Junior-entreprises : pour les étudiants qui ont soif d'entreprendre



Implantées au sein des écoles et des universités, leur succès est grandissant : les junior-entreprises, véritables petites sociétés aux prestations payantes très prisées, permettent aux étudiants de ne pas attendre d’être diplômés pour mettre un pied dans le monde professionnel.




Les junior-entrepreneurs de l'ESME Sudria, école d'ingénieurs généraliste du groupe Ionis.
Les junior-entrepreneurs de l'ESME Sudria, école d'ingénieurs généraliste du groupe Ionis.
"Nous avons lancé l'idée d'une junior-entreprise fin 2010, raconte Jonathan Fussner, cofondateur de ReacTIC, association née au sein de l'école Supinfo de Strasbourg où il étudie l'informatique. Nous désirions enrichir notre cursus." Nouvelle arrivée dans le paysage estudiantin français, ReacTIC devrait être officiellement agréée dans un an par la Confédération nationale des junior-entreprises, l'association qui fédère toutes ces initiatives.

En France, l’aventure a commencé en 1967, au sein de l'Essec, prestigieuse école de commerce. Depuis, l'idée a fait mouche : on compte aujourd'hui plus de 160 junior-entreprises, associations loi 1901, implantées aussi bien dans les universités que dans les écoles de commerce ou d'ingénieurs.

Leur principe : entièrement gérées par des étudiants, elles fonctionnent sur le modèle des cabinets de conseil, proposant aux entreprises ou administrations des services payants. Etudes de marché, développements d’applications et de sites Internet, audits et autres missions font le quotidien des junior-entrepreneurs. La rémunération des étudiants se calcule en "jour étude homme", selon la durée nécessaire à la réalisation de la mission. Ce concept d’expertise, à moindre coût, plait aux entreprises.

Une expérience supplémentaire pour son CV

Association à vocation économique et pédagogique, une junior-entreprise se doit de proposer des services en lien avec les domaines de compétences de son établissement. A ProG’HEI, junior-entreprise d’HEI, école d’ingénieur de Lille, toutes les filières enseignées sont représentées : BTP, informatique mécanique, énergétique, chimie, textile… "Dans chacun des domaines, nos juniors-entrepreneurs conduisent en équipe les projets qui nous sont confiés", explique William Sala, président de ProG’HEI.

La trentaine de membres de l’association, épaulés par d’autres étudiants de l’école sélectionnés spécifiquement pour chaque mission, travaillent aussi bien pour des auto-entrepreneurs que pour des PME ou des grands groupes. "Notre objectif est le développement personnel de l’étudiant, affirme William Sala. Chacun arrive à la junior avec un but : améliorer son aisance à l’oral, vivre des expériences concrètes, mieux connaître le monde de l’entreprise ou encore se démarquer sur son CV."

"Mon expérience à la Junior Sudria m'a fait acquérir davantage de rigueur et du professionnalisme, témoigne Pierre-Aymeric, étudiant à ESME Sudria, autre école d'ingénieur. J'ai encaissé des coups mais j'ai intégré et mis en pratique des notions de droit, de trésorerie et de ressources humaines et j'ai développé plus d'aisance à l'oral".

Mettre en valeur les compétences de chaque étudiant

La Junior de l'Isep, école d'ingé spécialisée dans les nouvelles technologies.
La Junior de l'Isep, école d'ingé spécialisée dans les nouvelles technologies.
A l'Isep, Institut supérieur d’électronique de Paris, la campagne de recrutement de Junior Isep, courant septembre, est très prisée. Il faut dire que l’association, décorée par plusieurs prix d’excellence au sein de la CNJE, figure parmi les meilleures junior-entreprises de France. Locaux design, costumes-cravate et tailleurs : l’attitude est professionnelle, et la pratique aguerrie par les expériences passées des anciens de Junior Isep. 

Chefs de projets et collaborateurs sont choisis selon leurs compétences, afin de satisfaire au mieux les attentes des clients. "Junior Isep est certifiée ISO 9001, comme une véritable entreprise, un cadre juridique qui garantit la qualité de nos prestations", détaille Sébastien Bortenlänger, son président. Tout étudiant de l’Isep qui adhère à la junior-entreprise peut aussi assister aux formations dispensées, en supplément des cours, par l’association. Objectif: être le mieux paré possible avant l'arrivée sur le marché du travail.

Entreprendre en université, un pari réussi

L'esprit entrepreneurial souffle aussi à l'université : depuis la signature d'un partenariat entre la CNJE, les ministères de l'Enseignement supérieur et de l'Economie en novembre 2010, une trentaine de junior-entreprises ont fleuri au sein des universités. 

Sorbonne Junior Conseil, association dépendant de Paris-I Panthéon-Sorbonne, permet ainsi de compléter l'enseignement théorique reçu par une expérience pratique. L’occasion pour les étudiants de développer une expertise professionnelle dans leur domaine de compétences. "Sorbonne Junior Conseil, c’est un groupe d'étudiants, qui, par leur audace et leur créativité, avancent des propositions innovantes", résume Kevin Lognoné, étudiant à l’école de droit de la Sorbonne et responsable du pôle communication de la junior-entreprise.
 
"Les matières enseignées à la Sorbonne sont une plus-value, assure Kevin Lognoné. Elles nous permettent d’offrir, dans les domaines de la communication ou des relations publiques, des compétences fines." Linguistes, philosophes, littéraires et historiens n'ont donc plus rien à envier aux financiers et aux informaticiens. Alors, si vous avez soif d'entreprendre, lancez-vous, créez votre Junior...

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Vendredi 7 Juin 2013

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