Quand l'école donne une 2ème chance



Les Ecoles de la deuxième chance ou E2C offrent un tremplin aux jeunes qui ont décroché de l'école et se retrouvent sans formation ni emploi. Il y en a une centaine en France. Elles peuvent vous proposer de combler vos lacunes, de faire des stages et surtout, de reprendre confiance pour bâtir un projet d'avenir...




Quand l'école donne une 2ème chance
"Moi je voulais faire compta, mais on m'a mise en secrétariat et le secrétariat, ça ne me plaisait pas", dit Sophie, 19 ans, qui a arrêté ses études avant d'obtenir son bac pro. Cédric, lui, s'était laissé entraîner par ses fréquentations à dealer de la drogue.

Quant à Sheila, elle a quitté l'école après avoir raté son bac. Elle a ensuite enchaîné six ans de petits boulots avant de craquer : "J'en avais marre, j'avais envie de faire un métier qui me plaise mais je ne me voyais pas repartir à l'école"...

Trois exemples parmi d'autres de jeunes qui ont fini par frapper à la porte d'une Ecole de la 2e chance ou E2C.

Une E2C, c'est quoi ?

C'est un lieu de formation spécialement adapté à des jeunes de moins de 26 ans sortis du système scolaire, en général sans diplôme ni qualification. C'est un peu la "grande école des décrocheurs", et il y en a plus d'une centaine en France.

On parle d'une "école", mais les méthodes n'ont rien à voir avec celles du collège ou du lycée. D'abord, l'enseignement est personnalisé : les enseignants proposent à chacun les remises à niveau qu'il lui faut : un peu de français, de maths, d'informatique... Cela dépend surtout de votre projet, de vos envies, car c'est vous qui devez prendre les commandes de votre vie.
Lionel voulait être peintre. On lui a proposé une remise à niveau dans les calculs de surface. "Quand on sait pourquoi on travaille, ça change tout !", dit-il.


Une vidéo sur le réseau des E2C


Des stages en entreprise pour trouver sa voie

Dès l'entrée dans l'école, chaque élève doit donc commencer à bâtir son projet professionnel : des visites d'entreprises sont organisées, des métiers sont présentés et les jeunes commencent à faire de petits stages de découverte en entreprise. "J'ai fait 5 stages en 5 semaines et ça m'a donné plein d'idées", dit Samir.

Ensuite, chacun poursuit les stages en alternance avec les temps de formation à l'E2C. À Marseille, l'E2C a une école de cuisine intégrée qui permet aux jeunes de tester l'hôtellerie-restauration. A la fin de chaque stage, les formateurs de l'E2C aident à faire le point : qu'ai-je appris ? quelles sont mes compétences ? Qu'ai-je tiré de ce stage ?

Ces diverses expériences aident à reprendre confiance en soi, d'autant qu'il faut être autonome. "Pour trouver les stages, on nous explique les démarches mais on doit aller voir les entreprises. Les premières fois c’est difficile, après on s’habitue et on fait comme si de rien n’était".

Vidéo : des jeunes d'une E2C bâtissent leur projet professionnel


A la sortie : un emploi ou une formation qualifiante

Le cursus d'une E2C dure six à huit mois, parfois davantage dans certaines écoles. L'objectif est d'aider chaque jeune à avoir un projet à la sortie.

Ce projet peut être différent du rêve qu'on avait au départ, comme pour ce stagiaire qui avait envie de travailler dans une bijouterie : ayant eu quelques démêlés avec la police, il a rapidement compris qu'il n'aurait aucune chance de trouver un emploi dans une bijouterie mais par contre, il a découvert la boulangerie et décider de préparer un CAP.

Ceux qui trouvent ainsi leur voie poursuivent souvent par une formation qualifiante pour apprendre un métier. Les formateurs de l'E2C les suivent encore durant quelques semaines. Certains trouvent un contrat d'alternance, d'autres un CDD, d'autres encore peuvent recevoir une offre d'embauche dans une entreprise qui les avait pris en stage.

Certains, plus rares, peuvent même être aidés à aller vers une création d'entreprise, comme Gady, une jeune Guinéenne qui voulait monter une société pour fournir les femmes africaines en produits de beauté : "L'école de la 2e chance m'a donné envie d'aller loin", témoigne Gady.

Comment être admis dans une E2C ?

Quand l'école donne une 2ème chance
Pour être admis, il faut souvent passer par la mission locale. Mais on peut aussi envoyer une candidature spontanée à une E2C.

Dans tous les cas, vous devez passer un entretien pour expliquer votre démarche et dire pourquoi vous avez envie de retourner à l'école. "C'est vrai qu'il faut l'envie, dit un responsable d'une E2C, car ce n'est pas évident de retourner volontairement à l'école, à 20 ans ou plus. Cela demande pas mal d'efforts. Il faut être capable d'assumer le regard des autres."

"On doit sentir chez le jeune qu’il sait où il est et qu’il a envie de s’en sortir, explique un autre permanent. Quelqu’un qui dit : ˝je viens ici parce que mon conseiller…˝, ça commence mal !".

"On a aussi notre mot à dire. Ça doit aussi être notre choix

Vous l'avez compris : il faut être MO-TI-VE, c'est une des clés de la réussite. Avoir envie de s'en sortir, de se lever tous les matins, d'aller au bout des stages, d'essuyer les refus...

Si vous êtes accepté (ce n'est pas automatique), on vous propose d'ailleurs de commencer par une période d'essai de 2 à 7 semaines.  "Pendant le mois d'essai, résume un stagiaire, on passe des tests pour voir notre niveau scolaire. Et le comportement joue. Le comportement, ça veut dire être ponctuel, avoir une bonne attitude, suivre en cours. À la suite du mois, on a un entretien pour savoir si on continue ou pas. On a aussi notre mot à dire. Ça doit aussi être notre choix".

Un statut de stagiaire, une rémunération mensuelle

Quand l'école donne une 2ème chance
Si vous êtes admis, vous signez un contrat : vous vous engagez à suivre ce que vous propose l'école, à accepter l'autorité des enseignants, à être ponctuel, etc.

Vous avez alors le statut de stagiaire de la formation professionnelle et vous recevez à ce titre une rémunération mensuelle versée par la région. Les stagiaires qui n’ont jamais travaillé auparavant touchent entre 130 euros et 400 euros par mois, en fonction de leur âge. Ceux qui ont déjà travaillé ou ont une situation personnelle particulière (handicap, parent isolé) perçoivent 650 euros par mois.

En savoir plus, contacter le réseau E2C

Cela vous tente ? En 2014, il existe une centaine d'écoles portant le label "Ecole de la 2ème Chance" (E2C) réparties dans 17 régions, 47 départements et 4 dom-tom : Marseille, Mulhouse, Châlon-en-Champagne (avec trois sites à Charleville-Mézières, Troyes, Saint-Dizier), La Courneuve (siège de l'E2C Seine-Saint-Denis avec 4 écoles à La Courneuve, La Plaine Commune, Rosny-sous-Bois, Sevran), à Moulins, Toulouse, Evry, Tours, Belfort...

  • Pour savoir s'il en existe une dans votre ville ou région, consultez le site web du réseau, www.reseau-e2c.fr
 
  • Lire aussi : Défense 2e Chance sur le dispositif Défense 2ème Chance qui ressemble un peu aux E2C, à la différence que les jeunes sont accueillis comme internes dans des centres et encadrés par d'anciens militaires.
Mercredi 17 Septembre 2014

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