"Ici, je sais pourquoi je travaille, dit Nicolas, 18 ans, en première année de bac pro de technicien menuisier-agenceur. Car ce que l'on fabrique en atelier est destiné à des vrais clients". Pourtant Nicolas n'est pas apprenti chez un patron, mais élève dans une "école de production". Une école qui n'est pas non plus un lycée professionnel, même si on s'y forme aux mêmes métiers.
Car depuis l'ouverture de la première école de production en 1882, l'atelier Boisard à Vaulx-en-Velin qui existe toujours, ces établissements techniques privés ont gardé leur originalité : les élèves y préparent bien des diplômes professionnels d'Etat (CAP, bacs pro ou certifications professionnelles), mais en passant deux-tiers de leur temps scolaire en atelier.
Là, au lieu de travaux pratiques imaginés par les professeurs, ils fabriquent de vrais produits qui sont vendus à des clients. Sous la houlette de "maîtres professionnels", ils apprennent dans le même lieu la pratique et la théorie du métier. "C'est une pédagogie qui redonne confiance aux jeunes et les remotive", assure Jean-Claude Carle, sénateur de Haute-Savoie, un département qui accueille une école de production dédiée aux métiers de l'automobile (l'ECAUT).
Car depuis l'ouverture de la première école de production en 1882, l'atelier Boisard à Vaulx-en-Velin qui existe toujours, ces établissements techniques privés ont gardé leur originalité : les élèves y préparent bien des diplômes professionnels d'Etat (CAP, bacs pro ou certifications professionnelles), mais en passant deux-tiers de leur temps scolaire en atelier.
Là, au lieu de travaux pratiques imaginés par les professeurs, ils fabriquent de vrais produits qui sont vendus à des clients. Sous la houlette de "maîtres professionnels", ils apprennent dans le même lieu la pratique et la théorie du métier. "C'est une pédagogie qui redonne confiance aux jeunes et les remotive", assure Jean-Claude Carle, sénateur de Haute-Savoie, un département qui accueille une école de production dédiée aux métiers de l'automobile (l'ECAUT).
Les atouts des écoles de production
Le premier avantage de ces écoles est en effet d'offrir une voie motivante à ceux qui sont justement démotivés. Ou qui ont accumulé les mauvaises notes. Beaucoup aimeraient se former par l'apprentissage, mais n'arrivent pas à trouver d'entreprise pour signer un contrat... "J'étais en échec scolaire en fin de troisième et je n'avais plus goût aux études, explique Farid qui est finalement resté cinq ans dans une école de production : "grâce au bon encadrement de l'équipe pédagogique, j'ai réussi mon BEP, une mention commande numérique puis le bac pro". Embauché comme tourneur en juin 2009, il est passé responsable planning atelier en février 2010.
Car le deuxième atout des écoles de production est de conduire à la réussite et à l'emploi. 90% des élèves y réussissent leur diplôme et parmi ceux-là, 45% choisissent de poursuivre leur formation professionnelle parce qu'ils ont retrouvé goût au travail. Pour ceux qui veulent entrer dans la vie active, 100% trouvent un emploi car les employeurs locaux apprécient les jeunes formés ainsi. "Ils ont de bonnes bases, ils ont appris à travailler et on peut compter sur eux", témoigne le chef d'un atelier carrosserie en Haute-Savoie.
Car le deuxième atout des écoles de production est de conduire à la réussite et à l'emploi. 90% des élèves y réussissent leur diplôme et parmi ceux-là, 45% choisissent de poursuivre leur formation professionnelle parce qu'ils ont retrouvé goût au travail. Pour ceux qui veulent entrer dans la vie active, 100% trouvent un emploi car les employeurs locaux apprécient les jeunes formés ainsi. "Ils ont de bonnes bases, ils ont appris à travailler et on peut compter sur eux", témoigne le chef d'un atelier carrosserie en Haute-Savoie.
Ici on ne travaille pas pour les notes, mais pour le produit
Rien de tel il est vrai que de produire "pour de vrai" : on comprend vite ainsi que le travail doit être parfaitement réalisé pour satisfaire le client en temps et en heure. "Dans nos écoles, on ne travaille pas pour les notes, mais parce qu'il y a un client derrière, c'est bien plus motivant et responsabilisant", explique Marc Teyton, directeur de la fédération des écoles de production.
Il raconte l'histoire d'une école de production spécialisée en menuiserie à qui avait été commandée une belle table. "Il y avait eu beaucoup de travail, mais il y avait malheureusement une petite tache et à cause de ça, le client ne l'a pas prise ! Il a fallu recommencer la table ce qui montre bien aux jeunes qu'on ne peut pas faire dans l'à-peu-près et que cela n'aurait servi à rien d'avoir un 8 ou un 12/20 ! ".
De ce point de vue, la pédagogie des écoles de production est celle de l'apprentissage (on apprend en produisant), même si les élèves n'ont pas le statut d'apprenti. Trois ans de bac pro signifient en effet trois ans d'expérience en atelier, en conditions réelles de production, d'où l'intérêt des recruteurs pour les jeunes qui en sortent.
"Ils développent des savoir-faire, mais aussi des savoir-être, précise Marc Teyton, car ils vivent au contact de leurs formateurs adultes qui travaillent avec eux dans l'atelier". Avec les jeunes, les maîtres-professionnels se comportent en effet davantage comme des collègues plus expérimentés que comme des professeurs ou des patrons. "Ici, c'est familial, on connaît tout le monde et on est soutenu si besoin", raconte Nicolas.
Il raconte l'histoire d'une école de production spécialisée en menuiserie à qui avait été commandée une belle table. "Il y avait eu beaucoup de travail, mais il y avait malheureusement une petite tache et à cause de ça, le client ne l'a pas prise ! Il a fallu recommencer la table ce qui montre bien aux jeunes qu'on ne peut pas faire dans l'à-peu-près et que cela n'aurait servi à rien d'avoir un 8 ou un 12/20 ! ".
De ce point de vue, la pédagogie des écoles de production est celle de l'apprentissage (on apprend en produisant), même si les élèves n'ont pas le statut d'apprenti. Trois ans de bac pro signifient en effet trois ans d'expérience en atelier, en conditions réelles de production, d'où l'intérêt des recruteurs pour les jeunes qui en sortent.
"Ils développent des savoir-faire, mais aussi des savoir-être, précise Marc Teyton, car ils vivent au contact de leurs formateurs adultes qui travaillent avec eux dans l'atelier". Avec les jeunes, les maîtres-professionnels se comportent en effet davantage comme des collègues plus expérimentés que comme des professeurs ou des patrons. "Ici, c'est familial, on connaît tout le monde et on est soutenu si besoin", raconte Nicolas.
Questions-réponses sur les écoles de production
Où y a-t-il des écoles de production ? Comment les trouve-t-on ?
En 2012, il existe 13 écoles de production en France qui forment 700 jeunes. La plupart sont en région Rhône-Alpes et PACA, mais il y en a une à Paris, une à Lille et une à Toulouse qui dépendent de l'ICAM. Vous pouvez trouver la carte des écoles de production sur le site de la Fédération des écoles de production. D'autres écoles de production pourraient ouvrir car une proposition de loi veut leur donner un statut plus avantageux leur accordant une reconnaissance de l'Etat.
A quels métiers et quelles spécialités préparent-elles ?
Cela dépend des écoles. Il y a quelques métiers d'art : l'ébenisterie et la restauration de meubles anciens, le prêt-à-porter haut de gamme (à Paris), les métiers de l'automobile (carrosserie, peinture, mécanique), des métiers de la métallurgie (mécanique d'usinage, chaudronnerie), des métiers du bois (première transformation et scierie, menuiserie), des métiers du bâtiment (métallerie-serrurerie, menuiserie aluminium).
Les écoles de production sont-elles payantes ?
Les familles ont en effet des frais de scolarité à payer mais ils sont très modérés (au maximum 800 euros pour une année). En effet, ce sont des établissement techniques privés hors contrat. Les écoles bouclent leur budget (achat de matériel, paiement des formateurs) en grande partie grâce à la vente de la production des élèves. Certaines écoles reçoivent en outre des subventions des collectivités locales ou sont adossés à des groupes d'enseignement privés (Fondation d'Auteuil, ICAM, lycée Albert-de-Mun).
Les élèves sont-ils rémunérés pour leur production ?
Contrairement à des apprentis, les élèves ne sont pas rémunérés, mais leur travail sert donc à financer la formation. Si les écoles de production obtiennent la reconnaissance de l'Etat, les élèves pourront en plus obtenir des bourses, avoir droit à la restauration universitaire, aux transports scolaires et à la carte d'étudiant des métiers qu'ont les apprentis, ce qui n'est pas encore le cas.
Comment en savoir plus ?
En 2012, il existe 13 écoles de production en France qui forment 700 jeunes. La plupart sont en région Rhône-Alpes et PACA, mais il y en a une à Paris, une à Lille et une à Toulouse qui dépendent de l'ICAM. Vous pouvez trouver la carte des écoles de production sur le site de la Fédération des écoles de production. D'autres écoles de production pourraient ouvrir car une proposition de loi veut leur donner un statut plus avantageux leur accordant une reconnaissance de l'Etat.
A quels métiers et quelles spécialités préparent-elles ?
Cela dépend des écoles. Il y a quelques métiers d'art : l'ébenisterie et la restauration de meubles anciens, le prêt-à-porter haut de gamme (à Paris), les métiers de l'automobile (carrosserie, peinture, mécanique), des métiers de la métallurgie (mécanique d'usinage, chaudronnerie), des métiers du bois (première transformation et scierie, menuiserie), des métiers du bâtiment (métallerie-serrurerie, menuiserie aluminium).
Les écoles de production sont-elles payantes ?
Les familles ont en effet des frais de scolarité à payer mais ils sont très modérés (au maximum 800 euros pour une année). En effet, ce sont des établissement techniques privés hors contrat. Les écoles bouclent leur budget (achat de matériel, paiement des formateurs) en grande partie grâce à la vente de la production des élèves. Certaines écoles reçoivent en outre des subventions des collectivités locales ou sont adossés à des groupes d'enseignement privés (Fondation d'Auteuil, ICAM, lycée Albert-de-Mun).
Les élèves sont-ils rémunérés pour leur production ?
Contrairement à des apprentis, les élèves ne sont pas rémunérés, mais leur travail sert donc à financer la formation. Si les écoles de production obtiennent la reconnaissance de l'Etat, les élèves pourront en plus obtenir des bourses, avoir droit à la restauration universitaire, aux transports scolaires et à la carte d'étudiant des métiers qu'ont les apprentis, ce qui n'est pas encore le cas.
Comment en savoir plus ?
- Fédération Nationale des Ecoles de Production : 40, Montée Saint-Barthélemy - 69005 LYON - mail : fnep@ecoles-de-production.com
- Tél: 09 52 12 54 09
- Site : http://www.ecoles-de-production.com



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