ! 

La question n'est donc plus seulement de limiter le gaspillage alimentaire à la cantine ou de trier les déchets, même si ces actions ont leur impact, mais de lutter à grande échelle dès maintenant contre le réchauffement climatique et la disparition de nombreuses espèces animales.

Même dans les grandes écoles, les étudiants veulent changer de trajectoire

De la même façon, des étudiants de plusieurs grandes écoles ont publié fin 2018 un "Manifeste étudiant pour un réveil écologique " dans lequel ils rappelaient que les initiatives individuelles ne suffiraient pas.

"En effet, à quoi cela rime-t-il de se déplacer à vélo, quand on travaille par ailleurs pour une entreprise dont l'activité contribue à 'l'accélération du changement climatique ou de l'épuisement des ressources", indique le manifeste qui interpelle directement les futurs employeurs des étudiants. 

Une façon de rappeler, là encore, que les étudiants ne sont pas seulement là pour étudier, mais pour se préparer à construire une économie et une société dans lesquels il ferait meilleur vivre. Le manifeste a été signé par près de 30 000 étudiants français au moment où cet article est écrit.




Rédigé par le Mercredi 13 Mars 2019 modifié le Lundi 18 Mars 2019

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