Comment gérer ses émotions ?



Colère, joie, culpabilité, tristesse... Les émotions font partie de la vie, mais il n'est pas toujours facile de les accueillir. Faut-il fonctionner au "feeling", ou bien les contrôler ? L'enjeu est important car savoir gérer ses émotions, c'est un peu apprendre à être heureux.




Comment gérer ses émotions ?
Quels ont été vos plus grands moments de bonheur ? De votre mémoire, sans doute, jaillissent des moments magiques chargés de joie, d'admiration, de gratitude, d'amour... Votre coeur bat à nouveau plus vite, vous revivez ces belles émotions qui, reconnaissons-le, donnent à la vie son sel.

Car les émotions alimentent notre sensibilité, enrichissent notre personnalité, nous permettent de créer et d'entrer en communication avec les autres.

Quand les émotions nous font mal

Oui, mais... que faire des émotions moins positives : tristesse, colère, honte, culpabilité ?

"Les trois quarts du temps, comme nous ne savons pas nous en servir, elles nous font mal. Donc nous essayons de les contrôler, ou de les refouler, voire même de ne plus en avoir et du coup, nous ne pouvons pas être heureux", explique le docteur Etienne Jalenques, psychiatre, qui a passé toute sa vie à étudier la façon dont la vie émotionnelle peut nous perturber.

Ne pas étouffer ses émotions

Comment gérer ses émotions ?
Certains réagissent par exemple en essayant d'étouffer leurs émotions comme on visse un couvercle sur une marmite en ébullition. Ils cherchent à enterrer en eux-mêmes leurs mouvements de joie, de peur, de tristesse, de colère.

La psychiatre Sophie Braun raconte ainsi dans son livre voir beaucoup de jeunes ultrasensibles se "barricader" pour cacher une blessure : Kevin, par exemple, fume entre 7 et 10 joints par jour. "Les adultes qui l'entourent croient qu'il est insensible et perdu dans son monde", écrit Sophie Braun, mais en réalité, "il se protège en fumant". De quoi ? Son père s'est suicidé quand il était petit. Sa mère a eu un cancer. Il a été élevé par des grands-parents angoissés. Il se protège de cette angoisse en fumant.

Mais ces protections ne règlent rien et risquent même d'aggraver le mal. Tôt ou tard, l'émotion rentrée peut resurgir. "Les défenses, explique Sophie Braun, se manifestent souvent par des réactions excessives, des colères, des énervements que l'on ne reconnaît pas, comme un animal blessé qui donnerait un coup de patte pour éloigner un agresseur".

Analyser et exprimer ses émotions

Comment gérer ses émotions ?
Que faire alors de toutes ces émotions qui nous font mal ? Commencer, peut-être, par les identifier. "Les émotions, nous ne devrions pas en avoir aussi peur", dit Sophie Braun qui conseille plutôt "d'examiner et de panser ce qui nous tourmente".
Au quotidien, on peut prendre du recul et s'interroger : Pourquoi suis-je si énervée ce matin ? Pourquoi ce sentiment d'agressivité lorsque je vois telle personne ? Pourquoi suis-je si ému(e) quand je vais dans ce lieu ? D'où vient cette tristesse ?

L'idéal est bien sûr de pouvoir exprimer tout cela à quelqu'un : une personne proche, un ami, un psy...  Exprimer son émotion permet déjà de laisser échapper la tension retenue sous le couvercle de la marmite.

Cela permet aussi de mieux se connaître et de comprendre ce qui nous habite. "La peur, la tristesse et des sentiments mal vécus très souvent venus de l'enfance et de l'adolescence continuent d'agir parce qu'ils sont stockés dans nos logiciels affectifs", explique le docteur Jalenques.

Dans sa thérapie de la "Dynamique émotionnelle", le psychiatre propose donc de faire surgir ces émotions : "Reconnaître et retrouver celles qui ont été bloquées ou hypertrophiées dans notre passé et parvenir à les exprimer pleinement, c'est rendre nouveau, vivant, mobile et évolutif notre univers intérieur", explique-t-il.

Ne pas se laisser envahir, mettre des limites

Une autre piste pour gérer notamment la peur et l'agressivité est d'apprendre à se faire respecter par les autres. Chacun de nous a besoin d'un minimum de sécurité intérieure et d'un espace de liberté pour se développer et être heureux.

Si l'on vous harcèle, que l'on vous menace ou vous agresse, il est donc important de dire stop, de rappeler à l'autre qu'il va trop loin. Ne cherchez pas à être "gentil", soyez vrai (c'est le titre d'un livre) ! Car si vous n'osez jamais dire à votre voisin que quelque chose vous déplaît, vous aller accumuler le ressentiment et le déverser sur vos proches qui n'y sont pour rien. Ou bien vous exploserez un jour violemment, au grand désarroi de votre entourage. "On confond l'agressivité, qui est naturelle, avec la violence", rappelle le docteur Jalenques.

Mettre des limites, c'est aussi savoir rester à sa place, ne pas absorber les émotions des autres comme une éponge. Sophie Braun rappelle ainsi aux jeunes qu'ils n'ont pas à prendre sur eux les soucis de leurs parents. A chacun sa place ! "Si les autres vont mal, aller mal avec eux ne sert à rien", dit-elle.

Les émotions ne sont pas tout !

Le fait de prendre du recul, d'analyser et d'exprimer nos émotions permet aussi de les remettre à leur place : les émotions ne sont pas tout. Il y a en nous bien d'autres dimensions et potentialités : l'intelligence et la raison, la volonté, la vie relationnelle, le corps, les choix éthiques... Nous sommes corps, coeur et esprit.

C'est pourquoi on ne peut pas se laisser guider uniquement par ses émotions. Je peux ressentir une forte colère contre mon patron ou mon prof, et avoir envie de lui sauter à la gorge, mais est-ce une bonne idée ?

On peut aussi se laisser emporter par la tristesse, le ressentiment, l'enthousiasme, l'émotion amoureuse, la nostalgie, etc. Les résultats ne sont pas toujours brillants : coups de colère, coups de gueule, coups de cafard, coups de foudre, coups de folie... nous amènent souvent là où nous ne voulions pas aller.

Comment gérer ses émotions ?
On pourrait comparer nos émotions à des courants profonds ou plus superficiels qui entraînent un bateau.

Un navigateur avisé sait qu'il doit tenir compte de ces courants, mais qu'il ne peut se laisser totalement porter par eux au risque de dériver et de perdre totalement son cap.
Il doit mettre une quille et hisser des voiles pour rester maître de son itinéraire et utiliser au mieux les vents favorables.

De même pour nous : tout en tenant compte de nos émotions, il nous faut agir et avancer dans la vie en gardant en tête nos objectifs, en exerçant notre volonté et notre intelligence.

Les émotions et la vie relationnelle

Cette bonne "gestion" des émotions est capitale dans nos relations avec les autres. Ces relations peuvent être sources de nombreuses émotions, positives ou négatives.

Celui ou celle qui ne laisse jamais transparaître ou n'exprime jamais aucune émotion risque d'avoir des difficultés à entrer en contact profond et satisfaisant. Mais inversement, celui qui réagit "au quart de tour" et renvoie sur les autres la moindre émotion, risque d'agresser inutilement ses proches et de provoquer des conflits et des malentendus douloureux.

En matière amoureuse, les émotions peuvent être très fortes : mais peuvent-elles être le seul critère dans le choix amoureux ? Les émotions peuvent être fugitives, et restent différentes d'un sentiment qui est une attirance affective plus stable et plus durable.

En un mot, si votre coeur bat dès que votre voisin vous regarde, ce n'est pas forcément pour cela qu'il faut tout plaquer pour partir avec lui !

Pour en savoir plus et se faire aider :
http://dynamique-emotionnelle.com/

Vendredi 12 Décembre 2014

Qu'en pensez-vous ?

Psycho | Corps et sexualité | Amour | Couple | Un bébé ? | Addictions






S'abonner à la newsletter gratuite