Airinov : des jeunes pros mettent l'innovation des drones au service de l'agriculture




Fils d'agriculteur, Romain Faroux est à l'origine de la création d'Airinov en 2010. Cinq ans plus tard, la startup est pionnière dans l'utilisation des drones pour l'agriculture. Récit d'une aventure qui a germé dans une grange du Poitou.



Airinov : des jeunes pros mettent l'innovation des drones au service de l'agriculture
Au salon du Bourget 2015, l'Agridrone trône sur le stand de Parrot, l'un des plus gros fabricants de drones civils...

Ce n'est pourtant pas pour ses performances aéronautiques qu'on l'admire, mais pour ses services agronomiques. Si ce drone de 700 grammes arpente le ciel, c'est pour scruter la terre. "L'agridrone, c'est de l'intelligence embarquée au service d'une meilleure exploitation agricole", explique Romain Faroux, l'un des "pères" du projet.

Mettre la technologie des drones au service du monde paysan, il fallait y penser, d'autant qu'Airinov, la startup qui a lancé le projet, emploie désormais une trentaine de personnes et vend ses services à un nombre croissant d'agriculteurs : 200 au démarrage en 2010, 3 000 en 2013, 5000 en 2015...


Romain Faroux, directeur commercial d'Airinov.

Quand un fils d'agriculteur rencontre deux ingénieurs en robotique

Comme souvent au départ, il y a l'intuition d'un créateur et une rencontre décisive. Romain a fait des études de gestion et un démarrage professionnel dans les métiers du web. Mais ses racines sont dans le Poitou où son père est agriculteur. "Et quand vous êtes fils d'agriculteur, les bennes de blé finissent toujours par vous manquer", assure-t-il.

En 2010, il a l'opportunité de créer une entreprise et pense à une activité aéronautique de survol de plaine pour surveiller les systèmes d'irrigation. Les drones arrivent à point nommé mais surtout, Romain rencontre Florent Mainfroy et Corentin Chéron, deux jeunes ingénieurs en robotique. Il les persuade de venir, dans sa grange du Poitou, concevoir un drone équipé de capteurs capable de "lire" les terres agricoles.

C'est de cette collaboration que va naître, en 2010, la startup Airinov... D'un croisement fécond entre haute technologie, esprit d'entreprise et besoins du terrain, pardon, de la terre.
De g. à dr. : Corentin Chéron, Florent Mainfroy et Romain Faoux.
De g. à dr. : Corentin Chéron, Florent Mainfroy et Romain Faoux.

L'idée de l'entreprise donnée par les exploitants agricoles eux-mêmes

En effet le véritable concept de l'entreprise est venu des agriculteurs eux-mêmes : "Quand nous avons été leur présenter notre projet, raconte Romain, ils nous ont suggéré de le perfectionner pour que les observations du drone puissent servir à leur donner des conseils agronomiques".

Les jeunes créateurs reprennent leur Agridrone et demandent alors à l'INRA (l'Institut national de recherche agronomique) de développer un logiciel d'interprétation agronomique. Au-dessus des champs de colza, de blé, d'orge ou de maïs, l'agridrone mesure par télédétection certains indicateurs comme le taux de chlorophylle ou la biomasse... et le logiciel en déduit la quantité d'engrais adaptée à chaque mètre carré.

De 2012 à 2013, le projet est testé sur un projet pilote de 3000 hectares, toujours dans le Poitou. Ca marche... Airinov se muscle en recrutant une doctorante, spécialiste de télédétection, et plusieurs techniciens pour faire voler les agridrones. L'envol est fait.

Une innovation qui garde ses racines

Quand on s'étonne du succès rapide des services d'Airinov, Romain Faroux reste modeste : "On a été dans le bon timing. Nous sommes pionniers sur ce type de service et nous sommes arrivés au moment où les fabricants de drones civils cherchaient des applications et où le monde agricole a besoin de faire des économies ".

L'équipe, surtout, n'a pas "la grosse tête" et tient à son ancrage dans le monde agricole. "Quand je parle à un agriculteur, j'imagine toujours parler à mon père, dit Romain. D'autant que nous n'avions pas une exploitation très moderne et n'étions pas spécialement technophiles".

La société multiplie aussi les démonstrations dans les foires agricoles et a su développer un modèle original pour croître rapidement : elle ne fabrique plus ses drones, et n'envoie plus ses techniciens aux quatre coins de France, mais forme des entrepreneurs indépendants à devenir "agridronistes" pour réaliser les survols de parcelles.

Airinov reçoit de façon numérique toutes les données et c'est elle qui envoie les conseils agronomiques aux agriculteurs comme on le voit sur la vidéo.

Vidéo : la démonstration du vol de l'Agridrone


La ferme familiale devenue centre de formation

Apparemment, les exploitants agricoles semblent satisfaits des résultats : "Cela leur permet de mieux doser le taux d'azote pour les sols, certains ont doublé leur rentabilité, indique Romain Faroux, même si d'autres facteurs peuvent faire varier les résultats".

Installée à Paris dans une pépinière d'entreprises, Airinov poursuit donc sa croissance. Mais la ferme familiale de Romain sert toujours de centre de formation et d'expérimentation, "car la finalité, rappelle-t-il, c'est quand même d'atterrir dans un champ !"...

Une innovation technologique qui joue ainsi, en permanence, son retour à la terre.


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