Se réorienter en première année de fac, c'est possible

L'université accorde de plus en plus le "droit à l'erreur" aux étudiants : elle les aide à se réorienter dès la première année de licence (L1), dans une autre discipline ou un autre établissement, au bout du premier semestre (S1) ou parfois du deuxième (S2). Quand et comment faut-il s'y prendre ?



Image : Photothèque Université Claude Bernard Lyon I
Image : Photothèque Université Claude Bernard Lyon I
"En L1, beaucoup d'étudiants se retrouvent en échec parce qu'ils se sont mal orientés, explique Vincent Ronach, enseignant et responsable des L1 à l'UPEC (Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne). Beaucoup, par exemple, ont choisi l'histoire parce qu'ils aimaient les films historiques. Mais quand ils découvrent l'aspect rébarbatif de l'étude des sources, leur motivation tombe complètement".

"Certains sont déçus de la discipline qu'ils ont choisie, confirme Claudia, documentaliste au service d'information et d'orientation de l'UPEC. D'autres sont sur un constat d'échec, ils n'ont pas forcément le niveau de français par exemple". D'autres encore n'ont pas été acceptés par le dispositif Admission postbac  là où ils l'auraient voulu : "je me suis rendu compte trop tard que je voulais faire du droit, mais je ne l'avais pas mis en tête de ma liste de voeux", raconte Claudia, qui a finalement commencé une L1 en psycho... en espérant pouvoir se réorienter.

Or la bonne nouvelle est que la plupart des universités permettent cette réorientation dès la première année, et même dès le premier semestre (ou S1).

Quand peut-on se réorienter ?

En théorie, on peut le faire en S1, en fin de L1 et même de L2, grâce au système des crédits européens (ECTS) qui permettent d'avoir des équivalences et de créer des passerelles entre disciplines. La licence universitaire a été réformée de façon à ne pas spécialiser les étudiants trop vite, et à offrir des blocs de "fondamentaux" identiques dans de nombreuses disciplines : langues, expression française, TICE... Ceci pour leur permettre de s'orienter progressivement et de négocier des changements de parcours éventuels.
Toutefois, il est clair que plus vous vous réorientez tôt, plus le choix est large et moins vous risquez de perdre de temps.

L'idéal est donc de se réorienter dès la fin du premier semestre de L1, pour pouvoir commencer son deuxième semestre dans la nouvelle voie choisie. Attention : il faut bien sûr passer vos examens de fin de premier semestre. Le changement doit être bien préparé et validé par votre université. Mieux vaut donc ne pas s'en soucier au dernier moment, en janvier ou février, mais si possible dès le mois de novembre. "A l'UPEC, nous organisons une réunion sur la réorientation dès le 21 novembre", explique Vincent Ronach. Les étudiants sont ensuite suivis par le SCUIO (service d'orientation de l'université) qui leur propose de participer à plusieurs ateliers collectifs. "Cela leur permet de parler de leurs difficultés, de voir qu'ils ne sont pas seuls dans leur cas, et aussi d'entendre parler d'autres disciplines". Un suivi est aussi proposé avec une conseillère d'orientation.

Même type de démarche à Paris 8 Vincennes Saint-Denis et dans nombre d'autres universités : des sessions d'information, des ateliers de réflexion et/ou des rendez-vous avec un(e) conseiller(e) d'orientation sont proposés aux étudiants par le SCUIO entre novembre et fin janvier. L'idéal est d'avoir suffisamment de temps pour bien explorer les possibilités de réorientation et tenir compte de vos goûts et de vos difficultés pour éviter une nouvelle erreur. "Il vaut mieux réagir assez tôt, car le but est de ne pas perdre son temps à ne rien faire entre fin janvier et septembre !", conseille une enseignante de l'Université Versailles St-Quentin (UVSQ).

Si vous vous y prenez assez tôt, vous pouvez même aller assister à des cours là où vous souhaitez vous réorienter, ou encore choisir une "mineure", un enseignement de spécialisation qui vous permet de tester votre goût pour cette discipline.

Quelles démarches faut-il faire ?

  • Aller donc s'informer le plus tôt possible dans le service de votre université qui s'occupe de l'orientation et l'insertion des étudiants (en général le SCUIO mais le service peut porter un autre nom).
  • Participer à toutes les réunions ou ateliers qui sont prévus, en allant jusqu'au bout de la démarche, de façon à pouvoir faire valider votre réorientation.
  • S'inscrire aux modules ou enseignements facultatifs de "projet professionnel personnalisé" pour fixer votre objectif professionnel
  • Si rien n'est organisé, demander un rendez-vous à un(e) conseiller(e) d'orientation de l'université
  • Explorer en parallèle les formations qui pourraient vous intéresser, soit dans la même fac, soit ailleurs :assister à des cours, prendre contact avec des enseignants
  • Quand votre décision est prise et que vous savez ce que vous voulez faire, il faut adresser une demande à la fois à votre responsable de département et à celui du département que vous visez. On vous demande souvent une lettre de motivation, expliquant votre demande et la raison de votre nouveau choix. Chaque université vous précise la marche à suivre.
  • Dans tous les cas, il faut travailler et passer vos examens de premier semestre : ne lâchez pas en vous disant que ça ne sert à rien, car au contraire, les ECTS validés en S1 dans votre premier cursus vont s'ajouter à ceux validés en S2 dans le nouveau pour permettre votre passage en L2.

Vers quelles formations peut-on se réorienter ?

- Vous pouvez d'abord aller vers une autre discipline enseignée dans votre université : de l'histoire à la psycho, du droit à la gestion, de la géographie à l'économie, etc. Certains passages seront peut-être plus délicats, notamment si vous visez une filière très demandée : la validation des certains ECTS de premier semestre peut être exigée. Pour se réorienter en droit, on vous demande parfois de rattraper certains ECTS de premier semestre en deuxième semestre, ou même en L2. Certaines facs organisent une répétition de cours du premier semestre.

-Selon l'UFR et la faculté où vous êtes, certaines réorientations peuvent vous être proposées d'emblée : ainsi, en "première année d'études de santé" (Pacès), si les notes que vous avez obtenues au concours du premier semestre sont trop faibles, la réorientation vous est... imposée dans une discipline de l'université, ou bien parfois en IUT ou en prépa intégrée d'écoles d'ingénieurs.

-Le dispositif autorise aussi une réorientation dans une autre université, ou même un autre type d'établissement : par exemple un IUT ou un BTS qui accepte l'arrivée d'étudiants en réorientation au deuxième semestre. Certains, comme l'IUT de Metz, proposent ainsi des "rentrées décalées" en février. L'académie de Metz Nancy propose aussi 4 BTS (MUC, CGO, Assistant gestion PME-PMI, Techniques physiques pour l'industrie et le laboratoire) en 18 mois avec une rentrée en février. La liste de tous les établissements qui acceptent ces réorientations est publiée chaque année en décembre.

-Il peut aussi exister des accords spécifiques entre votre université et d'autres établissements. Ainsi l'Université Versailles Saint-Quentin (78) et le lycée d'hôtellerie et de tourisme de Guyancourt ont mis en place un partenariat de "passerelle universitaire" : les étudiants peuvent suivre entre mars et juin un programme de mise à niveau avec des cours et des stages dans l'univers de l'hotellerie, de façon à accéder à un BTS tourisme ou hôtellerie-restauration l'année suivante.

Toujours possible de rebondir

Inutile de vous décourager donc si vous vous sentez en échec ou démotivé par vos études. Ne vous laissez pas glisser dans la perte de confiance et la déprime, mais prenez le taureau par les cornes et profitez de tous les dispositifs mis en place dans votre université et votre région pour mûrir un projet qui vous convienne.

Votre motivation va revenir peu à peu, et vous allez pouvoir vous remettre au travail en visant une belle réussite. En vous retournant en arrière, vous verrez alors que votre "erreur" d'orientation vous a appris à mieux vous connaître et vous a permis de mûrir un peu plus. 

Lundi 4 Février 2013
Michèle Longour

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1.Posté par Réorientation le 07/11/2012 12:04
Il ne faut pas se décourager en effet, tout le monde a le droit à l'erreur et chacun peut rebondir avec une nouvelle expérience !

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