Classement de Shanghaï 2011 : les universités françaises toujours loin


Le classement mondial des universités publié en août 2011 est toujours rude pour les établissements français : le premier est Paris-Sud (Paris XI Orsay) à la 40ème place, devant Paris VI (Pierre-et-Marie-Curie), 41ème, et Normale Sup, 69ème.




Chaque année, l'université Jiao Tong de Shanghai classe 1200 établissements d'enseignement supérieur, essentiellement sur les performances de ses chercheurs. Elle prend en compte, par exemple, d'enseignants de chaque université ayant eu... un prix Nobel ou une médaille Fields (équivalent d'un Nobel de mathématiques). Ou le nombre d'articles qu'ils ont publiés dans de grandes revues scientifiques comme Nature ou Science.

Un système de classement quantitatif qui donne donc une prime aux grandes universités. Sans surprise, en 2011 comme depuis 2003, ce sont les prestigieuses universités américaines qui montent sur le podium : Harvard, Stanford, Massachusetts Institute of Technology (MIT).. Les deux Britanniques Cambridge et Oxford se hissent tout de même dans le top10. Quant aux universités françaises, elles sont loin derrière.

En 2011, la première est Paris-XI (ou Paris Sud) qui passe de la 45ème à la 40ème place. Elle devance Paris VI (Pierre-et-Marie-Curie) qui passe de la 39ème à la 41ème place. L'Ecole Normale Supérieure, grande école dédiée à l'enseignement et à la recherche, passe de la 71ème à la 69ème place.  

Le rapprochement des universités françaises plutôt favorable

Ces mauvais résultats sont à relativiser : les établissements français sont fatalement défavorisés par leur petite taille. D'autre part ce classement ne prend en compte que la recherche : on pourrait en faire un autre sur la qualité de l'enseignement ou l'insertion professionnelle des étudiants.

Toutefois, les institutions universitaires francaises ont entamé depuis plusieurs mois un mouvement de rapprochement encouragé par l'Etat : l'objectif est de constituer des pôles d'excellence sans craindre d'englober universités, grandes écoles et organismes de recherche sous une signature commune. Ainsi, trois premiers projets ont été retenus pour constituer des "initiatives d'excellence" : Bordeaux, Strasbourg et Paris Sciences et Lettres qui rassemble notamment Normale Sup, Dauphine, Chimie Paris Tech, l'Institut Curie ou le Collège de France.

Déjà, trois universités françaises entrent dans le" top 150" du classement de Shanghaï 2011 grâce à ce type de rapprochement : Aix-Marseille, Strasbourg et Paris VII. D'autre part Paris-Sud, la université françaises dans le classement est le fer de lance du projet d'excellence que l'Etat veut déployer sur le plateau d'Orsay en rassemblant laboratoires, organismes de recherche comme le CEA, universités et grandes écoles.

L'école française de mathématiques se distingue

Ces projets ambitionnent à terme de pouvoir attirer bien plus d'étudiants et de chercheurs étrangers de haut niveau. Il suffit en effet d'un cerveau ou d'un prix Nobel en plus pour gagner de précieuses places dans le classement de Shanghaï. C'est par exemple le jeune mathématicien lyonnais Cédric Villani, récompensé d'une médaille Fields en 2010, qui a permis à Normale Sup et Paris-Dauphine, ses anciennes écoles, de grimper dans le palmarès : Paris-Dauphine est entré pour la première fois en 2011 dans le top 300. De même, un autre médaillé Fiels, Ngo Bao Chau, a permis à Paris XI de gagner cinq places.

Les mathématiques réhaussent d'ailleurs le niveau des universités françaises, puisque dans le classement de Shanghaï fait en fonction de cette discipline, huit d'entre elles se glissent dans le top 100 et cinq dans le top 50 : Paris-VI (7ème), Paris-XI (8ème), Paris-Dauphine (18ème), Normale Sup (42ème) et Paris-VII-Diderot (49ème).

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Rédigé par le Dimanche 21 Aout 2011
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