Bacs professionnels : une nouvelle filière postbac va être créée pour eux



Le ministère de l'Enseignement supérieur va créer une nouvelle filière d'études postbac qui sera réservée aux bacheliers professionnels voulant poursuivre leurs étude. Des expériences seront menées en 2015-2016 pour un lancement en septembre 2016.





Christian Lerminiaux et Geneviève Fioraso. Photo : MENESR / XR Pictures
Christian Lerminiaux et Geneviève Fioraso. Photo : MENESR / XR Pictures
Pour les lycéens de la voie professionnelle, c'est une nouvelle importante. Une nouvelle filière d'enseignement supérieur va être créée spécialement pour eux. La secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso l'a annoncé à la veille des vacances de Noël 2014.

Cette filière offrira "un parcours spécifique et adapté aux bacheliers professionnels", indique le communiqué du ministère. Elle sera clairement à orientation "professionnelle", c'est-à-dire dire tournée vers l'apprentissage concret pour l'exercice d'un métier ou d'une série de métiers, comme dans les lycées professionnels.

Elle sera systématiquement dispensée en alternance, et elle aboutira à un diplôme de niveau 3, c'est-à-dire à un bac+2, niveau de formation des techniciens supérieurs.

Un bachelier pro sur deux veut poursuivre ses études

Il s'agit clairement d'offrir davantage de possibilités de poursuite d'études aux lycéens professionnels.

A sa création, en 1985, le baccalauréat professionnel (qui a de nombreuses spécialités) a été conçu pour permettre une entrée directe dans la vie active. Et les programmes actuels ont gardé cet objectif puisque les matières professionnelles (qui consistent à apprendre les gestes et les techniques propres à un métier) sont prépondérantes dans les filières de bacs pro.

Mais on observe au fil des ans que de plus en plus de bacheliers professionnels n'entrent pas dans la vie active mais souhaitent poursuivre la formation : aujourd'hui, 1 bachelier professionnel sur 2 (47,5%) poursuit des études.

Les BTS ne suffisent pas

La plus grosse partie d'entre eux postule à un BTS, brevet de technicien supérieur. C'est certes la filière la plus adaptée (car tournée vers l'insertion professionnelle) mais elle est sélective et ouverte aux autres bacheliers.
Résultat :  de nombreux bacheliers non acceptés en BTS se retrouvent à l'université, filière d'études à laquelle ils ne sont absolument pas préparés.
 
Le taux de réussite des bacs pro à l'université n'est que de 3,5%

"18 000 s'inscrivent à l'université où leur taux de réussite à l'issue de la première année n'est que de 3,5%", précise le ministère.

Les gouvernements précédents ont tous tenté d'ouvrir davantage les portes des BTS aux bacs pro. Dans la loi de juillet 2013, Geneviève Fioraso a même institué des quotas, contraignant les sections de techniciens supérieurs à prendre davantage de bacs pro. Leur nombre y a augmenté de 11% en deux ans. "Mais ces mesures ne suffisent pas face au flux croissant de bacheliers professionnels", assure aujourd'hui la secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur.

Un enjeu social et économique

Il s'agit donc de créer une alternative à la poursuite d'études en BTS : une filière dans laquelle ces étudiants pourront approfondir leurs connaissances professionnelles, sans être disqualifiés d'emblée par leur niveau dans les matières générales.

Cela revient à leur donner une possibilité réaliste de décrocher un diplôme qui permette une insertion en entreprise à niveau supérieur à celui ouvert par le bac pro. Le gouvernement y voit là un enjeu de justice sociale car les bacheliers professionnels sont issus des catégories les moins aisées de la société. Il s'agit selon lui de  "rétablir l'ascenseur social républicain".

Mais il voit aussi un enjeu économique, "puisque le redressement industriel et la mise en place de nouvelles filières industrielles ne pourront se faire que si nous disposons des qualifications correspondantes." Le ministère explique dans son communiqué que "la mondialisation et les avancées technologiques, la complexité des procédés et des normes, la demande en qualification est encore plus forte", ce qui justifierait la création de cette nouvelle filière.

Ce dernier point est toutefois à préciser avec les filières professionnelles car certaines industries comme l'aéronautique ou la métallurgie ne cessent de dire qu'elles peinent justement à recruter à niveau bac sur des postes d'opérateurs. Ne va-t-on pas assécher l'offre de main d'oeuvre à ce niveau en proposant une nouvelle option de poursuite d'études ?

La problématique est sans doute différente entre l'industrie (où les bacs pros sont très appréciés) et les services où ils sont par contre en sévère concurrence avec les diplômés d'un bac+2 ou d'une école de commerce. Or le communiqué ministériel évoque curieusement l'industrie plutôt que les métiers de services commerciaux.

Questions-réponses sur la nouvelle filière professionnelle supérieure

Où serait dispensée cette nouvelle offre de formation ?
Selon le communiqué ministériel du 19 décembre 2014, "la conception de cette nouvelle offre de formation associe tous les types d'établissements d'enseignement supérieur : universités, S.T.S. mais aussi les écoles d'ingénieurs, qui pourraient accueillir de telles filières".
La filière, on l'imagine, aura sans doute un nom précis et un cahier des charges (programmes, pédagogie), mais des établissements différents pourraient proposer ces formations, un peu comme pour les BTS aujourd'hui qui sont dispensés par des lycées ou des écoles.

Des professionnels déjà en exercice pourront-ils s'y inscrire ?
Apparemment oui : "Cette voie nouvelle aurait également vocation à accueillir des bacs pros déjà engagés dans la vie active et voulant compléter ou améliorer leurs qualifications et compétences".

Pourra-t-on aller jusqu'au bac+5 ?
A priori la nouvelle filière permettra d'obtenir un diplômé de niveau 3 (bac+2), mais cela n'empêcherait pas d'autres poursuite d'études, le ministère évoquant la possibilité de rejoindre "des formations plus longues, grâce à des passerelles vers les masters ou écoles d'ingénieurs".

Qui monte ce projet de nouvelle filière ?
Geneviève a confié à Christian Lerminiaux, ancien président de la conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI), et ancien directeur de l'Université de technologie de Troyes (UTT) la mission de préciser le projet.
Il devra notamment travailler avec les acteurs économiques des différentes filières pour bien cerner leurs besoins et le type de qualifications nécessaires. C'est d'autant plus important que les nouvelles formations seront toutes dispensées en alternance, en relation étroite donc avec les entreprises et dans le but de permettre une insertion réelle.

Quand la nouvelle filière sera-t-elle ouverte aux étudiants ?
Elle serait lancée à la rentrée scolaire 2016 mais il doit y avoir des expérimentations dès la rentrée 2015 à partir des propositions de Christian Lerminiaux qui doit rendre un rapport en juin 2015.

 



Rédigé par le Lundi 22 Décembre 2014

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