Virginie, ingénieur automobile : elle pilote l'innovation pour rendre les véhicules autonomes




Diplômée en 2014 d'une école d'ingénieurs spécialisée dans les transports, Virginie Flotté y a choisi l'automobile et les systèmes embarqués. Renault lui a proposé deux ans plus tard un poste de "pilote innovation". Retour sur une belle trajectoire sans sortie de route.



Virginie, ingénieur automobile : elle pilote l'innovation pour rendre les véhicules autonomes
Dans la catégorie des femmes ingénieurs occupant des postes à image masculine, c'est vrai que Virginie fait fort. Non seulement elle a choisi l'ingénierie automobile, mais elle s'est spécialisée dans les systèmes embarqués utilisés pour l'aide à la conduite et occupe un poste de "Pilote innovation" chez Renault

Pilote innovation ? Précisons d'emblée qu'il ne s'agit pas de prendre le volant de quelque véhicule, mais de piloter des projets d'innovation technologique, en l'occurrence pour améliorer l'aide à la conduite latérale des voitures de demain ; autrement dit leur permettre de bien tenir la route, éviter toute sortie de voie et collision avec un autre usager.

Et comment en arrive-t-on à un tel poste d'ingénieur chez un grand constructeur deux ans seulement après la sortie de l'école ?

Le choix d'être ingénieur : une évidence, puis une révélation

"J'ai toujours su que je voulais être ingénieur, raconte Virginie. Mais au départ, je pensais être ingénieur des Eaux et Forêts"... bien loin des systèmes embarqués.

Cependant, l'automobile est aussi une de ses passions - "j'aime les belles voitures" - et la sortie en 2010 de la Google Car, la première voiture autonome, est pour elle un déclic : "Ça a été une révélation. J'ai eu envie de travailler sur ces systèmes d'aide à la conduite qui permettent d'améliorer la sécurité et de réduire les accidents".

Elle réalise tous ses stages dans le domaine automobile

​Après le bac, elle fait donc une classe préparatoire aux grandes écoles orientée physique et technologie, pour se donner le temps de réfléchir à la façon de réaliser son projet.

Finalement, elle choisit l'Estaca, une école spécialisée dans l'ingénierie des transports (aéronautique, automobile ou ferroviaire) et y entre directement dans le cycle Ingénieur(e) automobile option systèmes embarqués.

Puis elle réalise systématiquement ses stages dans le domaine automobile : chez Bosch en Allemagne sur "la régulation de température d'échappement moteur", puis chez Altran, une grande entreprise de conseil en ingénierie sur la conception d'un véhicule innovant et autonome.
Là, elle travaille deux ans pour Renault sur deux sujets de recherche toujours lié aux systèmes embarqués d'aide à la conduite : le parking autonome et le véhicule autonome.

Recrutée par Renault pour son expertise au féminin

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Virginie a tenu son cap. Son expertise sur les systèmes embarqués et sa passion pour l'innovation expliquent sans doute la suite de son parcours. "Renault est venu me cueillir, dit-elle. Et j'ai démarré sur mon poste de pilote innovation en septembre 2016".

Le fait d'être une fille est-il un atout pour un recrutement sur ce genre de poste ? "Les recrutements se font sur un même pied d'égalité. Les compétences doivent être là, répond la jeune ingénieure automobile. Cependant la mixité est au coeur des préoccupations de Renault."

Le constructeur fait en effet partie de ces grands groupes industriels qui se sont engagés à atteindre la mixité mais qui peinent à y arriver sur les métiers de techniciens et d'ingénieurs... les candidates pour ces postes étant bien moins nombreuses que les candidats. Pourtant, ce ne sont pas les opportunités qui manquent !

Avec l'association "Elles bougent"
Renault est notamment engagé auprès d'associations comme "Elles bougent" pour faire connaître aux filles les opportunités de carrière mais surtout démystifier le métier d'ingénieur, très mal connu des jeunes.

L'association "Elles bougent" propose à chaque lycéenne et étudiante l'accompagnement d'une "marraine", femme ingénieur qui peut la suivre et la conseiller dans son parcours. Elle organise aussi des visites d'entreprises pour faire découvrir aux jeunes filles le milieu industriel.
 

De l'open space du technocentre Renault aux circuits automobiles

Virginie, ingénieur automobile : elle pilote l'innovation pour rendre les véhicules autonomes
Il suffit pourtant d'entendre Virginie parler de son travail pour changer ses idées reçues sur le travail d'un ingénieur.

Au quotidien, la jeune femme travaille au technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines), au sein d'une équipe d'une dizaine d'ingénieurs et techniciens. Elle coordonne les recherches et les tests sur les systèmes innovants d'aide à la conduite afin de faire avancer le projet dans les délais fixés.

Un jour elle fait le point avec les équipes informatiques chargées du software, les logiciels embarqués. Un autre elle anime une réunion ou examine des résultats de tests.
Au moins une fois par semaine, elle se déplace sur des circuits automobiles pour échanger avec des pilotes qui testent les systèmes d'aide à la conduite sur de vrais véhicules. 

Des contacts variés et enrichissants

"Ce qui me plaît dans mon travail, explique Virginie, c'est d'abord le sujet, qui me passionne. J'aime aussi le challenge qui consiste à partir d'une page blanche pour arriver à une innovation, en respectant les délais. Et puis les contacts humains sont riches car je suis en lien avec  des interlocuteurs très variés".

Le job mobilise d'ailleurs de nombreux talents : expertise technique sur les systèmes d'aide à la conduite mais pas uniquement : "Il faut aussi avoir des compétences en management, savoir être à l'écoute, être bien organisé et maîtriser les outils de gestion de projet", souligne Virginie.

Osez vivre vos rêves !

Alors quels conseils adresserait-elle à des étudiants qui envieraient son parcours ? "Osez vivre vos rêves et non rêver votre vie !, répond Virginie. Si un domaine vous passionne, comme moi avec l'automobile, n'hésitez pas à construire votre plan professionnel autour."

Dernier conseil, plus pragmatique mais tout aussi précieux, celui de travailler son réseau : "Vous l'aurez entendu sans doute maintes et maintes fois, mais le réseau, c'est bel et bien un atout."

la rédaction


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