Témoignage : Mon année d'études à Taïwan



Comment ai-je fait pour me retrouver dans un tel pétrin ! Taïwan ! Pourquoi pas Chandernagor ou Zanzibar pendant qu’on y est ! Je me le demande encore. A l’époque en licence de lettres modernes et sciences politiques à l'Institut Albert le Grand à Angers, mon école me demandait de passer ma troisième année d’études à l’étranger. J’avais le choix pourtant. L’Angleterre, l’Espagne, l’Allemagne, il y avait même l’Afrique du Sud et l’Inde. Et puis Taïwan. Ce devait être la destination la plus éloignée. En tout cas c’est là-bas que j’ai atterri un matin de novembre, sous la grisaille taïwanaise de ce début d’hiver tropical…




Good morning Taïwan : le choc des premiers temps

Témoignage : Mon année d'études à Taïwan
Première impression ? Comment dire… Se retrouver dans un pays aussi éloigné tant géographiquement que culturellement du sien, ça ne s’intègre pas du jour au lendemain ! Et puis au début, la culture comme la langue chinoise m’était aussi étrangère que les règles du cricket ou de la capuera. Toujours est-il que mes débuts dans l’Empire du Milieu ne furent pas des plus faciles…

Rien que dans la rue. Réussir à se diriger dans une ville où tout est écrit en hiéroglyphes incompréhensibles n’est pas chose aisée. Alors je ne vous raconte pas pour commander un big Mac. Où pour faire la cour à une jolie fille. Dans un pays où la majorité des habitants parle aussi bien l’anglais qu’en France, il est difficile de se faire comprendre !

Cours intensifs de mandarin, une langue assez géniale

Témoignage : Mon année d'études à Taïwan
Mais j’ai eu la chance de suivre des cours intensifs de mandarin dès mon arrivée. C'était prévu dans l'accord privé entre ma fac et l'université Fujen de Taipei. Alors, bien sûr, au début, j’avais juste assez de vocabulaire pour pouvoir parler voiture ou foot avec mes amis taïwanais. Mais le temps passant, les conversations s’étoffent de vocabulaire nouveau, de tournures de plus en plus complexes et précises, et aujourd’hui je peux aussi bien parler politique avec un chinois que compter fleurette à une chinoise, ou plus simplement commander mon big Mac ! Le chinois est une langue assez géniale. Je veux dire, c’est intrigant.

Le problème qui se pose à la première leçon, ce sont les accents. Mise en situation. Wo Wen Ni. Wo Wen Ni. Vous venez d’entendre exactement la même chose, c’est bien ça ? Et bien nan, erreur fatale! La première phrase veut dire « Je te demande », et la deuxième veut dire « Je t’embrasse ». Vous comprendrez aisément le genre de quiproquos possibles. Et encore, je vous épargne celui sur le riz frit...

Enfin bon, passée la difficulté des accents, la grammaire est pour le coup très simple. « Moi vouloir manger riz », vous l’aurez compris, voudra dire « Je veux manger du riz ». Mais alors, et c’est là ou ça se complique, au passé, ça donnera : « Avant, moi vouloir manger riz ». D’une implacable logique !

Fascinant : je découvre la culture chinoise dans la façon de penser et d'être

Le taichi dans les parcs publics tôt le matin
Le taichi dans les parcs publics tôt le matin
Je disais tout à l’heure intrigant. C’est vraiment le mot qui qualifierait le mieux ma relation avec la culture chinoise. Pour tout vous dire, à mon arrivée, la culture chinoise, ce n’était pas ma tasse de thé, je veux dire, ce n’était pas ce qui me passionnait le plus. J’étais plutôt en câblage « touriste » à l’époque !

Ce n’est que plus tard que j’ai commencé à être fasciné par cette culture chinoise millénaire. Ces gens-là construisaient déjà des cités interdites que de l’autre côté de l’Oural nous en étions encore à nous taper dessus avec des gourdins. Historiquement déjà, la culture chinoise est fascinante. Mais le plus intéressant est de la retrouver dans la manière de penser de gens dans la rue.

Culture de l’harmonie, de l’esthétique, culture de l’action aussi, et puis un rapport assez particulier à l’argent, un sens aigu de l’entreprise, une difficulté d’innovation chronique, l’impératif de garder « la face », d’en envoyer aussi, ce qui s’appelle ici la politesse, une curiosité étonnante face à ce qui se passe à l’extérieur, le côté un peu poupée Barbie des filles qui fait un peu penser au film « Mémoire d’une Geisha » le côté nipon en moins, les superstitions encore très présentes même chez les jeunes, le taïchi dans les parcs publics tôt le matin, la calligraphie comme véritable art de la patience et de l’esthétique pour elle-même, le caractère sacré de la famille…

Les marées de scooters
Les marées de scooters
Et puis la techno japonaise, des cybercafés entiers consacrés aux jeux vidéo en ligne, la plus haute tour du monde, le métro aussi propre qu’un couloir de laboratoire pharmaceutique, la mode vestimentaire parfois délirante, la pollution, les tours de verre remplies de cravates sombres, des enseignes lumineuses verticales qui n’ont rien à envier à nos China Town, des villes interminables, des voitures partout, des gens partout, des scooters partout…Un vrai bazar !

Mais c’est peut être ce qui fait le charme de Taïwan après tout. Ce mélange. Entre passé et présent. Entre passé et futur. Entre Chine millénaire et sauce ketchup.

J'aurai compris beaucoup de choses

Je retourne en France dans deux mois passer des concours d’entrée pour terminer mes études. Mon séjour à Taiwan aura été une expérience unique pour moi. J’y aurai compris beaucoup de chose, la plupart du temps entre les lignes d’ailleurs. J’y aurai gagné, au-delà d’une ouverture d’esprit plus grande et d’une découverte de l’Asie, un besoin de voyager que je ne me connaissais pas. Partir. Loin. Pas pour fuir. Toujours revenir. Mais partir. Voir autre chose. Sortir de son cocon franco-français pour aller voir ailleurs si j’y suis. Et s’y trouver.


Pour se renseigner sur les études à Taiwan :
Centre de ressources éducatives de Taiwan



Puki
Vendredi 7 Juin 2013

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