53ème Salon du Bourget : recrutements records dans les métiers de l'aéronautique



L'emploi est en bonne forme dans l'aéronautique et le transport aérien. Les entreprises ont profité du 53è Salon du Bourget pour faire connaitre leurs métiers et recruter : 15 000 postes, 5000 contrats d'alternance et 8000 stages sont à saisir en 2019.





Dans le hall de l'Avion des métiers au Salon du Bourget © SIAE 2017 REA
Dans le hall de l'Avion des métiers au Salon du Bourget © SIAE 2017 REA
Si vous songez à une orientation vers l'industrie, l'ingénierie ou les nouvelles technologies, alors un tour au 53è Salon du Bourget - du 21 au 23 juin 2019 - vous aurait sans doute passionné.
En effet, la filière a profité plus que jamais de cet événement professionnel où l'on dévoile les grosses commandes et les dernières innovations pour informer le public sur ses métiers, ses formations et ses énormes besoins de compétences.

Car l'aéronautique et le spatial sont repartis à la hausse pour l'emploi comme ce salon l'a confirmé. En 2018, le secteur a fortement augmenté ses embauches et a même créé 4 000 emplois nets, selon les chiffres du Gifas, le syndicat professionnel de l'industrie aéronautique et spatiale.
"Pour 2019, ce cycle haut d’embauches, de l'ordre de 15 000, devrait perdurer et contribuer de nouveau à la création d'emplois en France", annonce-t-il.

Les opportunités sont particulièrement fortes pour les jeunes, puisque 8000 stages sont aussi proposés et 5 000 contrats d'alternance, un dispositif en forte progression.

Pourquoi de tels besoins de recrutement ?

Certes, les commandes d'avions civils sont plutôt en recul, mais le volume global des commandes engrangées est déjà considérable et assure au moins huit ans de production ! D'autre part l'arrêt de la fabrication de l'Airbus A380 permet aux constructeurs de se recentrer sur les programmes les plus rentables. Le secteur bénéficie aussi de la reprise des ventes militaires de Rafale et des avions d'affaires.

Mais surtout, à plus long terme, le trafic aérien va continuer à augmenter. Il devrait doubler d'ici 20 ans, d'après l’IATA... ainsi que la flotte mondiale d'avions. De quoi vous rassurer si vous vous demandez si l'aéronautique a de l'avenir.

Pour les entreprises, l'enjeu va être de trouver suffisamment de compétences, d'autant que toute une génération d'ingénieurs et de techniciens part en retraite.

"Par ailleurs, les nouvelles technologies prennent le relais du drone. La vague cyber qui s’est déployée à terre, atteint désormais le secteur aérien, souligne Francis Pollet, directeur général de l'IPSA, école d'ingénieurs aéronautiques. Cela renforce encore la tension RH, à l’heure où l'automobile embauche de plus en plus d’ingénieurs en aéronautique"... et où toute l'industrie se digitalise.

Des recrutements sur quels métiers ?

Parce qu'elle comporte beaucoup de technologie, l'industrie aéronautique recrute toujours une grosse proportion de cadres de haut niveau. Les recrutements 2018 ont ainsi concerné 25% de compagnons et techniciens d’ateliers, 32% de techniciens supérieurs et employés et 43% d’ingénieurs et cadres. 

 
Source : Gifas
Source : Gifas

Records de recrutements dans les métiers de la conception, la production et la maintenance

Et quels sont les métiers et les spécialités où les besoins seraient les plus forts ? "Nous constatons des besoins records de recrutement sur de très nombreux métiers, que ce soit en conceptionen production ou en maintenance", note Philippe Dujaric, directeur des Affaires Sociales et de la Formation du Gifas.

En dehors des niveaux de qualification, les métiers se répartissent en effet en 5 grandes fonctions selon leur intervention dans la chaîne du produit (ici l'avion) : conception, fabrication, essais tests et simulation, maintenance et fonction support.

Les essais et les fonctions support (logistique, achats, commerce et vente) concernent des métiers qui n'exigent pas forcément de formation aéronautique au départ. Dans les trois autres familles, par contre, il faut des compétences spécifiques liées à l'aéronautique et au spatial, d'où la difficulté des recruteurs. 

Pour en savoir plus sur les recrutements et les offres d'emploi : www.aeroemploiformation.com

L'Avion des métiers : un hall entier consacré à l'emploi et aux formations

53ème Salon du Bourget : recrutements records dans les métiers de l'aéronautique
Pour faire découvrir ces métiers à forte coloration technologique, la profession a renouvelé sur le Salon du Bourget l'initiative de "l'Avion des métiers".

Sous un hall de 3000 m2 dominé par l'élégante silhouette d'un avion de ligne en kit et de gros nuages en coton,  les visiteurs pouvaient visiter les stands des lieux de formations et des recruteurs, mais ils peuvent aussi voir des professionnels présenter leur métier. 

On pouvait ainsi rencontrer des chaudronniers aéronautiques, des mécaniciens avion, des techniciens d'usinage fabrication 3D ou des techniciens méthodes. Et en savoir plus sur leur formation et leurs débouchés.
Nouveauté 2019 : beaucoup d'écrans permettaient de visionner des films montrant les ateliers et des casques de réalité virtuelle permettaient de se balader dans les entrailles des avions en construction ou de se glisser dans la peau d'un technicien.


Les trois familles de métiers aéronautiques qui recrutent le plus

Quels sont donc ces métiers sur lesquels les industriels de l'aéronautique doivent recruter le plus ? 

- les métiers Recherche & Développement - Conception
Ce sont les techniciens et ingénieurs qui conçoivent en amont dans les bureaux d'études les systèmes qui entreront demain dans la fabrication d'un avion, un hélicoptère, un missile, un drone, un satellite... L'enjeu est de concevoir des aéronefs sûrs et fiables, mais aussi économiques et écologiques, un vrai défi qui exige de plus en plus de compétences : en informatique, électronique, acoustique, intelligence artificielle, aérodynamique...

Exemples de métiers : Technicien conception électronique, Technicien conception mécanique, Ingénieur développement logiciel, Ingénieur recherche et développement, structure, Ingénieur d’études Intelligence Artificielle, Architecte intégrateur systèmes...

Le niveau de formation va de bac+2/3 pour les techniciens à bac+5/8 pour les ingénieurs et chercheurs. C'est l'une des trois familles de métiers les plus recherchés vu les enjeux.

- Les métiers de la production - Fabrication
Encore une famille de métiers en tension car les industriels ont engrangé tant de commandes, qu'ils doivent faire tourner les chaînes de production. C'est là qu'on recrute le plus d'opérateurs et de techniciens à niveau bac, mais avec des qualifications très précises. Il est par exemple impératif de lire l'anglais technique et d'avoir un CAP ou un bac professionnel bien précis comme le bac pro aéronautique option structures.

L'alternance est très développée et des formations peuvent être proposées aux jeunes adultes.

Exemple de métiers : ajusteur monteur cellule, chaudronnier aéronautique, mécanicien sur équipements aéronautiques, monteur-câbleur, peintre aéronautique, stratifieur-drapeur, technicien méthodes, technicien usinage - fabrication 3D, responsable d’unité de production, ingénieur industrialisation...

- Les métiers de la maintenance - réparation 
C'est là qu'on trouve les mécaniciens, mais avec de multiples spécialités : mécanicien avion, mécanicien avionique, mécanicien révision moteur, technicien en réparation moteur, technicien en réparation électronique...

L'augmentation du nombre d'avions en service, le durcissement des normes et la recherche de sécurité donnent de plus en plus de travail à ces professionnels qui doivent avoir des compétences techniques et des certifications bien précises.

Pour être "mécanicien avion" par exemple, il faut un bac pro aéronautique option systèmes et une mention complémentaire aéronautique option avions moteurs à turbines, donc au moins un niveau bac+1 et pour pouvoir réparer des avions en service, il faut trois ans de pratique professionnelle. 
Les  recrutements se font au niveau européen.

Les écoles d'ingénieurs aéronautiques superstars

Les chiffres de l'emploi et des recrutements pointent les gros besoins d'ingénieurs aéronautiques, d'autant que la course à l'innovation technologique s'intensifie en cybersécurité, en data sciences, machine learning et intelligence artificielle.

Les écoles d'ingénieurs ont donc le vent en poupe alors qu'elles sont moins d'une dizaine à proposer un diplôme d'ingénieur en aéronautique :
- l'ISAE-Supaero,  l'Ecole de l'Air, l'Enac, ENSMA et Supméca sont accessibles après les CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles) ;
- l'Ipsa, l'Estaca et l'Elisa Aerospace sont accessibles sur concours postbac. 

Six de ces écoles font partie du groupe ISAE : Supaéro, Ecole de l'Air, ENSMA, Supméca et Estaca (le nom de chaque école est donc désormais précédé du terme "ISAE", par exemple ISAE-Estaca ou ISAE-Ensma). Les étudiants ont ainsi la possibilité d'aller faire des spécialisations dans l'une ou l'autre. La marque ISAE leur donne une plus grande visibilité à l'international.

Chaque école garde cependant ses spécialités.  Ainsi l'Enac prépare davantage aux métiers du transport aérien et de la réglementation qu'à ceux de l'industrie. L'Estaca est une école des transports, avec une branche aéronautique, une automobile et une ferroviaire, ce qui la rend sensible aux nouvelles problématiques de la mobilité. L'IPSA se positionne sur les technologies de l'aéronautique et du spatial. Supméca (dernière entrée dans le groupe ISAE) est centrée sur la conception mécanique.

Point commun à toutes ces écoles : les débouchés sont excellents et en croissance constante. 


Deux nouveaux campus sur Bordeaux

Ludovic Busson, président de l'ESTACA et le président de la région Nouvelle-Aquitaine.
Ludovic Busson, président de l'ESTACA et le président de la région Nouvelle-Aquitaine.
Pour preuve, deux de ces écoles ont profité du salon du Bourget pour annoncer l'ouverture d'un nouveau campus : l'ESTACA, déjà présente à Laval et en région parisienne, va ouvrir un troisième campus à Bordeaux en 2021 pour accueillir 700 étudiants de plus.

"L’ESTACA est sur une très bonne dynamique avec un recrutement qui ne cesse de croître et des résultats exceptionnels sur le plan de l’insertion professionnelle de nos jeunes ingénieurs. 90% trouvent un emploi avant l’obtention de leur diplôme et un étudiant sur deux est embauché au sein de l’entreprise dans laquelle il a effectué son stage", explique Ludovic Busson, président de l'ESTACA.

ELISA Aerospace annonce aussi l'ouverture d'un nouveau campus à Bordeaux, d'une capacité de 600 élèves, en remplacement de locaux temporaires.



Rédigé par le Jeudi 20 Juin 2019 modifié le Lundi 1 Juillet 2019

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