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L'EM Normandie a interrogé 140 entreprises ainsi que des étudiants et des diplômés en école de commerce sur le dispositif de l'alternance. Le bilan est plutôt positif mais six pistes concrètes d’amélioration se dégagent.


L'alternance en France : ce qu'on pourrait améliorer
Après le rapport rendu par Gérard Mestrallet, le patron de GDF Suez à François Hollande le 25 avril, voilà une enquête plus modeste sur l'alternance, commanditée par l'EM Normandie à l'agence Noir sur Blanc. Elle a tout de même porté en mars 2014 sur 140 entreprises basées en France et a également sur les étudiants et diplômés en alternance des sept dernières promotions du programme grande école de l'école de management normande.

Sur le bilan du dispositif existant, les résultats confortent ce qu'on savait déjà.


Un outil de formation et de pré-recrutement pour les grandes entreprises

Le premier est que le principal moteur de l'alternance vient... des grandes entreprises, qui ont intégré le dispositif et l'utilisent à côté du stage de fin d'études comme un pré-recrutement. Ainsi, ce sont elles qui réaliseront 95,8% des recrutements d'alternants en 2014. La grande entreprise est rôdée aux contrats d'alternance, et elle utilise le dispositif de manière intensive alors que la PME ne l'est pas et développe des réticences.

Le rapport Mestrallet signale aussi qu'en 2013, les PME/TPE ont particulièrement pâti de la crise et aussi de la baisse des aides publiques pour les recrutements d'apprentis, ce qui expliquerait en grande partie la baisse des contrats d'alternance signés l'an passé.

Mais revenons à l'enquête de l'EM Normandie. Son deuxième constat, est que 46% des entreprises choisissent l'alternance avant tout pour former de futurs salariés. Dans 31% des cas, elles s'en servent même pour minimiser les risques à l'embauche, puisque 56% des entreprises sondées déclarent avoir proposé un CDI à au moins un étudiant en alternance ces deux dernières années.

C'est le gros atout de l'alternance pour les jeunes eux-mêmes : 49% des étudiants et des diplômés interrogés estiment que l'alternance permet une évolution de carrière plus rapide, notamment parce que les alternants ont déjà acquis de l'expérience professionnelle et que les employeurs ont donc davantage confiance en eux.
 
Autre fait notable et moins connu : la moitié des étudiants et diplômés interrogés qui ont été embauchés en CDI à la suite de leur période d'alternance ont vu leur salaire évoluer de manière significative : pour 28% de l'ordre de 2100 à 4000 € brut/an et pour 21%, au-delà de 9000 € brut/an.


Six pistes d'amélioration
 
Passé ce constat, l'enquête a surtout l'intérêt d'avoir interrogé les entreprises et les étudiants sur les améliorations qu'il y aurait à apporter au système. Et là, six pistes d’amélioration se dégagent :

1/ Dans l'ensemble, les entreprises comme les étudiants et les diplômés avancent l'idée de mettre en place des outils de communication pratiques et clairs qui permettraient une mise en relation optimale des entreprises et des étudiants, de clarifier les aspects financiers et de déverrouiller les préjugés et les appréhensions sur l'alternance.
 
2/ Pour améliorer leur niveau de connaissance sur les contrats en alternance, les entreprises proposent la création d'un réseau d'entreprises et d'acteurs afin de pouvoir partager leurs informations et leur expérience (23% des pistes d’amélioration les plus citées). Un point qui serait sûrement très utile pour inciter davantage de PME à faire le pas.

3/ Les étudiants et diplômés, qui ne se sentent pas toujours appréciés à leur juste valeur, ont souvent exprimé leur volonté d'être valorisés à travers une campagne de communication auprès des entreprises (28% des pistes d’amélioration les plus citées). Ceci rejoint en partie certaines préconisations du rapport Mestrallet qui estime qu'il faut agir sur les préjugés qui tendent souvent à considérer les apprentis comme des étudiants moins brillants que ceux des filières classiques (notamment dans l'enseignement supérieur et les grandes écoles).
 
4/ Les entreprises, comme les étudiants et les diplômés, insistent également sur l'importance de renforcer l'accompagnement pour chacun (environ 20% des pistes d’amélioration les plus citées par les trois populations).
 
5/ Une amélioration pourrait porter sur le rythme de l'alternance : 23% des entreprises considèrent comme optimal un rythme d'alternance d'une semaine à l'école et de trois semaines en entreprise et insistent sur le fait que celui-ci doit avant tout dépendre de l’emploi occupé par l'alternant. On sait qu'actuellement, les rythmes peuvent être très variables : 2jours/3 jours, 15 jours/15 jours, et qu'ils dépendent souvent des contraintes des écoles.

6/ Enfin sans surprise, les entreprises attendent... de la simplification. 54 % des entreprises sondées trouvent la mise en place des contrats moyennement simple. Les pistes d'amélioration les plus souvent proposées concernent l'allégement des processus administratifs (37% des pistes d’amélioration les plus citées) et l'amélioration de l’aspect financier des contrats (18%). Le rapport Mestrallet, lui, estime que les deux contrats actuellement disponibles (apprentissage et professionnalisation) sont trop contraignants et qu'il faudrait en inventer d'autres, comme par exemple "l'apprentissage en CDI" (un temps d'alternance suivie d'une embauche en CDI).


L'EM Normandie monte en puissance sur l'alternance
 
Grande école de management, L'EM Normandie surfe sur cette enquête pour annoncer qu'elle va passer de 250 étudiants en alternance en 2014 à 400 dans les prochaines années. Dès la rentrée 2014, l'école optera pour le rythme d'alternance qui a la préférence des entreprises sondées, soit une semaine de cours, suivie de trois semaines en entreprise.
 
Enfin, elle aura un nouveau campus à Paris entièrement dévolu à l'alternance, et une équipe dédiée et formée à ces problématiques. L'objectif est en effet de séduire suffisamment d'entreprise pour pouvoir offrir assez de contrats aux étudiants. Ce qui signifie aussi pour eux davantage de possibilités d'effectuer des études longues en grande école financées par des entreprises.

Téléchargez le compte-rendu complet de l'enquête ci-dessous :


Rédigé le Lundi 5 Mai 2014 | Commentaires (0) | Permalien

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Michèle Longour
Michèle Longour




Certains traînent dans les bars, d'autres fréquentent les stades ou les cinémas... Moi, je hante les journées recrutement, je fouine dans les forums emploi et les salons dédiées à toutes les carrières. D'où l'idée de ce blog pour...



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