Orthoptiste : une profession paramédicale d'avenir




Orthoptiste : voilà un métier qui ne vous dit peut-être rien… Pourtant à l'ère des écrans, ce spécialiste de la rééducation visuelle a de beaux jours devant lui. On vous dit tout sur cette profession paramédicale qui nécessite de solides connaissances en physique, de l'endurance et de la psychologie.



Une orthoptiste dans une clinique ophtalmologique. Photo : clinique de l'Union à St-Jean (31).
Une orthoptiste dans une clinique ophtalmologique. Photo : clinique de l'Union à St-Jean (31).
Faisons d'abord un point sur ce nom qui peut sembler un peu "barbare" : "orthoptiste", vient de la racine grecque "ortho" qui signifie "droit" et "opsie" qui désigne "l’œil" ou "la vision". L’orthoptiste est donc, littéralement, celui qui vous aide à "voir droit".

Plus précisément, sa vocation est de dépister des troubles visuels et d’assurer des actes de rééducation et de réadaptation de la vue.

"Nous recevons des patients de 0 à 99 ans, résume Thoa, orthoptiste en région parisienne. Il peut s’agir d'un enfant qui ne voit que d’un œil ou qui a un strabisme, d'un adulte qui a des maux de tête ou d’une personne âgée qui souffre de dégénerescence maculaire liée à l'âge (DMLA)."

L'orthoptiste fait pratiquer à chaque patient des exercices oculaires adaptés à sa pathologie, comme on le voit sur ce reportage :

Les missions sont donc particulièrement variées et le métier peut s'exercer de deux façons : "Il y a, aujourd’hui, les orthoptistes qui pratiquent essentiellement la rééducation et ceux qui font de la "pré-consultation", c’est-à-dire qu'ils assistent l'ophtalmologue en réalisant pour lui des examens préparatoires comme le scanner de la rétine par exemple.

- Lire le témoignage d'Amélie, othoptiste

Un métier passionnant et très prenant

Un métier riche qui, comme souvent dans le domaine du médical et du paramédical, laisse une place importante à l’humain. "En rééducation, nous voyons nos patients en général pour 12 séances de 20 minutes, précise Thoa. Il y a donc un lien qui se crée, il faut avoir de la patience et un peu de psychologie."

En effet, parvenir à mettre le patient en confiance est essentiel pour obtenir de bons résultats. Au quotidien, ce métier de contact est donc particulièrement stimulant : "Quand quelqu’un vient, par exemple, avec des maux de tête et que nous réussissons à le soulager, nous sommes satisfaits, note Thoa. Il y a d’autres cas plus compliqués, comme cet enfant dont on s'est aperçu tard qu’il ne voyait quasiment pas d'un œil et qui, après deux ans de suivi, a retrouvé l’usage de celui-ci."

Sachez, cependant, que le métier d'orthoptiste demande beaucoup d'investissement. Pour avoir un salaire intéressant, il vous faudra faire beaucoup d'heures. "C'est vrai que les horaires sont bien souvent de l'ordre de 9h à 20h avec des patients toutes les 20 minutes lorsqu'il s'agit de rééducation, prévient Thoa. Et c'est plutôt un patient toutes les 10 minutes quand il s'agit de faire de la pré-consultation !".

Cabinet, hôpital et dispensaire

La majorité des orthoptistes, plus de 75% d’entre-eux, exercent en libéral. Cependant, ils peuvent aussi être salariés à temps plus ou moins complet dans les hôpitaux, les dispensaires, les centres de soins...

L'orthoptiste est également partie prenante de projets thérapeutiques élaborés au sein des établissements spécialisés, comme, par exemple, auprès des personnes handicapées.

Il se rend également au domicile du patient, dans les crèches, les halte-garderies, les écoles, les maisons de retraite.

Remboursé par la Sécurité Sociale

L'orthoptiste travaille sur prescription médicale et de ce fait collabore avec différents médecins. "Nos patients nous sont envoyés par des généralistes, des pédiatres, des ORL…raconte Thoa. S’ils sont contents de notre travail et des résultats obtenus, ils nous adressent alors de nouveaux patients."

L’orthoptiste exerce donc en liaison avec les professionnels médiaux, paramédicaux mais aussi avec les opticiens qui se chargent de l'équipement optique. L’orthoptiste a passé une convention avec les caisses d'assurance maladie. Ses actes sont pris en charge par la Sécurité Sociale.


Une profession pleine d’avenir

Si vous vous dirigez vers cette voie, vous ne devriez pas avoir trop de difficultés à vous faire une place. D’abord, parce que les patients sont de plus en plus nombreux. Un constat en partie lié à nos modes de vie : "Les tablettes, les ordinateurs tout cela fatigue les yeux, explique Thoa. Les patients se plaignent alors de maux de tête, de vertiges, d’une vision flou… Il y a d’ailleurs de plus en plus d’enfants concernés."

Par ailleurs, depuis quelques années, les professionnels se sont aperçus que certains troubles de l’apprentissage pouvaient être liés à des défauts de vision. "Il arrive en effet que nous puissions corriger des troubles de l’attention ou aider des enfants qui, par exemple font des erreurs en recopiant. Nous nous apercevons qu'en réalité le problème était lié à la vision."  

De nouveaux patients donc alors qu'il est de plus en plus difficile de trouver un orthoptiste pour pratiquer la rééducation. C'est d'autant plus vrai que beaucoup d'étudiants s'orientent actuellement davantage vers des actes de "pré-consultation" dans le cadre d'une collaboration avec un ophtalmologue. Voilà une piste à étudier si le métier vous attire.

Comment devenir orthoptiste ?

Pour devenir orthoptiste, il faut avant tout réussir un concours d'entrée sélectif car l'accès à la profession est régi par un numerus clausus (nombre de places limité).

- Il existe 14 lieux de formation, rattachés à des universités, et chacun possède son propre examen d’entrée. Celui-ci se déroule, le plus souvent, entre les mois de février et de septembre. 

- Le concours de compose généralement de deux épreuves, l’une de biologie, l'autre de physique, de deux heures chacune. Il y a également une épreuve orale qui permet au jury de tester la culture générale et les motivations personnelles du candidat. Et certains instituts font également passer des tests d’aptitudes psychotechniques.

- Avoir un bac S est fortement recommandé car la formation est très scientifique. Il n’y a pas de limite d'âge pour entrer en formation du moment que l'on réussit l'examen d'entrée.

Le témoignage d'un étudiant qui s'est ré-orienté vers l'orthoptie après une Pacès


Trois ans d'études

Les études se déroulent sur trois ans (6 semestres) et sont particulièrement intenses. L'arrêté du 20 octobre 2014 relatif aux études en vue de la délivrance du certificat de Capacité organise la licence de formation des orthoptistes.

Celle-ci alterne entre cours magistraux, travaux dirigés et de nombreuses heures de stage pratique. Voici, par exemple, le programme des études proposé à l'université Paris Descartes à Paris :
 
  • 1ère année : anatomie, physiologie de l'oeil, optique théorique et physiologique, pathologie oculomotrice (strabisme incomitant et concomitant), neuropsychologie, instrumentation et exploration de l'oculomotricité, méthodes d’examen, santé publique et éthique médicale, techniques pléorthoptiques.
  • 2ème année : notions élémentaires de statistique, anatomie, optique théorique et physiologique, neurophysiologie de la vision, optique, pathologie ophtalmologique, apprentissage et psychopathologie, instrumentation, méthodes d'examen, techniques pléorthoptiques.
  • 3ème année : anatomie, optique, physiologie, instrumentation, pathologie ophtalmologique et générale, neuropsychologie, méthode de rééducation de la basse vision, techniques d’examen complémentaires et électrophysiologiques.
La psychologie est aussi enseignée durant les trois années : évolution affective de l’enfant, psychologie de l’enfant inadapté, notions de psychologie pratique à l’usage de l’orthoptiste.
 
Après obtention du certificat, il est possible d’approfondir ses connaissances. De nombreuses formations privées proposent des parcours complémentaires non diplômants. Il est aussi possible de passer par des diplômes universitaires (DU) comme le DU Réadaptation du handicap visuel et "Basse Vision" à Paris, Basse Vision à Lyon, Strabologie à Nantes,Neuro-Ophtalmologie à Paris, Action et troubles des apprentissages à Dijon…

Où se former ?

Anne-Louise Sautreuil

30 Mai 2017

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