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Faut-il encore avoir peur du bizutage ?Fini le bizutage ? Oui si l'on en croit la loi qui l'interdit depuis 1998. Non si on lit le roman d'une ancienne étudiante en classe prépa. En ces temps de rentrée et de week end d'intégration, comment réagir face aux bizutages plus ou moins déguisés ?
Le roman de Solenn Colleter dénonce le bizutage.
Solenn Colleter a aujourd'hui 33 ans. Ingénieur aéronautique chez Airbus, ses études sont déjà loin. Et pourtant. Quinze après, elle se souvient encore de son arrivée dans une classe préparatoire scientifique d'un grand lycée de région parisienne. "J'ai subi un bizutage qui m'a durablement marquée par sa violence et sa perversité", raconte-t-elle. Pendant longtemps, elle a préféré oublier et le vote d'une loi interdisant le bizutage l'a rassuré. Mais en 2006, elle découvre qu'un enseignant de son ancien lycée est exclu pour avoir dénoncé des faits de bizutage. Elle décide alors de témoigner et prend la plume pour écrire un roman, Je suis morte et je n'ai rien appris, sorti en août 2007 chez Albin Michel.
Le livre raconte le cauchemar de Laure, admise en classe prépa scientifique. Laure ressemble beaucoup à Solenn. Elle dénonce le jeu de manipulation mentale qui fait croire au bizut qu'il doit accepter n'importe quoi (jusqu'à mourir) pour faire partie du groupe, se faire accepter, être fortifié, recevoir une pseudo initiation ou "renaître". "Je suis morte et je n'ai rien appris", répond Solenn. La loi qui interdit le bizutage
Des pratiques de bizutage plus ou moins violentes subsistent.
Dénoncés depuis de nombreuses années, les actes de "bizutage" ont été interdits par la loi du 17 juin 1998. Il peut en coûter 7500 euros d'amende et six mois de prison !
Mais comment définir le bizutage ? La loi indique "une série de manifestations où les élèves anciens, usant et abusant de leur supériorité née de la connaissance du milieu, du prestige de l'expérience et d'une volonté affirmée de supériorité, vont imposer aux nouveaux arrivants, déjà en état de faiblesse, des épreuves de toute nature auxquelles, dans les faits, ils ne pourront se soustraire sous l'emprise de la pression du groupe, du conditionnement et de ce que l'on peut appeler des sanctions en cas de refus, comme l'interdiction d'accès à divers avantages de l'écoles, l'association des anciens élèves, etc." La loi a permis de stopper les pratiques les plus extrêmes. Mais les traditions ont la vie dure et des bizutages plus ou moins déguisés (au cours de week end d'intégration) ont tendance à se perpétuer, notamment dans les écoles d'ingénieurs, les facs de médecine ou les écoles vétérinaires semble-t-il... Jeudi 6 Septembre 2007
Michèle Longour
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