Au Salon Culture et Jeux mathématiques, on fait des maths autrement



Le 20ème salon Culture et Jeux mathématiques a accueilli près de 20 000 visiteurs à Paris, du 23 au 26 mai 2019. Un succès qui témoigne de l'envie des jeunes d'aborder les maths autrement.





Au Salon Culture et Jeux mathématiques, on fait des maths autrement
Sur la place qui s'étend devant la grande église Saint-Sulpice à Paris, des tentes évoquent une brocante ou une foire aux livres. Mais non. En cette fin de mois de mai 2019, les passants qui s'approchent ont la surprise de découvrir des stands de jeux... mathématiques. Ici on plie de splendides origamis, là on s'attaque à des puzzle géants, à des Rubik'sCube, ou l'on cherche à percer les messages secrets de la cryptographie.

"Jouons ensemble aux mathématiques", c'était le thème de la 20è édition du salon Culture et Jeux mathématiques lancé en 2000 pour l'Année mondiale des maths. Depuis, l'événement connaît un succès croissant chaque année auprès de milliers de visiteurs : collégiens, lycéens, étudiants, familles, enseignants, curieux de 7 à 77 ans.

"L'idée, c'est que l’on n’apprend jamais aussi efficacement qu’en s’amusant et que le divertissement peut être source de savoir et d’élévation", explique Marie-Josée Pestel, présidente du salon et ancienne enseignante de mathématiques. 

"Ce salon est le Disneyland des mathématiques", dit Jean-Marie de Koninck, mathématicien québécois, parrain de cette édition 2019, dans le teaser de l'événement :


Des expériences et des activités pour faire des maths avec plaisir

Dans l'espace conférence, les intervenants les plus variés se succèdent : chercheurs, ingénieurs, astronomes, créateurs de jeux, animateurs d'associations... Beaucoup témoignent de la diversité des applications des mathématiques. A les écouter, les maths sont partout !

Mais on découvre aussi sur le salon que l'on peut faire des mathématiques autrement. avec plus de plaisir et d'engagement, parfois en manipulant, toujours en se posant des questions.

Le jeudi 23 mai 2019, des élèves du collège Couperin à Paris sont venus résoudre en public de petites énigmes. Depuis le début 2018, ils font partie d'un club de maths créé dans leur collège et participent à des compétitions. On les voit motivés et même passionnés. Or il y a en France 3500 clubs de maths de ce style répartis dans 2000 établissements du second degré (voir la carte des clubs de maths).

Autre initiative, celle de MATh.en.JEANS : cette  association organise des ateliers dans les collèges, les lycées et les universités dans lesquels des chercheurs en maths soumettent aux jeunes des problèmes autour de théories mathématiques : les élèves apprennent ainsi à se questionner comme dans un vrai laboratoire de recherche et à faire des maths en équipe.
Des classes de collégiens sur le salon, place Saint-Sulpice. © CIJM
Des classes de collégiens sur le salon, place Saint-Sulpice. © CIJM

Maths à l'école : un niveau qui inquiète

Toutes ces ressources laissent à penser que les élèves d'aujourd'hui doivent être bien meilleurs en maths que la génération précédente. Or, il n'en est rien comme l'ont rappelé les intervenants du débat du 23 mai 2019 sur "la place des maths dans le parcours éducatif". Les jeunes Français n'ont en effet pas de bons résultats en maths dans les enquêtes internationales malgré les divers plans pour relever le niveau

La réforme du lycée qui fait des mathématiques une spécialité que l'on peut (ou pas) choisir va-t-elle dans le bon sens ?
 
"Au lycée, la spécialité maths a été conçue pour ceux qui aiment la discipline et vont en avoir besoin"


Ces experts de l'enseignement des maths restent prudents notamment pour la classe de première. "La spécialité a été conçue pour les gens qui aiment les maths et qui vont en avoir besoin, explique Edwige Godlewski, présidente de la Commission française pour l'enseignement des mathématiques. En terminale, il n'y a pas de problème : ils prendront la spécialité "mathématiques expertes". Mais en classe de première, ils vont se retrouver avec ceux qui gardent les maths par nécessité, et ce sera difficile de satisfaire tout le monde".

Et pourtant, tous ces professionnels de l'enseignement des mathématiques clament que les maths doivent être une "culture commune". Alors, comment équilibrer les maths "culture" et les maths "outils" ? Pas sûr que le système scolaire arrive à faire suffisamment la distinction.

Autre sujet d'inquiétude : le niveau à l'entrée au collège. Conseiller spécial en charge du plan Villani-Torossian sur l'enseignement des maths, Charles Torossian souligne l'importance de relever le niveau d'exigence en fin de primaire : multiplication, division, chiffres décimaux doivent absolument être abordés pour permettre une bonne compréhension des fractions au collège.

Un jeu pour comprendre les fractions comme un magicien fabrique ses potions

Un stand du salon présentait justement un jeu qui aide les collégiens à comprendre les fractions : l'Atelier des potions, édité par Plaisir Maths, a gagné le concours EducaFlip 2018 et est déjà utilisé dans des classes.

Pour réaliser la formule de leur potion (comme 4/5 ou 3/7), les joueurs doivent déposer dans un chaudron des morceaux d'animaux. Un serpent coupé en quatre donne ainsi à voir ce qu'est un quart. Et l'on comprend vite que l'on ne peut pas additionner des bouts de grenouille avec des queues de serpent ou des pattes d'araignée.

"Pour concevoir le jeu, nous avons été étudier dans les classes les difficultés et les blocages des jeunes", explique Nicolas Pelay, président de Plaisir Maths et chercheur en "didactique des maths". Qu'est-ce que la didactique des maths ? "C'est tout qui touche à la transmission et à l'enseignement des mathématiques", dit-il.

Le salon Culture et Jeux mathématiques permet ainsi de rencontrer nombre de chercheurs travaillant sur des spécialités passionnantes... et d'élargir au passage la vision que l'on peut avoir des débouchés des maths comme l'a fait la table-ronde sur les métiers de la recherche en mathématiques.

Conseils à ceux qui peinent en maths

Nous en avons profité pour demander à Nicolas Pelay ce qu'il conseillerait à des lycéens ou étudiants qui ont besoin de se réconcilier avec les maths. "Passer par le jeu est vraiment un bon moyen de voir les maths autrement, dit-il. On peut commencer par des jeux de stratégie, par exemple le jeu de Hex."  

De fait, à en croire tous les passionnés croisés sur le salon "si les mathématiques sont jeu, le jeu est aussi mathématique". Il se prête fréquemment à une modélisation d’une grande précision et son étude a donné lieu à de grandes théories. 

Et pour mieux comprendre ces théories ou des notions complexes ? "Je conseillerai d'aller voir les chaînes Youtube de vulgarisation, comme Micmaths de Mickaël Launay", dit Nicolas Pelay.

Autrement dit, varier les approches en passant par le jeu, c'est-à-dire l'engagement, le challenge, ou bien la curiosité. Ce qu'a fait magnifiquement cet original salon Culture et Jeux mathématiques en mêlant spectacles, poésie, concours de calcul mental, énigmes,  biologie, art et géométrie...

La 21ème édition à Paris à la fin du mois de mai 2020 s'annonce d'autant plus prometteuse que 2020 doit être l'année des maths en France.




Rédigé par le Lundi 27 Mai 2019 modifié le Lundi 27 Mai 2019

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