Comment (bien) pitcher son projet en anglais ?



Etudiants ou jeunes pros, vous devez souvent pitcher votre projet de startup ou d'association en anglais. Pas simple quand on est déjà stressé et qu'on n'est pas bilingue. Alors, comment s'en sortir, et surtout comment progresser ?



Par groupe de trois, ils révisent fébrilement leurs notes dans le couloir. Dans quelques instants, c'est à eux ! Ils devront pitcher leur projet de startup en 4 minutes chrono... et en anglais s'il-vous-plaît.

Pour son championnat de startups ouvert aux étudiants, l'association Entreprendre pour apprendre (EPA) veut en effet mettre les candidats en conditions les plus réelles possibles. Or difficile aujourd'hui de percer dans l'entrepreneuriat ou la vie professionnelle sans être rompu à l'expression orale en anglais. Surtout si votre produit a prétention à conquérir les marchés internationaux, ou s'il faut convaincre des investisseurs.

"Aujourd'hui la plupart de nos projets d'innovation sont développés au niveau international", confirme Ahmed Djoubri, directeur marketing de Visa, l'entreprise éditrice des cartes bancaires, qui fait partie des partenaires et des membres du jury.

Dans l'arène, face au jury

Allez, on se lance !  Trois étudiants entrent dans l'arène où les attendent une petite dizaine de cadres d'entreprise et de membres de l'association EPA.

Ils sont tous trois en licence de biologie à l'université de Poitiers et viennent présenter Caseiro, un produit ménager écolo qui permet à la fois de laver la vaisselle et de faire sa lessive.

Manifestement plus à l'aise en anglais, Margot mène la danse. Mais Anne-Claire et Marin assument au mieux leur partie de la présentation. Quatre minutes plus tard, les membres du jury passent aux questions et cette fois les étudiants répondent en français, une option laissée au choix de chaque équipe. 

Vidéo : Pitch en anglais pour le championnat Startup EPA


Sept conseils pour progresser

Résumons les conseils à retenir pour réussir l'exercice :

1/ Acquérir le vocabulaire

Votre produit, votre secteur d'activité a ses termes techniques, ses méthodes : commencez par vous en procurer la bonne traduction, sans oublier bien sûr le vocabulaire "business".
Si nécessaire, lisez des revues techniques, consultez les documents de vos concurrents en anglais (s'il y en a).

2/ Solliciter ses enseignants, tuteurs, mentors

Vous avez écrit une première version de votre pitch ? Demandez à votre enseignant d'anglais son avis, et/ou sollicitez éventuellement d'autres personnes chargées de vous coacher. Cela vous permettra de corriger des fautes, et surtout d'enrichir votre pitch d'expressions adaptées.

3/ Apprendre le pitch par coeur

Ce n'est pas le but, mais le départ. Apprenez ce texte de base et commencez à le réciter "à voix haute"... Peu à peu la fluidité s'améliore et cet apprentissage vous met en tête les termes anglais pour parler de votre projet.

4/ Faire des variations en réponse aux questions

Pour pouvoir sortir du "par-coeur", exercez-vous à répondre à des questions courantes sur le projet (faites votre FAQ), si possible sans regarder vos notes. Entrainez-vous en équipe, exercez-vous à "improviser" en vous interrogeant à tour de rôle. Vous parvenez peu à peu à lâcher le par-coeur pour faire des "figures libres".
Un conseil : pas de critique, rien que du positif !

5/ S'enregistrer en vidéo ou en audio

​Si vous êtes seul(e) ou même en équipe, utilisez votre smartphone pour vous enregistrer, en audio d'abord, puis en vidéo. 
– Avec l'audio, travaillez la prononciation, sans oublier l'articulation et la respiration. Parlez-vous sur un ton monocorde un peu éteint ? Ou trop vite sans articuler ?
– Avec la vidéo, examinez votre posture : êtes-vous replié sur vous-même, souriant ou crispé, raide ou mobile ? Le pitch en anglais répond en effet aux mêmes règles de communication que toute présentation orale : plus vous êtes vivant, ouvert sur vos auditeurs, souriant et paisible, plus on oubliera votre éventuel accent français.
Un truc : quand vous enregistrez la vidéo, ne parlez pas dans le vide, mais en regardant celui qui vous filme ou une personne dans la salle. Car communiquer, c'est s'adresser à des personnes vivantes, pas à l'oeil d'une caméra.

6/ Exercer son oreille à l'accent anglais
Pas de secret : pour améliorer votre accent mais aussi votre compréhension orale de l'anglais, écoutez de l'anglais, faites une cure de séries américaines, éventuellement prenez des cours de conversation sur internet ou écoutez la BBC. Même à huit jours de votre pitch, il est possible de vous "mettre l'anglais en tête" en faisant une cure intensive.

7/ Poursuivre le travail de la langue en parallèle
Le fait de présenter votre pitch en anglais est un booster pour travailler la langue sur le long terme. En fonction de vos difficultés, choisissez les outils qui vont vous permettre de travailler vos points faibles : cours de conversation en ligne, écoute intensive, lecture... Fixez-vous des objectifs précis et atteignables, par exemple augmenter votre score sur un test d'anglais.
Vous transformez ainsi l'angoisse du pitch en anglais en motivation positive !


Pour un pitch, l'anglais ne fait pas tout

Mais au final : les étudiants ou les jeunes entrepreneurs français ont-ils leurs chance face à ceux qui sont déjà bilingues ou aux anglo-saxons ?

Même si la présentation en anglais devient un "must", n'oublions pas qu'il reste le fond de votre pitch, à savoir votre projet. Lors du championnat du Start up Programme organisé par Entreprendre pour apprendre, les étudiants sont évalués d'abord sur la qualité de leur projet.

"L'anglais ne vient que pour apporter un point bonus", explique le jury qui a distingué la startup App’ero, une application pour commander et payer ses consommations depuis son smartphone. L'équipe de Caseiro, le produit ménager 2-en-1, a remporté le prix "Business Model" décerné par la Banque Postale.

L'important, c'est d'oser se lancer

L'anglais est donc un "+", pas une sanction. Raison de plus pour se lancer, d'autant que de l'avis général, plus vous pratiquez ce genre d'exercices et plus vous serez à l'aise. 

"Il faut pratiquer, pratiquer, c'est le meilleur moyen de vaincre les appréhensions", conseille Ahmed Djoubri, le directeur marketing de Visa. Le cadre sait de quoi il parle : lui-même a fait ses études en français, mais tout en étant basé à Paris, il communique chaque jour avec le monde entier en anglais :  d'autant que l'univers des FinTech (l'innovation technologique dans la finance) est résolument mondial.

"Cest la pratique qui m'a aidé, confie-t-il. Et je peux vous assurer d'une chose : les Anglo-américains ne vous en voudront jamais de faire des fautes ou d'avoir un accent français !".

Compris ? Il ne vous reste donc plus qu'à vous débarrasser de la vieille peur française de la mauvaise note. L'accent français, c'est so chic !


Mercredi 21 Juin 2017
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