Faut-il essayer les relations avec les deux sexes pour savoir si l'on est hétéro, bi ou homo ?


Beaucoup se demandent s'il faut comparer les expériences pour choisir son orientation sexuelle. Ce n'est pas ainsi que les choses se passent et cela pour trois raisons.



On ne choisit pas d'être homosexuel ou hétérosexuel

D'abord, l'homosexualité n'est une voie que l'on choisirait un jour en se disant : "Tiens, aujourd’hui, je vais choisir si je veux devenir homo, bi ou hétéro." L'orientation sexuelle est plutôt quelque chose que nous portons profondément en nous, et qui se révèle avec le temps, en particulier à l'adolescence, quand la personnalité se construit, que les pulsions et les émotions amoureuses s'éveillent.

L'homosexualité structurelle est une orientation involontaire de l'être - sans doute nouée dans la petite enfance - qui va orienter tout le désir, les sentiments et les émotions, a priori,  vers l'autre sexe ou vers le semblable. Cela ne résulte pas d'un choix parmi une offre de plaisirs possibles.

Les expériences sexuelles précoces peuvent gêner la construction de la personnalité

Dans l'immense majorité des cas, votre orientation vous poussera vers le sexe opposé, ce qui ne veut pas dire que vous réussirez vos histoires d'amour du premier coup ! Rappelons en effet que l'homosexualité concerne un assez faible pourcentage de personnes : 9% ressentent un "désir homosexuel" et 6% déclarent être passées à l'acte (d'après le sondage sur la sexualité des Français réalisé les 8 et 9 avril 2009 par la Sofres pour le Nouvel Obs-RTL sur un échantillon de 1000 personnes).

Une expérience érotique homosexuelle vécue à l'adolescence, période où l'on est encore en construction, risque donc de gêner la délicate ouverture sur l'autre sexe. Les sexologues, eux, remarquent que des expériences homo précoces peuvent produire un conditionnement au plaisir homosexuel et enfermer dans ce type de sexualité. Mieux vaut donc laisser tout simplement éclore votre identité sexuelle, jusqu'au moment où vous vivrez une relation amoureuse importante et vous sentirez mûr(e) pour un grand amour. Pour vous aider, n'hésitez pas à vous confier à un adulte de confiance ou un ami.

Attention aux prises de risque et aux conséquences humaines

La troisième objection que l'on peut faire à celui ou celle qui souhaite "tout essayer", c'est que chaque expérience, hétéro ou homo, peut avoir des conséquences humaines  importantes :

- Les "partenaires" de vos diverses expériences sont d'abord des personnes, à respecter si ce n'est à  aimer, car nous sommes tous fragiles. Si vous considérez l'amour (et le sexe) comme un jeu, sachez qu'il peut avoir des conséquences graves. Sur le plan humain, vous pouvez briser des coeurs et vous faire aussi mal à vous-même. Une mutuelle étudiante, la Smérep constate une perte de l'estime de soi chez ceux qui banalisent le sexe (lire Santé et sexualité : une consultation pour étudiants). Utiliser le corps d'un  "partenaire" et le sien comme de simples instruments de plaisir, conduit sans doute à nier une partie de notre humanité, d'où des problèmes de déprime ou d'anxiété.

- Sur le plan médical, il est clair que la multiplication des expériences sexuelles (homo ou hétéro) constitue une prise de risque accrue (par rapport à ceux qui n'ont pas de rapports ou restent fidèles). Le risque d'attraper une IST (infections sexuellement transmissibles ), en particulier le SIDA, est particulièrement élevé dans les milieux qui multiplient les partenaires. Si le préservatif est une bonne prévention, son usage s'est beaucoup relâché en particulier chez les jeunes. Prudence, donc...


Autres questions du dossier "Questions sur l'homosexualité " :
D'où vient l'homosexualité ?
Qu'est-ce que l'homosexualité ?
Qu'est-ce que l'homophobie ? 
Un de mes amis est homosexuel, comment me comporter avec lui ?

la rédaction
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