Consommer autrement, ça fait du bien



Débrouille, troc, partage, récup, recyclage... Aujourd'hui les solutions se multiplient pour nous permettre de dépenser moins et de réduire les gaspillages. Des plans malins qui font du bien à nos budgets, à la planète, mais nous poussent aussi à partager davantage avec les autres. Et ça aussi ça fait du bien !






Consommer autrement, ça fait du bien
Un jour, peut-être, nous bénirons la crise qui a fait flamber les prix du logement, ceux des carburants et des billets de train... Elle nous a en effet poussés à inventer d'autres façon de nous loger, de nous déplacer, de consommer, et au final de vivre...

Dans le monde étudiant, la colocation s'est imposée, puis le covoiturage a conquis tous ceux qui voyagent seul... La découverte de nos gaspillages et de leurs conséquences pour l'environnement a enfoncé le clou. Pourquoi dépenser tant d'argent pour des produits ou des services si vite consommés, jetés, oubliés ? Surtout si le système ne permet même pas aux petits producteurs de vivre de leur travail et fait grandir la pauvreté.

Heureusement, l'économie sociale et solidaire a prouvé qu'on pouvait consommer et vivre autrement. Trois pistes s'ouvrent à nous pour mieux gérer notre budget mais aussi avancer vers un monde plus humain...

1/ Dépenser moins, partager et échanger plus

L'idée : plutôt que de tout acheter à prix fort dans son coin, pourquoi ne pas partager davantage avec ses voisins ou d'autres personnes qui ont le même besoin ? Pourquoi, même, ne pas s'entraider davantage : pour déménager, pour découvrir un logiciel, dépanner sa voiture... Pourquoi ne pas laisser l'argent de côté (tant mieux, car on en manque) et ré-apprendre à échanger, à troquer... Pourquoi ne pas s'organiser en réseau (grâce au web, c'est simple) et grouper ses besoins, puis se rapprocher de petits producteurs...

Les pistes :
- transports : si les grands sites de covoiturage sont déjà très connus, de petits nouveaux se spécialisent : buzzcar.fr fait de la location de voitures entre particuliers, Carnomise, de la location entre particuliers à partir d'aéroports (Paris Orly et Paris Beauvais pour commencer). Au quotidien, pour aller au boulot ou à la fac, l'association Voiture & Co peut vous aider à trouver des moyens de transports doux (vélos, vélos électriques, véhicules électriques partagés) ou à organiser un covoiturage dans votre région.

- Déménagement : la startup Des bras en plus a lancé le "déménagement participatif" et ça marche ! Le concept : vous pouvez mixer des copains qui viennent donner un coup de main et l'entreprise qui vous facture seulement "des bras en plus". Solution de génie pour l'étudiante qui ne veut pas imposer à ses colocs le déménagement de son armoire en chêne ou son piano.

Photo : bricolib.net
Photo : bricolib.net
- Bricolage : vous pouvez louer des outils entre particuliers avec bricolib.net ou trouver dans votre coin un "SEL" ou Services d'échanges local : il s'agit d'un groupe de personnes qui décident d'échanger gratuitement entre elles des services : une heure d'initiation informatique contre une heure de bricolage pour fixer vos tringles de rideaux par exemple. La liste des Sel est sur selidaire.org

- Logement : la colocation est banale mais saviez-vous que la sous-location peut être pratiquée en toute légalité grâce à e-sublet.fr créée par un étudiant ? Pas de machine à laver ? voir sur lamachineduvoisin.fr,

- Fringues, mode : c'est le domaine où le troc marche le mieux avec le succès de Troc Vestiaire, site créé par une "modeuse" dont les armoires débordaient et qui n'avait jamais rien à se mettre. Pourquoi ne pas échanger votre petite robe noire de l'an dernier contre une jupe plus tendance ?

- Cadeaux, divers : là aussi, le troc marche à fond avec pretachanger.fr une plateforme lancée en 2010 par un étudiant de Grenoble Ecole de management qui avait fait son mémoire de fin d'études sur le troc. Nouveau : pretachanger.fr veut développer le troc de cadeaux de Noël, pour déculpabiliser tous ceux qui hésitent à revendre le cadeau de leur grand-mère ou de leur chéri...

Consommer autrement, ça fait du bien
- Alimentation : la tendance est aux "circuits courts", des réseaux rapprochant les consommateurs des producteurs de leur région. Vous pouvez pratiquer les cueillettes ou ventes à la ferme, ou bien vous rapprocher d'une Amap (association pour le maintien de l'agriculture paysanne) en cherchant l'adresse la plus proche sur www.reseau-amap.org ;  A Paris, l'association Marché sur l'eau livre directement les fruits et légumes de Seine-et-Marne en péniche sur les quais du canal de l'Ourcq.

- Savoir, formation : le e-learning vous permet d'accéder à des cours gratuits comme sur OpenClassrooms.com (ex site du zéro), qui diffuse des cours d'informatique, ou à des échanges de cours particuliers sur LearningShelter.com. Bientôt les universités mettront en ligne des MOOC, cours ouverts à tous et reliant des communautés d'apprenants sur la grande plateforme nationale de France Université Numérique (FUN).

Les bienfaits : Non seulement vous dépensez moins d'argent ou vous pouvez accéder à des produits que nous n'auriez pu vous payer, mais vous créez de nouveaux liens : le partage, même pour des services matériels, est forcément porteur de chaleur humaine. Vous faites des rencontres improbables, vous êtes moins seul(e), vous apprenez un peu de solidarité, vous avez le plaisir de rendre service, de donner et de recevoir. Et puis, vous découvrez que la jouissance d'un bien ne dépend pas forcément de son prix élevé, et que la sobriété peut même vous procurer du bonheur...

2/ Recycler, récupérer, réparer

L'idée : Plutôt que de jeter sans discernement, pourquoi ne pas réparer nous-mêmes ces petits objets du quotidien ? Là encore, c'est une façon de limiter les dépenses et d'éviter de se faire piéger par les fabricants qui programment des produits "à durée de vie limitée". Récupérer peut aussi permettre de détourner des produits, de créer des objets de déco, ou de donner des objets usagés à ceux qui sont vraiment dans le besoin.


Consommer autrement, ça fait du bien
- réparation d'objets cassés : les Repair Cafés, ateliers où l'on répare ses cafetières, jouets, imprimantes, chaises défoncées, vêtements endommagés, se multiplient en France (trouver le vôtre sur le site www.repaircafe.fr) Le principe repose là encore sur l'échange de compétences. Vous apportez votre objet, vous trouvez sur place les outils pour réparer, et surtout les experts (électriciens, couturières, mécaniciens et bricoleurs) qui vont vous montrer comment faire.

- vélos : en Ile-de-France, l'association Cyclofficine met à disposition le matériel et l'aide pour vous apprendre à réparer vous-même votre vélo. Des universités ont aussi leur atelier. L'Heureux Cyclage est un réseau d'ateliers de réparation de vélos participatifs et solidaires.

- vêtements : selon les régions, il existe des boutiques ou des ateliers Mod'Récup et sinon, pensez à donner vos vieux vêtements directement aux vestiaires d'associations comme le Secours catholique ou le Secours populaire : ils iront à des personnes qui en manquent alors que ceux mis dans les containers des villes sont totalement recyclés.

- recyclage d'objets et de déchets : vous connaissez déjà le tri quotidien d'ordures ménagères, proposé par votre commune, et la déchetterie, mais connaissez-vous les ressourceries ? Il en existe près d'une centaine en France (www.ressourcerie.fr), encadrées par une association. La ressourcerie collecte les encombrants, elles les répare ou les transforme en nouveaux objets qu'elle revend dans des magasins.

Vidéo : une ressourcerie dans l'Essonne


Les bienfaits : Vous dépensez moins là encore, mais surtout vous évitez de polluer les sols et les décharges avec du matériel ou des métaux. Beaucoup de ces initiatives ont encore un aspect "solidaire" : pour apprendre à réparer, on échange, on transmet, on s'entraide. Sur le plan personnel, cela peut vous permettre d'apprendre (un peu) à bricoler, à coudre, à réparer ce qui est très utile mais surtout très satisfaisant.
Et dans certains cas, vous aidez des personnes en difficulté en leur donnant ou en leur vendant des produits utiles et peu chers.

3/ Acheter responsable

L'idée : Par un simple acte d'achat, on peut dire son adhésion et marquer sa préférence pour une marque du commerce "équitable" qui veille à ce que les ouvriers, les paysans et les producteurs locaux soit bien rémunérés. Acheter un peu plus cher peut alors se révéler plus éthique, et donner du sens à ces actes de consommation quotidiens que nous faisons souvent sans réfléchir. Idem pour des produits respectant l'environnement.
Autre piste, plus délicate car très personnelle : veiller à être sobre, penser à acheter durant les soldes et toujours se demander au moment d'un achat : en ai-je vraiment besoin ou pourrais-je me le procurer autrement ?

- Achats : regarder les étiquettes "commerce équitable", "fibres naturelle" et  les "eurolabels européens" pour consommer durable
- Budget : Faites un budget mensuel et tâchez de vous y tenir. Evitez les achats coups de tête de façon à éviter de vous faire influencer par une publicité ou un effet de mode. "Gardez toujours une part pour le don, même si vous gagnez peu ou que vous êtes encore étudiant", conseille un spécialiste de la gestion de budget
- Alimentation : Suivez tous nos conseils pour bien manger à petits prix
- Fringues, affaires perso : Rangez vos affaires régulièrement ! Cela vous permettra de trier ce que vous ne voulez (pouvez) plus mettre, de repérer ce qui peut être donné, recyclé ou troquer; et de retrouver des trésors oubliés. Une façon simple de consommer responsable.

Avec tout ça, Ma vie à deux balles, c'est possible


Mardi 17 Décembre 2013

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