Jeunes entrepreneurs sociaux : ils veulent changer le monde



Ils ont moins de 30 ans et se lancent dans l'aventure de l'économie sociale et solidaire. Lors d'une soirée "Youth we can", de jeunes entrepreneurs ont présenté l'activité qu'ils ont lancée... Qu'importe les difficultés, à leur échelle, ils veulent changer le monde !




Une affiche des soirées dédiées aux jeunes entrepreneurs sociaux
Une affiche des soirées dédiées aux jeunes entrepreneurs sociaux
Convergence de plusieurs réseaux de jeunes entrepreneurs sociaux, les soirées "Youth we can" méritent bien leur nom. On y croise une foule de créateurs de jeunes pousses toutes plus vertes les unes que les autres, d'étudiants déjà fondateurs de starts-ups et de jeunes pros en quête d'un projet porteur de sens... Point commun : ici on ne veut pas seulement rêver mais concrétiser les rêves d'un monde plus juste, plus vert, plus innovant.

A 26 ans à peine, Léo Bonnin vient porter les couleurs (facilement devinables) de Green-box, une "agence de communication responsable" qu'il a créée avec deux copains en 2009. "A l'époque, nous étions encore étudiants en communication, raconte-t-il. On a voulu utiliser nos compétences pour accompagner les entreprises dans leur démarche de développement durable."

Léo : une agence de com très verte

Léo Bonnin, l'un des trois fondateurs de Green-Box
Léo Bonnin, l'un des trois fondateurs de Green-Box
Un investissement modeste, 1000 euros chacun, trois PC, un peu de matériel et comme dit Léo "un peu de débrouillardise, un peu de contacts et beaucoup d'envie" ont permis à la jeune pousse de monter en graine.
Trois ans plus tard, le téléphone sonne tous les jours et de grosses entreprises comme Auchan ou La Poste ont confié des projets à l'agence verte. Les trois copains sont toujours là, heureux d'avoir passé le cap des débuts. "On a déjà créé notre propre emploi et l'objectif à cinq ans est de pouvoir grossir pour être six, explique Léo.

Mais la satisfaction est aussi ailleurs : "On essaye de contribuer à notre niveau à bâtir un monde meilleur pour nous et nos enfants, on aide les entreprises à voir les choses différemment". Pas de rêves de grandeur, mais un désir de rester cohérents, fidèles au "développement durable" qu'ils cherchent à promouvoir : "on veille nous-mêmes à travailler de façon responsable et à faire de la qualité, car sinon ça ne sert à rien", explique Léo. D'ailleurs, c'est dans la pépinière d'entreprises de Dole, dans le Jura, que Green-box est plantée parce que "travailler là-bas dans une zone rurale faisait partie du projet".

Maëva : la bonne fée de l'innovation sociale à l'ESCP Europe

Maëva Tordo, responsable des incubateurs à l'ESCP Europe
Maëva Tordo, responsable des incubateurs à l'ESCP Europe
Maëva, elle, est un peu la bonne fée qui veille sur les berceaux des futurs managers qui se forment dans une des plus grandes business-school françaises. ESCP Europe lui a en effet confié la direction des incubateurs d'entreprises Blue Factory sur ses trois campus européens de Paris, Madrid et Berlin.

La grande école y admet les étudiants porteurs de projets de start-up et Maëva leur communique... le goût de l'innovation sociale. Avec elle, pas question de s'en tenir aux business-plan en or et au management de papa. La solidarité est aussi au programme.

Elle-même sort de l'ESCP mais sa fibre sociale remonte à l'enfance : "J'ai beaucoup voyagé avec mon père qui était chercheur en biologie moléculaire et quand j'ai vu les inégalités dans le monde, ça a fait tilt". "Après une classe prépa littéraire, je me suis dit que pour rééquilibrer ce monde, ce n'était pas mal de faire une école de commerce".

Change-it-yourself, Do-it-yourself !

En fin de première année, elle fait un stage au Sénégal avec Entrepreneurs sans frontières et lit le livre du prix Nobel Mohammad Yunus, le fondateur du micro-crédit. Elle attrape le virus de l'économie sociale et solidaire, rencontre les responsables de la chaire d'entrepreneuriat de l'école qui lui confient l'animation de la Blue Factory.

Depuis, elle n'arrête pas d'encourager les étudiants à penser l'économie autrement, à diffuser les bonnes idées avec l'association The-Noise, elle lance des "bulles d'innovation" et développe une "boite à outils". "Par exemple on a créé le change-it-yourself, explique-t-elle. On fait réfléchir les étudiants à ce qu'il faudrait changer selon eux... et on les pousse à trouver des moyens pour le faire". Car pour Maeva, le premier pas est souvent d'oser imaginer faire les choses autrement.

Gwendal : les vêtements Khadi fabriqués à la main en Inde

Gwendal Rozier, dans une chemise Khadi
Gwendal Rozier, dans une chemise Khadi
Gwendal Rozier, lui, a trouvé son inspiration... auprès de Gandhi, l'apôtre de la non-violence qui avait invité tous les Indiens à fabriquer eux-mêmes leurs vêtements pour échapper à la domination économique du textile britannique et sortir le peuple indien de la misère.

Dès sa deuxième année d'école de commerce, il part avec un ami en Inde pour créer une activité de fabrication de vêtements à vocation sociale. Il leur faut rester six mois sur place et essuyer nombre de déboires pour fonder l'Ecosolution Khadi grâce au soutien du Programme Enactus, ONG internationale qui accompagne des étudiants dans leurs projets d'entrepreneuriat social : "Les vêtements Khadi sont entièrement fabriqués à la main par trois femmes de la façon la plus écologique qui soit", explique Gwendal.

Aujourd'hui les vêtements Khadi sont vendus par quelques boutiques, et même si la commercialisation plus large via un site web est encore dans les cartons, Gwendal transmettrait son enthousiasme à des armées entières. "Malgré les difficultés, pour moi, ça a été une façon de concrétiser l'amour fraternel, n'hésite-t-il pas à dire. Alors, allons-y, n'ayons pas peur de mouiller le maillot !"

Thomas : une agence de nettoyage de voitures sans eau

Une chose est sûre : au pays des entrepreneurs sociaux, il y en a pour tous les goûts. Et même pour ceux qui n'ont pas d'idée particulière mais se verrait bien partager la bonne idée d'un autre.

C'est le cas de Thomas Buffard, qui a ouvert à Dijon une agence de nettoyage automobile Sineo : cette solution écologique permet de laver les voitures sans eau et uniquement à base de produits respectueux de l'environnement. "Nous sommes aussi entreprise d'insertion, précise Thomas. Grâce à un conventionnement avec l'Etat, nous salarions des chômeurs longue durée et les accompagnons durant 24 mois maximum vers un autre emploi : 70% de nos anciens salariés ont ainsi retrouvé un emploi ou une formation qualifiante".

Avec Sineo, on peut donc marier l'écologie et la dimension sociale. Le concept peut être exploité en franchise par des entrepreneurs indépendants, soucieux là encore de changer le monde à leur niveau. Alors pourquoi pas vous ?

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26 Novembre 2013

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