Prendre des responsabilités : ça vous fait peur ?



Prendre des responsabilités, c'est s'engager, choisir, décider... et cela fait souvent peur. Au point que l'on préfère se laisser porter par les autres ou remettre à demain. Pourtant ce sont bien les responsabilités, grandes ou petites, qui nous font avancer dans la vie. Alors, comment plonger sans paniquer ? Enquête.




Prendre des responsabilités : ça vous fait peur ?
"Pour moi, m'engager et prendre des responsabilités, dit Thomas, c'est miser sur le temps et la durée, c'est cela qui me fait peur. Je préfère vivre cool au jour le jour, sans me projeter dans un avenir incertain sur lequel je n'ai pas de prise."

"C'est surtout l'idée des efforts à faire qui me fait peur, exprime de son côté Isabelle. Je me lance tête baissée dans une activité mais devant la moindre difficulté, j'abandonne, je ne persévère pas. Alors je préfère ne prendre aucune responsabilité, c'est plus sûr !"

"J'ai l'impression de ne pas être fini"

Pourtant tous les jeunes réunis pour préparer cet article ont été catégoriques : celui qui ne prend pas de responsabilités manque de quelque chose de solide, d'un but qui épanouisse, une grande cause qui fasse vivre : "J'ai l'impression de ne pas être totalement moi-même, de ne pas être fini..." a même expliqué Antoine !

Conclusion du groupe : faire l'autruche en fuyant les responsabilités empêche de construire du solide. Cela ne me permet pas de m'accomplir totalement, et au final, d'être heureux. Mais alors, comme sortir la tête de l'eau et déployer ses ailes ?

Pour prendre des responsabilité, trouvez un but qui vous motive

Première piste : les peurs le plus couramment citées - et qui empêchent de se lancer - s'effacent progressivement devant un but qui motive. Ainsi un sportif qui veut s'accomplir dans son sport et vise une médaille devient capable de faire des efforts surhumains pour l'atteindre. Un artiste qui veut se réaliser va montrer une persévérance hors du commun dans son travail quotidien.

Nous ne sommes pas tous appelés à prendre les mêmes responsabilités dans la vie, mais nous avons tous des projets qui nous motivent, des passions qui nous habitent. Féru d'informatique, Philippe rêve de créer sa start-up. Clara est fan de photos, Julio s'éclate comme animateur de colos.

Commencez donc par vous engager sur ces terrains qui vous plaisent : fixez-vous de petits objectifs et commencez à les mettre en oeuvre. Vous verrez : vous allez vite prendre de "petites" responsabilités avec plaisir.

S'engager avec d'autres, c'est plus facile

Prendre des responsabilités : ça vous fait peur ?
Prendre des responsabilités est aussi beaucoup plus simple quand on les partage avec d'autres : amis d'école, copains étudiants... Le partage avec des proches va d'ailleurs aussi nous aider à persévérer dans notre engagement.

Alors n'hésitons pas à nous engager dans des groupes... où l'on vit souvent en prime de belles amitiés. "Dans notre groupe, on fait beaucoup de choses ensemble, on participe au Téléthon, raconte Mallory, 16 ans, à la section jeunes de la Croix-Rouge dans la Drôme.

Emmanuel, 17 ans, a constitué avec d'autres jeunes un groupe Unicef dans son lycée pour sensibiliser sur le droit des enfants : ventes de gâteaux, interventions dans les classes, organisation de débats, rédaction d'un mini-journal... "Le fait d'organiser toutes ces actions avec eux m'a fait vivre une grande expérience humaine", dit-il.

Des responsabilités dès le lycée et la vie étudiante

Dès le lycée, justement, vous pouvez prendre des responsabilités qui vous aident à sortir de votre coquille et à vous tourner vers les autres : dès le collège, on peut être délégué de classe, et au lycée, entrer au conseil des délégués pour la vie lycéenne (CVL) pour représenter les élèves des personnels et des parents d'élèves. Nous nous souvenons tous de l'action efficace d'un délégué qui a su un jour défendre un camarade fragile.

Après le bac, de plus en plus d'écoles développent une pédagogie "active" : les étudiants peuvent s'investir par exemple dans des junior-entreprises où ils réalisent de vraies missions professionnelles rémunérées pour des clients. A moins qu'ils choisissent de s'engager dans des "assos" de toutes sortes : diriger la communication du bureau des élèves, faire un guide de bonnes adresses pour aider les copains, monter des actions humanitaires ou créer une association d'entrepreneuriat social étudiant Enactus.

"Ma recherche de sponsors pour le raid 4L Trophy et l'association qu'il a fallu monter m'ont appris plus de choses sur l'entrepreneuriat que mes enseignements classiques", témoigne Thibaud, étudiant en école de commerce.

Des responsabilités dans mon job, en entreprise

Prendre des responsabilités : ça vous fait peur ?
Dès que vous arrivez en entreprise, les recruteurs ne s'y trompent pas. Vous voulez "avoir" des responsabilités, gérer de gros budgets, manager des équipes, et vous expliquez bien sûr en entretien d'embauche que vous avez tous les talents pour le faire.

Sachez que vous n'échapperez pas à LA question : "Quelles responsabilités avez-vous déjà exercées ?"  Les recruteurs savent en effet que celui qui a commencé à prendre des responsabilités dans son adolescence a souvent appris à organiser, animer des réunions, travailler en équipe, coordonner, trouver des solutions dans la difficulté, persévérer dans l'échec. C'est pourquoi ils apprécient toutes les activités extraprofessionnelles et les engagements mentionnés en bas d'un CV : associations, humanitaire, responsabilité d'un club sportif, scoutisme...

Dans la vie professionnelle, vous découvrez vite d'ailleurs "qu'avoir des responsabilités" n'est pas qu'un privilège qui vous fait grimper dans la hiérarchie, mais un service qui exige une éthique et des efforts.

Des responsabilités au service des autres

Oze, un journal du mouverment Scouts de France
Oze, un journal du mouverment Scouts de France
Ainsi Charles, 21 ans, raconte sur le blog "Chef scout, pourquoi pas toi ?" comment il est devenu chef scout à 18 ans. Un engagement très formateur puisque la pédagogie du scoutisme consiste à confier à des jeunes la responsabilité d'autres jeunes de tranche d'âge inférieure : "devenir animateur chez les scouts m'aura appris à donner un sens à ce que je fais, dit-il, à savoir comment je veux avancer ou faire avancer, comment je veux grandir et m'épanouir via ce que je fais. J'y ai appris à avoir confiance en moi, à partager mes connaissances..."

Il faut lire sur le blog la façon dont les jeunes chefs affrontent un orage lors d'un camp et dont Charles vit son "engagement scout" : "Je m'engageais pour mes jeunes, avec toutes les qualités mais aussi leurs défauts, pour qu'ils deviennent encore meilleurs qu'ils ne sont à l’heure actuelle".

Ces responsabilités au service des autres sont d'autant plus enrichissantes qu'elles nous permettent d'apporter notre pierre à ce monde. Dans des associations, un service civique, des mouvements, dans la cité...

Et même en politique !

En 2012, nous faisions le portrait de Maxime Verner, ce jeune homme modéré qui s'est présenté aux présidentielles. Il fait toujours de la politique, envers et contre tout : "il est vital, assure-t-il, de convaincre les jeunes de se mettre en action".

Dans son célèbre essai publié en 2010, le vieux résistant Stéphane Hessel disait aux jeunes: "Regardez autour de vous, vous y trouverez les thèmes qui justifient votre indignation - le traitement fait aux immigrés, aux sans-papiers, aux roms. Vous trouverez des situations concrètes qui vous amènent à donner cours à une action citoyenne forte. Cherchez et vous trouverez ! Indignez-vous !"

Prendre mes responsabilités pour m'assumer au quotidien

Mais que ceux qui ne sentent pas faits pour de "grands" engagements se rassurent. Savoir prendre des responsabilités, entre 18 et 25 ans, c'est aussi quitter le domicile de ses parents en temps voulu.

C'est apprendre peu à peu à gérer sa vie quotidienne, ses repas (et la contrainte des courses en temps et heure), son linge (sans transformer sa garde-robe en haillons décolorés), ses papiers administratifs (classement indispensable si on ne veut pas passer un week-end à chercher un papier!), l'entretien incontournable de son logement (une vraie corvée repoussée sans cesse mais qui aide à ma propre prise en charge), l'équilibre de son budget (stratégique si on veut vraiment être indépendant!), etc. 

Tout cela implique des contraintes nouvelles, mais qui permettent de sortir de l'adolescence pour entrer dans la vie adulte. Pour vous motiver, dites-vous que ceux qui savent assumer tout cela sont d'autant plus appréciés par leur entourage !

Prendre des responsabilités en amour, en couple

Là encore, on se marie de plus en plus tard. La faute, dit-on, aux études longues, à la vie chez les parents qui se prolonge, à la mobilité imposée par les stages ou les séjours à l'étranger... mais pas seulement.

"J'ai une amie depuis 4 ans, explique Baptiste, je m'entends bien avec elle, on passe de super moments, je n'imagine pas la vie sans elle mais je n'arrive pas non plus à envisager de m'engager... ça me fait peur ! Si ça ne durait pas ?" Baptiste reconnaît qu'il n'ose pas discuter avec son amie d'un éventuel engagement.

Pourtant, en matière amoureuse, la politique de l'autruche est rarement heureuse.  "La sagesse, disait Oscar Wilde, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit." Vous avez le rêve de bâtir un couple durable et une famille ? Alors, parlez-en, dialoguez en profondeur, vérifiez que vous êtes sur la même longueur d'ondes et si oui, avancez !

"Il est nécessaire de commencer par l'itinéraire qui mènera à une véritable décision, celle de se marier et de se marier avec une personne précise, qui a elle-même son histoire. Ce moment de la décision est indispensable", écrivent Cédric Burgun, prêtre, et Bénédicte Lucereau, conseillère conjugale dans leur livre "Et si on se mariait ?. "Or, bien souvent, c'est difficilement repérable dans l’histoire d'amour des couples, constatent-ils. Comme si, au fond, la responsabilité de faire un véritable choix avait voulu être évitée."

Prendre la responsabilité... d'un enfant

Prendre des responsabilités : ça vous fait peur ?
Enfin, n'est-ce pas le sommet de la prise de responsabilité : donner la vie, assumer la mission de parent, devenir responsable du bien-être d'un enfant, de son éducation, de son épanouissement... Cela paraît tellement grand qu'on en a le vertige, au point de repousser ce projet ou de paniquer souvent quand "ça arrive".

"J'ai déjà du mal à me responsabiliser moi-même, avoue Hugo, comment pourrais-je prendre en charge la vie de ce bébé, surtout qu'elle va dépendre de moi, de nous, pendant de longues années !" 
"Pour prendre cette décision, pense Anne, il faut réfléchir à tout : qu'est-ce qu'un bébé, les joies, les bouleversements, les aides que nous avons la chance d'avoir dans notre pays."

Oser faire confiance à la vie elle-même

Fort bien, mais admettons que les conditions "idéales" risquent de ne jamais être rassemblées et que là encore, il nous faudra toujours oser et faire confiance à la vie elle-même, à nos capacités insoupçonnées d'aimer, de nous adapter, et de grandir ainsi au fil d'événements souvent imprévisibles.

C'est le témoignage d'Anne, enceinte à 26 ans et qui a choisi d'accueillir son enfant alors qu'elle était étudiante : "Quand je regarde ma petite fille, confie Anne, j’ai l’impression d'être la plus heureuse de toutes les mamans du monde ; tous les soirs je m'émerveille de ce cadeau qui m’a été fait... Un bébé est un rayon de soleil quotidien. Il apporte souvent beaucoup dans les difficultés."

Pour aller plus loin....

Et si j'osais réfléchir encore un peu plus loin ? Que vais-je faire de ma vie ? C'est cette question clé, finalement, qui peut nous aider à bâtir un projet d'avenir motivant. Et à prendre les responsabilités qui y mènent.

Bien sûr, faire certains choix demandent d'en éliminer d'autres - choisir, c'est toujours "privilégier" et donc éliminer. Mais prendre des responsabilités qui ont du sens pour nous permet de prendre sa vie en main, de tracer sa route, de forger sa personnalité... Même si toutes nos entreprises ne sont pas réussies, c'est bien ce qui conduit à réussir sa vie, non ?

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Lundi 22 Septembre 2014

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