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Les métiers du cinéma : plus glamour à l'écran qu'en coulisses


Tags : cinéma, métiers

Parce que le cinéma vend du rêve, on rêve souvent d'en faire son métier... Pourtant les métiers de l'image et du son restent peu connus et malgré une croissance de l'emploi dans l'animation et les effets visuels, les débouchés restent limités.




Les métiers du cinéma : plus glamour à l'écran qu'en coulisses
Il y a, d'abord, les métiers de premier plan que nous croyons connaître, car placés sous la lumière des projecteurs : les acteurs et actrices de cinéma et derrière la caméra, les réalisateurs, que l'on voit souvent faire la promotion de leur dernier film dans les médias.

Quant aux nombreux professionnels qui apparaissent au générique de n'importe quel film - court ou long métrage, dessin animé, documentaire - reconnaissons que nous situons bien mal leur rôle.

Monteur, assistant caméra, chef opérateur, mixeur... De la conception à la réalisation, un film mobilise une large palette de compétences. Palette encore plus large si l'on va jusqu'à la distribution et l'exploitation du film en salle.

4 familles de métiers : création, technique, gestion-diffusion et animation

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Pour s'y retrouver, l'excellent guide de l'Onisep sur "Les métiers du cinéma" (coll. Parcours, n°163) distingue 4 grandes familles de professions : les métiers de la création, ceux de la technique, de la gestion-diffusion et de l'animation (ou du dessin animé).

Pour comprendre, partons d'un film. Un réalisateur (métier de la création) veut porter à l'écran une histoire dans un genre, un style, une atmosphère cinématographique particulière. Il écrit un scénario, ou recourt à un scénariste (métier de la création). Il doit ensuite convaincre un producteur (métier de la gestion-diffusion) que son film plaira au public, et le producteur va alors définir le budget, chercher les financements, obtenir des subventions ou nouer des partenariats.

Puis le producteur va engager une équipe de tournage : directeur de casting, régisseur, scripte (métiers de la gestion-diffusion), cadreur, costumière, décoratrice, ingénieur du son (métiers techniques), et enfin, chef opérateur, monteur image, assistant réalisateur et acteurs (métiers de la création).
 
Dans le cinéma, le réseau est tout-puissant


Tout ceci se fait en étroite concertation avec le réalisateur qui peut avoir ses idées sur le casting ou les pros avec qui il a l'habitude de travailler : un assistant, un monteur, une costumière... Dans le milieu du cinéma, le réseau est tout-puissant ! Et chaque film est le fruit d'un projet artistique bien particulier. Le réalisateur peut "sentir" un acteur pour un rôle que le comédien va ensuite incarner à sa manière. Au final, le film est le fruit d'un gros travail d'équipe...

Quand il est achevé, le producteur se tourne vers un distributeur (métier de la gestion-diffusion), qui organise toute la communication pour faire connaître le film, qui choisit la date de sortie et les exploitants de salles de cinéma.

Pour le cinéma d'animation, le schéma est un peu le même : un réalisateur a l'idée d'une histoire, d'un scénario, d'un style visuel et des principaux personnages. Mais au lieu d'un tournage en plateau, le film est entièrement créé sur ordinateur à l'aide de logiciels de création 2D et 3D et les professionnels se partagent les tâches : le storyboarder met le scénario en image, le character designer dessine les personnages, l'animateur les fait bouger, le modeleur 3D leur insuffle du volume, etc.

Les métiers de la création : talent, culture et sensibilité artistique

Du scénario à la conception des décors en passant par la réalisation et le montage, ce sont ceux qui créent le film : acteur ou actrice, assistant réalisateur, chef décorateur, chef opérateur, monteur (image ou son), compositeur de musiques de films, scénariste...
On est là au coeur du septième art et des métiers qui le font exister.

Pour les pratiquer, il faut allier une solide culture cinématographique, de la créativité et une bonne sensibilité artistique. Bref, ce qu'on peut appeler du "talent". Aimer raconter des histoires en images, donner vie à des personnages, créer un univers visuel ou sonore, savoir transcrire une émotion par un mouvement, une image...

Prenons l'exemple du métier de monteur, qui intervient en postproduction pour assembler les scènes : "Mon métier consiste à passer les images au tamis pour trouver leur vitalité", indique Christophe Pinel, dans le guide Onisep.
Un métier que l'on peut débuter comme monteur stagiaire, puis assistant puis chef monteur.

Des témoignages de chefs monteurs

- Comment se former ?
. Dans les écoles de cinéma : publiques (la Fémis, Louis-Lumière, l'Esav Toulouse), ou les écoles d'audio-visuel privées et payantes. L'Ecole de la Cité créée par Luc Besson à Saint-Denis est gratuite. On peut se spécialiser en réalisation, scénario, montage et postproduction... Les écoles publiques recrutant souvent à bac+2. on peut donc commencer par un BTS Métiers de l'audio-visuel ; la licence arts parcours cinéma à l'université, ou une classe prépa littéraire.

. Pour devenir acteur, on peut faire un conservatoire, une école supérieure d'art dramatique ou un cours privé. Pour décrocher des rôles, il faut passer beaucoup de castings, faire des auditions, voire avoir un agent...

. Mais si une formation est un "+", elle ne garantit aucunement l'emploi. De façon générale, toutes ces filières sont saturées de candidats. Les recrutements sont rares et se font uniquement pour la durée d'un film.

. Avantage des écoles : on peut s'y constituer un réseau et se faire connaître par un film de fin d'études ou un projet...

Les métiers techniques : image, son, costumes, décors...

Dans l'équipe de tournage, certains professionnels apportent une compétence pointue et très spécifique : la costumière crée, choisit, achète ou loue la plupart des tenues des acteurs. Pour les films historiques, elle doit faire des recherches sur les modes, les formes et les matériaux... Le décorateur/décoratrice fait de même pour les décors.

Pour que les images soient excellentes et traduisent bien l'émotion de chaque scène, le cadreur manie la caméra en lien avec les machinistes, le chef opérateur (coordinateur de toutes les équipes techniques) et le réalisateur ; l'ingénieur du son fait de même pour les voix et toutes les ambiances sonores.

Si leur métier est considéré comme "technique", c'est qu'il exige une grande maîtrise, mais il faut également un sens artistique pour comprendre les attentes du réalisateur et y répondre au mieux. 

En réalité les métiers techniques servent souvent de porte d'entrée aux débutants qui peuvent évoluer ensuite (ou pas) vers les métiers plus créatifs. Dans l'équipe image par exemple, on commence souvent comme assistant vidéo, puis second assistant caméra, premier assistant et enfin, cadreur, métier qui permet parfois de venir chef opérateur (bras droit du réalisateur).

Le métier de cadreur (reportage)

Comment se former ?

. La porte d'entrée la plus courante dans ces divers métiers est le BTS Métiers de l'audiovisuel qui comporte plusieurs options et en particulier : l'option "métiers de l'image" (pour le cadrage et la prise de vues), l'option "métiers du son" et l'option "montage et postproduction".

. On peut aussi faire un diplôme des métiers d'art (DMA) ou le nouveau diplôme national des arts appliqués (DN MADE), notamment pour les postes de costumier(e) et décorateur(trice).

. Toutes les écoles de cinéma et d'audio-visuel, privées ou publiques sont aussi adaptées, l'important étant d'acquérir les compétences nécessaires au métier que vous visez et d'acquérir très vite une expérience par des stages pour se faire un carnet d'adresses.

Les nouveaux débouchés des effets visuels et de la création numérique

Une des tendances récentes du cinéma mondial est la part croissante des effets visuels (FX) dans les films, que ce soit dans l'animation ou le cinéma classique.

De nouveaux métiers sont donc apparus comme celui de "Matte Painter", professionnel chargé de créer en postproduction des images en 3D qui sont ajoutées aux scènes déjà tournées. La maîtrise des derniers logiciels est requise, ainsi que de la créativité et la nécessité de se former en permanence.

Avantages de ces métiers : ils recrutent (!) en particulier en France où le nombre de studios spécialisés est en progression constante. En 2016, la filière a dépassé les 3300 emplois. Cependant, comme pour les autres métiers du cinéma, les embauches sont ponctuelles, le temps d'une mission.
Autre avantage : ces métiers font le pont entre la création et la technique, ils peuvent aussi intéresser le secteur des jeux vidéo, de l'éducation, la communication d'entreprise...

Vidéo : reportage au Paris Images Digital Summit (PIDS), l'événement des pros des effets visuels

Comment se former ?

- Plutôt dans les écoles d'art ou les écoles spécialisées dans la création numérique, le graphisme en 3D : ArtFX, Les Gobelins, Isart Digital, l'ESma, Lisaa, l'IIM...

- L'université Paris 8 propose aussi le master ATI (arts et tecnnologies de l'image) accessible à bac+2 pour trois ans et qui peut être fait en alternance.

Les métiers de la gestion-diffusion : gestion et sens commercial

Le cinéma, c'est aussi un secteur économique. Et parce que faire un film coûte cher, les contraintes financières sont fortes dans un projet.

C'est là qu'intervient le directeur de production : quand un réalisateur lui confie un film, son rôle est de lire le scénario et d'établir un budget. Si sa société donne son feu vert, il ou elle doit ensuite louer le matériel, réserver les lieux de tournage, recruter l'équipe et faire les contrats. 
Il faut bien sûr connaître tous les rouages du métier et savoir à la fois compter, planifier et organiser, le tout en lien étroit avec le réalisateur.

Ce métier passionnant est-il ouvert aux jeunes ? Oui, sur des postes d'assistants et pour des missions ponctuelles. Mais la bonne nouvelle est qu'avec la multiplication des séries pour la télévision et aussi le web, les sociétés de production sont en plein développement.

Le métier de producteur

Comment se former ?

Toutes les voies de formation déjà indiquées plus haut offrent des spécialisations en production. Par exemple :

- le BTS Métiers de l'audiovisuel comporte une option "gestion de production" qui permet d'acquérir un premier niveau de compétences. On peut poursuivre par une licence professionnelle ou un titre de "chargé de production" dans une une école d'audiovisuel privée comme l'Esra ou 3IS (en trois ans). Dans le public, on peut faire l'INA Sup.

. A niveau bac+5, on peut se spécialiser en production dans certaines écoles de cinéma (la Fémis, l'Esav) ou même à l'université.

- L'ISCPA propose une formation en distribution et exploitation des films.

- On peut aussi faire une école de commerce et faire des stages dans les sociétés de production.

Les métiers de l'animation : un secteur en croissance ouvert aux jeunes

Les films français d'animation connaissent un grand succès depuis quelques années. Le secteur est donc en pleine croissance et il recrute des jeunes ! 
"Les étudiants des écoles d'animation françaises, qui jouissent d'une excellente réputation à l'international, trouvent souvent du travail avant d'être diplômés", indique le guide de l'Onisep 2018 sur "les métiers du cinéma".

Les métiers du dessin animé requièrent un beau cocktail de talents : il faut toujours une maîtrise du dessin à la main, par exemple pour ébaucher les personnages si l'on est character designer, ou les vignettes comme storyboarder ; mais ce travail manuel est aujourd'hui complété par l'utilisation intensive de logiciels de graphisme et sur certains postes, modeleur 3D ou animateur, il faut maîtriser de complexes logiciels d'animation pour insuffler mouvement et profondeur aux personnages.

Pour acquérir ces compétences pointues, une formation spécialisée s'impose donc.

Reportage dans un studio d'animation 

Comment se former ?

- Les filières artistiques publiques permettent de faire un DMA (diplôme des métiers d'art) option cinéma d'animation en 2 ans après le bac, diplôme remplacé progressivement par le DN MADE en trois ans postbac : par exemple l'Esaat Roubaix ou l'Esaig Paris (Estienne)... Accès très sélectif sur dossier et entretien.
L'Ensad (Arts déco) propose de son côté une formation en cinq ans, et toujours l'université Paris 8 avec son cursus ATI en trois ans après un bac+2.

- Plusieurs écoles, privées ou consulaires, dispensent une formation en trois à cinq ans : Rubika, Mopa, Emile Cohl, l'EMCA, les Gobelins, l'Eesa, ArtFX. Accès sur concours. La plupart forment à tous les métiers de la chaîne d'animation, mais certaines sont plus spécialisées dans la réalisation, les images de synthèse ou le character design.

Quelle formation choisir ?

A cette question récurrente posée par les passionnés de cinéma, un Youtubeur lui-aussi passionné répond avec justesse : dans ce secteur artistique où l'emploi reste rare et l'entrée en formation très sélective, c'est avant tout votre motivation et votre personnalité qui compte, davantage que la notoriété de l'école que vous ferez.

Excepté sur des métiers très techniques, par exemple dans le cinéma d'animation où l'école peut vraiment vous former et vous lancer, aucun diplôme ne garantit que vous pourrez trouver du travail dans le monde du cinéma et plus encore, en vivre.

A chacun donc de tracer sa voie en connaissance de cause. Petite correction à apporter aux propos tenus ci-dessous : le BTS n'est pas un diplôme que l'on prépare à l'université, mais dans un lycée.


Faire de sa passion du cinéma son métier ?

En conclusion, si le cinéma vous passionne, veillez à bien vous renseigner avant de vous engager dans une formation onéreuse et surtout à vérifier que vous avez le bon profil pour naviguer dans cet univers professionnel.

Derrière les paillettes et la magie du grand écran, les conditions de travail des professionnels sont en effet bien moins glamour : 70% d'entre eux sont intermittents. Cela veut dire qu'ils ne travaillent pas en "contrat à durée indéterminée" (CDI) pour un employeur unique, mais sont embauchés de façon irrégulière pour des missions ponctuelles, le temps de faire un film.

Et  pour toucher des indemnités chômage comme intermittent entre deux missions, il faut pouvoir justifier d'un certain nombre d'heures de travail pendant 12 mois consécutifs. Dans les métiers créatifs où les candidats sont nombreux, il faut donc pouvoir accepter une certaine insécurité, psychologique et financière. Si ce n'est pas la vie dont vous rêvez, alors, n'hésitez pas à choisir une autre orientation et à garder le cinéma au rayon de vos loisirs.

Conseils pour ceux qui veulent absolument y aller

Si au contraire, après exploration minutieuse du secteur, votre "vocation" et votre talent sont toujours là, alors vous n'avez plus qu'à mettre en pratique patiemment tous les bons conseils d'insertion donnés dans cet article :

- Pour être admis dans une formation en cinéma et convaincre un jury de votre motivation, vous avez intérêt à pouvoir présenter une réalisation concrète : un blog sur le cinéma, un clip, une chaîne Youtube, une vidéo qui témoigne de vos aptitudes techniques ou créatives. Il faut donc s'impliquer très tôt (dès le lycée) dans des projets en lien avec le cinéma ou la vidéo. Cela peut aussi passer par la participation à des concours, des stages, etc.

- Cernez bien le coeur de votre talent. Vous aimez le cinéma, mais que pouvez-vous lui apporter ? Un talent d'écriture de scénario, de comédien, un sens de l'image, du son, du montage, de la gestion de projet, une expertise en logiciels informatiques ? Cela vous aidera à choisir la spécialisation où vous pourrez le mieux réussir.

- Si vous faites des études de cinéma, quelle que soit l'école, multipliez en parallèle les expériences professionnelles : projets, stages, jobs d'été dans le secteur...

- Veillez à vous constituer rapidement un réseau parmi les étudiants, les enseignants, les intervenants et les professionnels que vous avez l'occasion de rencontrer.

- Restez polyvalent afin de pouvoir vous reconvertir vers les web télé, la télévision, les plateformes de production de séries, etc. ou les métiers proches du vôtre. De plus en plus, le monde du cinéma et de la télévision se rapprochent.

- Et restez vigilants et en veille pour saisir les opportunités : ainsi, dans les métiers créatifs, l'essor des plateformes comme Netflix fournit de nouveaux débouchés aux scénaristes, dans les métiers techniques, on cherche des talents dans les effets visuels et l'animation 3D... Alors, soyez prêt ou prête à saisir votre chance.

Mercredi 16 Janvier 2019

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