Perdus dans la vie ? Une psy éclaire les jeunes



Comment trouver goût à la vie et oser être soi-même ? Ne plus se laisser paralyser par les regards négatifs, les fausses culpabilités, les souffrances familiales ? Dans un livre, une psychothérapeute donne des pistes aux jeunes. Du concret pour mieux se connaître, se déployer et pouvoir vivre sa vie à plein.




Perdus dans la vie ? Une psy éclaire les jeunes
Il ne suffit pas d'être vivant pour être en vie. Ce constat, Sophie Braun le fait tous les jours lorsqu'elle reçoit des jeunes dans son cabinet de psy. Il y a Alice, frêle et fragile, qui cherche tant à être aimée des autres qu'elle ne décide jamais rien. Paul, qui craint de devenir alcoolique comme son père et porte cela comme une fatalité. Arthur, débordé par une violence intérieure qu'il n'arrive pas à canaliser. Et bien d'autres...

La psychothérapeute a aidé chacun à mieux se connaître, à comprendre ses émotions pour dénouer les angoisses, à retrouver le goût de la vie.

Cliquez sur la couverture pour accéder à la librairie.
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Forte de cette expérience, elle a voulu aider bien d'autres jeunes à travers un livre (C'est quand la vie ? Paroles de jeunes, éclairage de psy, aux éditions du Mauconduit).

Un livre facile à lire parce qu'il part de situations bien réelles ("Je n'ai pas ma place", "Je ne vis pas ma vie, je fais semblant", "Je ne sers à rien",  "Je ne peux pas quitter ma mère, elle est seule")… A chaque fois, Sophie Braun explique : "il suffit souvent de comprendre ce qui se passe en nous pour se sentir moins seul, moins étrange, et pour dénouer les angoisses", dit-elle. Quelques pistes concrètes sont alors suggérées pour se rééquilibrer.

Si cela vous arrive de douter de vous, de vous sentir nul(e) ou pas à la hauteur, ou bien d'avoir honte, de ne pas oser être vous-même ou d'en vouloir à tout le monde... Alors ce livre vous aidera beaucoup.

'Je n'ai pas confiance en moi'

Très souvent, explique Sophie Braun en parlant à son lecteur, "vous ne vous aimez pas, alors vous avez 'trop besoin' du regard des autres". Ou bien "une mauvaise image de vous-même vous enferme dans une rumination et une comparaison permanentes".

Certains se sentent honteux, d'autres se renferment en invoquant la timidité, ou bien ils se noient dans  la jalousie. Ce manque de confiance en soi (souvent évoqué sur le forum de reussirmavie) est un classique de l'adolescence, période où l'on se perçoit souvent comme le "vilain petit canard" du conte : beaucoup moins beau que les canards de notre espèce.
"Créez-vous un ami intérieur : imaginez que vous êtes un copain ou une copine. Quels conseils vous donneriez-vous ?"

"Ces jugements négatifs étouffent, explique la psy. Mais on peut leur faire barrage par une force contraire". Il suffit déjà d'un peu d'attention à soi-même : "On peut commencer par repérer ces jugements négatifs, dit-elle. Car souvent on ne les voit plus tellement on baigne dedans". Repérez aussi les moments où vous vous partez battu d'avance, et la façon dont vous êtes sévère avec vous-même. Puis remplacez la sévérité par de la douceur...

Pour aider à changer de regard sur soi-même, Sophie Braun donne un "truc" : "Imaginez que vous êtes une copine ou un copain. Que lui diriez-vous ?" Créez-vous ainsi un ami intérieur, une bonne fée qui vous veut du bien.

Ne pas tenter d'être parfait, mais devenir soi-même

Perdus dans la vie ? Une psy éclaire les jeunes
 La psy invite ensuite à repérer ses propres talents, à être soi-même. Il ne s'agit pas de chercher à "être génial" ou de se mettre dans une case... mais d'avancer par paliers, de se donner le droit à l'erreur.

"Sortez du grand "tout ou rien". Ne tentez pas d'être parfait, tentez déjà de vous élargir, d'explorer des zones surprenantes de vous-même", écrit-elle. Ainsi le "vilain petit canard" découvrit-il un jour qu'il était un cygne. Pas si moche finalement.

Au total, "vous gagnerez en confiance, non pas en vous trouvant génial, mais en expérimentant suffisamment votre capacité à retrouver un équilibre quand la vie vous déséquilibre". Comme dans les culbutos : "Vous avez un culbuto intérieur, faites-lui un peu confiance".

'J'ai des problèmes familiaux, je n'arrive pas à en sortir'

Perdus dans la vie ? Une psy éclaire les jeunes
Parce que les familles d'aujourd'hui ne sont pas toujours simples, on peut se sentir étouffé par les fragilités de ses proches.

"Très souvent aujourd'hui, les rôles sont inversés : on voit des jeunes qui veulent prendre soin de leur parents", dit Sophie Braun qui évoque dans le livre diverses situations : Paul dit qu'il ne pourra jamais quitter sa famille car son père est trop mal. Elodie est paralysée par l'inquiétude de sa mère.

Or non seulement cela ne règle pas le problème des parents, mais cela vous empêche d'aller de l'avant : "Si ce soutien absorbe trop votre énergie vitale, prévient la psy, il vous conduit à une sorte de fatalisme, néfaste à la construction de votre vie".
"Votre histoire et vos racines ne doivent pas devenir vos bourreaux !"
Un chapitre entier du livre explique d'ailleurs comment dans une famille, "chacun a sa place". La respecter permet d'être soi-même et d'avoir son espace de liberté. Ainsi, "vous avez le droit d'avoir des goûts différents de ceux de votre famille et des opinions différentes", écrit l'auteur.

Ce qui n'empêche pas d'aimer ses parents et n'a rien à voir avec l'égoïsme ! "j'explique souvent aux jeunes que ce n'est pas de l'égoïsme de s'occuper de soi et de chercher à aller bien. C'est d'ailleurs ce qui aidera le plus vos parents !"

A plus forte raison si votre famille porte de grandes souffrances (dépression, alcoolisme) : "Protégez-vous, ne vous laissez pas aimanter par cette souffrance. Si les autres vont mal, aller mal avec eux ne sert à rien. Votre histoire et vos racines ne doivent pas devenir vos bourreaux !"

'Je suis dans une prison invisible, j'ai envie de mourir pour en sortir'

Parfois hélas, les souffrances et les conflits intérieurs peuvent être si forts, que l'on ne voit qu'une seule solution pour en sortir : quitter cette vie.

Là encore, la psy aide à comprendre : "Votre envie de mourir révèle - paradoxalement ! - une immense envie de vivre ! Complètement étouffée. Une envie de vivre une autre vie, plus proche de vos aspirations."

On peut en effet s'être laissé enfermé dans une prison aux barreaux invisibles, avoir renoncé à être soi, à aller de l'avant. Pourtant, l'élan vital est toujours là. "Parmi les jeunes que je reçois, certains vont très mal, raconte Sophie Braun. Mais je vois qu'ils ont encore beaucoup d'aspirations, beaucoup d'envies !".
 
"Il faut prendre des risques, mais de bons risques,
pas ceux qui vous font côtoyer la mort"

Comment faire alors pour ne pas faire exploser en soi toute cette énergie, pour se faire du bien et pas du mal ? "Il faut certainement apprendre à mieux se connaître, à canaliser ses émotions pour contenir tout cela à l'intérieur de soi, explique la psy. Mais il faut aussi trouver des façons d'exprimer son sentiment d'exister : prendre des risques par exemple, mais de bons risques, pas ceux qui vous font côtoyer la mort mais ceux qui rendent la vie intense"...

'C'est quand la vie ?" : maintenant !

Perdus dans la vie ? Une psy éclaire les jeunes
Faire du sport, découvrir le monde, aider les autres, être amoureux... Voilà ce qui vous redonnera le goût de vivre, assure Sophie Braun, qui transmet dans le livre une belle confiance, taclant au passage le "monde adulte" qui transmet tant de peurs et d'angoisses.

Elle aussi a eu une adolescence difficile. "Mais le gout de la vie m'a sauvée", dit-elle dans l'introduction du livre. Et "j'aimerais vous transmettre cette confiance tissée de la patience et de l'espoir insensé des chercheurs d'or. Susciter l'envie de creuser pour dénicher vos ressources."

Certes, le monde est dangereux, mais faut-il renoncer à vivre avant d'avoir vécu et se demander éternellement (comme le disait une jeune) : "C'est quand la vie ?".
D'autant, écrit Sophie Braun, que "le monde vous attend ! Votre génération a tout à créer, moins soumise que la nôtre aux pensées collectives. Vous êtes plus lucides, différenciés, plus mûrs en somme !". Alors, "n'ayez pas peur, osez vivre, développer vos espaces de liberté".

Et si vous trébuchez, comptez sur votre "culbuto intérieur" pour retrouver l'équilibre. Comme l'écrivait le poète René Char cité par Sophie Braun : "Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront."

Perdus dans la vie ? Une psy éclaire les jeunes
Pour aller plus loin :
"C'est quand la vie ?" Paroles de jeunes, éclairage d'une psy", par Sophie Braun, éditions du Mauconduit.

Sophie Braun est psychanalyste et psychothérapeute. Elle exerce à Montélimar et à Paris. Elle est membre associé de la Société française de psychologie analytique (SFPA)
Vous pouvez lui poser vos questions dans les commentaires.

Mardi 11 Novembre 2014

Qu'en pensez-vous ?

1.Posté par kouassi pascaline le 14/11/2014 11:45
bonjour Madame,
je ne vis pas ma vie.
je ne suis pas la personne que je prétends être.
je ne sais pas si vous comprenez ce que je veux dire.
je me sens étouffé dans ce corps qui est le mien.
j'ai le traque à tout moment.
aidez moi, je ne sais pas quoi faire pour être une personne normale.

2.Posté par diana bern le 18/11/2014 02:19 (depuis mobile)
Bonjour madame Sophie braun,en vous lisant je comprend que vous pouvez me venir en aide peu être, je ne m''y retrouve plus dans ma vie, je suis passez par trop d''événement douloureux et c le désordre puis-je vous rencontrez car j''aimerais avancer?

3.Posté par Braun sophie le 19/11/2014 14:52 (depuis mobile)
@Pascaline
Bonjour. Une personne normale est une personne qui doute, qui a des ańgoisses et des peurs. Donc déjà , Pascaline, vous êtes normale.
Il est fréquent de "faire semblant" et c'est déjà bien d'en avoir conscience. Pourriez-vous vous demander pourquoi nous avons tous des pensées, des images que nous ne dévoilons pas aux autres. Cela aussi est normal.
Quel âge avez-vous ? Habiter son corps est très difficile. Notre esprit est très large et notre corps le limite. Pourtant la vie se fait dans et par ce corps. Pourriez-vous me dire en quoi il vous gêne ? En quoi il vous limite ? Nous chercherons alors des solutions.

4.Posté par Braun sophie le 19/11/2014 15:02 (depuis mobile)
@diana
Bonjour,
Vous avez besoin de parler de ces événements douloureux pour ne pas rester bloquer dedans. Il y a les maisons des adolescents par exemple ou la possibilité de voir quelqu'un près de chez vous.Voulez-vous me dire votre region?



5.Posté par schlotter le 08/12/2014 22:33 (depuis mobile)
J etais une fois a la rue; j Ai reussi a surmonter ça; mais depuis rien NE v a plus: Plus boulot; pas d amis: Pas famille; l impression que c la routine; je NE sais pas pourquoi je vis c Est tellement dure

6.Posté par Jihane BELLA le 14/04/2015 17:19
bonjour madame Sophie Braun j'ai 23 ans je me sens que je suis déprimée perdue,j'arrive pas à vivre ma vie tant que jeune je suis toujours enervée avec ma famille mes soeurs et tout,j'ai pas des amies.je sais pas comment je doit se comporter et résoudre mes problémes je veux changer ma vie et ma pérsonnalité

7.Posté par Norma le 08/10/2015 15:15
Bonjour Madame Sophie Braun,
Ca fait maintenant 2 ans je vis des angoisses generales sans raison particuliere. J’ai eu un cumuls de stress et des angoisses fortes se sont declenchees. Aujourd’hui, j’ai une vie tres equilibree avec une adorable famille, des amis, un travail excellent et un copain adorable. Malgre tout, je vis toujours ses angoisses et je suis toujours sur mes nerfs et une saumatisation physique. Je suis suivie par une therapeute analytique et je suis sous antidepresseur depuis 1 an mais qui ne sert pas a grand chose mais sans c est encore pire. J’arrive quand meme a gerer les differentes angoisses SAUF l’angoisse de mort qui me met en pleur a chaque fois que j’imagine mon copain mort ou un member de ma famille. SVP aidez moi, dois je augmenter la dose du medoc?

8.Posté par lilyrose le 02/11/2015 02:12
Je reviens d'un weekend difficile où j'ai vu ma famille des amis de ma famille de tout âge et j'ai beaucoup souffert mais je suis allée sur ce site en rentrant chez moi et j'ai lu des articles qui je pense qui vont faire que ma vie va changer.
dont celui là merci.

j'ai lu aussi les commentaires j'aimerai répondre à tout le monde.

Norma, saviez-vous que les antidépresseurs traitent la dépression et non l'anxiété. il existe beaucoup d'anxyolitiques qui détendent ,qui évitent des crises d'angoisse et qui font disparaitre l'anxiété et qui apaisent les problèmes donc on peut mieux les vivre et leur trouver des solutions.

je pense que vous devez aimer profondément votre famille et votre copain c'est pour cela que vous avez peur qu'ils meurent.
je vous conseille de ne pas penser à la mort et de profiter de la vie avec eux. ceci n'a rien à voir avec votre humeur (donc pas besoin d'antidépresseur)

9.Posté par A real me ? le 21/06/2016 22:09
Bonjour, Madame BRAUN,

Je me sent très différente des autres non par mon physique, qui est différents évidemment, plutôt par ce qui se passe dans ma tête.
J'ai parfois l'impression de me réveiller dans une scène de théâtre qui se déroule en moi. est ce normale de se parler à soi même ? en ayant la sensation de divergence, tout en étant consciente de cet état, le suivre comme spectatrice, tout en étant actrice ? Pourquoi faisons nous des choses dont nous connaissons les effets néfastes ? ou alors c'est moi qui suis stupide mais je passes mon temps à refaire les même erreurs.
J'ai 20 ans, pas très intéressée par le cursus scolaire comme on l'entend, après mon bac j'ai tenté un DUT mais je me suis vite rendue compte de mon manque d'intérêt pour les cours, les personnes que j'y ai rencontrée comme si je n'étais pas à ma place.
j'ai enchaîner les petits boulots sans grand intérêt pour les métiers en pensant m'y épanouir. finalement il y'a bien eu le service civique qui m'a plut, j'ai voulu travailler dans le social mais la aussi c'est resté une idée.
Enchaîner les relations foireuses, celles dont je connaissais l'issue d'avance et celles ou j'ai merdé.
La dernière fois que je me suis sentie comme ca, je me réveillais en disintoxycation à Manchester, j'ai achevé mon parcours à bélair.
je veux vivre comme dans ce film qui se déroule pour m'aider à dormir.
mais pourquoi vivre au final quand on est formaté dès le plus jeune âge à suivre et à être comme la masse... dans une société ou nous nous imposons des idéaux qui vont à l'encontre de nos réels besoins.
Je ne dis pas que la société est complètement pourrit, je penses juste que l'être humain se complet dans son malheur en s'imposant un confort qui le rend plus dépendant et moins apte à s'accomplir pleinement en tant qu'être à par entier.
ce genre de pensées me rendent triste, j'aimerais avoir une vision différente du monde, de moi, En réalité j'ai ce mal être qui par moment me boost et parfois me paralyse à un point. J'ai peur de moi, j'ai peurs des autres, j'ai peur du monde.
Malgré ça une part de moi à soif d'aventure, d'histoires, de souvenirs, de rencontres et espère bien trouver sa voie.
J'ai envie de partir mais pour aller où ? pour faire quoi ? pour fuir ?
j'espère peut être que tout disparaîtra comme pour un nouveau départ ou simplement une réécriture de mon histoire.
je penses aussi que ce serait trop facile et que rien ne s'arrange en fuyant la véritable sources de mon état, qui n'est personne d'autre que moi.
Alors quand c'est comme ça qu'est ce que je peux faire ?

10.Posté par binta le 10/08/2016 17:28
bon article

11.Posté par diefo CISSOKHO le 10/09/2016 22:23
j'adore

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