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Indiscrétions sur  les formations et les métiers qui mènent vraiment à l'emploi


Tuyaux sur les formations et les métiers qui mènent vraiment à l'emploi





Le salon du Bourget de juin 2009 accueillait comme tous les deux ans un espace "Métiers & formations" où les recruteurs du secteur viennent contacter les candidats. Un lieu d'observation intéressant pour faire le point sur l'emploi sur l'aérien.


Industrie aéronautique : des recrutements en baisse, mais pas un crash
Grand absent sous le hall Concorde qui abritait l'espace Formation, Air France, qui subit de plein fouet comme toutes les compagnies aériennes, la baisse du trafic aérien (fret et passagers) depuis l'automne 2008. Résultat : les embauches sont gelées, en particulier celles de navigants, pilotes (PNT) ou hôtesses et stewards (PNC), et l'on n'a pas vu en juin 2009 beaucoup d'uniformes Air France au Bourget.

Profil bas donc pour les compagnies aériennes pour qui le recrutement n'est plus d'actualité. Il n'en était pas de même pour l'industrie aéronautique et spatiale et ses fleurons français et européens qui malgré la crise, étaient tout de même venus présenter leurs métiers et leurs offres d'emplois : le Groupe EADS bien sûr (Airbus, Eurocopter, Sogerma, EADS Astrium...), Dassault Aviation, Thalès, Safran, Zodiac Aerospace, Altran, mais aussi Aerolia SAS, Goodrich, Liebherr Aerospace, Bertin Services Aeropace, Protectic Ingénierie, les groupements d'intérim spécialisés Derichebourg, Randstad, Expectra, sans oublier le CNES et l'ONERA (voir la note précédente).

Industrie aéronautique : des recrutements en baisse, mais pas un crash

Des carnets de commandes encore bien garnis


Est-ce à dire que l'industrie aéronautique n'est pas touchée par la crise économique ? Elle l'est moins que le secteur du transport aérien (qui souffre des baisses de trafic) et que d'autres industries du fait de ses cycles de production très longs.

Autrement dit, elle bénéficie des commandes records passées ces trois dernières années, lorsque le trafic aérien était fortement orienté à la hausse. Des annulations sont bien tombées, mais elles restent pour l'instant marginales. Les avions commandés doivent donc être fabriqués et livrés dans les temps. Les nouveaux programmes comme celui de l'A350 doivent d'autre part être développés.


Des recrutements en forte baisse mais des recrutements tout de même


Ces spécificités expliquent la poursuite des recrutements. Certes, on n'atteindra pas en 2009 les niveaux records des années précédentes : après 12000 embauches faites en 2008, le GIFAS (groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) table plutôt sur 3000 à 4000 recrutements.

"Alors que  l'automobile ne recrute plus du tout, nous continuons à recruter, mais avec prudence", confirme Jean-Luc Antoine, DRH du Groupe Safran, qui parle de 500 à 1000 recrutements pour son groupe sur 2009 au lieu de 2000-2500 les années précédentes.
Conséquence : "Nous allons être plus difficiles dans la sélection des candidats, reconnaît Jean-Luc Antoine, mais en même temps, nous allons garder un fort taux de jeunes diplômés car nous allons nous concentrer sur l'innovation et les plus jeunes ont une sensibilité naturelle aux nouveaux concepts high tech."
Les profils recherchés chez Safran restent donc centrés sur les métiers techniques et la R&D dans les trois spécialités : mécanique (énergétique, matériaux composites), électrique et informatique (systèmes embarqués et d'information).


Ingénieurs : il faut modérer vos prétentions


Le marché de l'emploi semble donc encore bien ouvert aux ingénieurs avec quelques réserves cependant. "Les entreprises cherchent davantage de candidats expérimentés, moins de de jeunes diplômés, expriment les responsables RH de Protectic Ingénierie (SSII sous-traitant de Safran). Comme il y a moins de postes, nous sommes aussi plus regardants sur le diplôme. Nous privilégions les diplômés des écoles aéronautiques bien sûr comme l'ENSICA, Supaéro, l'ENAC, mais aussi quelques valeurs sûres comme Supélec, Centrale, les Mines ou les INSA"...

Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de salut pour les jeunes ingénieurs en dehors de ces diplômes, mais qu'on regardera à deux fois leur CV, y recherchant  des stages pertinents clairement orientés vers l'aéronautique, et un plus en terme d'expérience internationale. Le climat n'est pas non plus aux prétentions salariales démesurées : comptez 30000 à 35000 euros annuels pour un premier poste d'ingénieur. "On voit des ingénieurs diplômés en juin 2008 qui sont encore sur le marché du travail, souvent parce qu'ils ont des prétentions salariales irréalistes !" disent les recruteurs. A bon entendeur salut.



Le Rafale - Copyright : A. Ernoult
Le Rafale - Copyright : A. Ernoult

Dassault a gelé les embauches des ses compagnons


Fin de ce petit tour par le stand de Dassault Aviation. Membre du service RH de la société, Monique Daull fait une distinction entre les emplois d'ouvriers qualifiés et ceux de techniciens et d'ingénieurs : "En production, nous avons dû geler les recrutements d'ajusteurs-monteurs, car nous avions beaucoup recruté l'an dernier et nous avons eu quelques annulations de commandes. Nous avons donc dû ralentir les cadences". Il faut dire que Dassault Aviation a subi de plein fouet le retournement du marché des avions d'affaires, les fameux Falcon assemblés dans ses usines d'Argenteuil. Et qu'il espère toujours vendre son Rafale... peut-être aux Emirats.

"Par contre, poursuit Monique Daull, nous recrutons toujours des ingénieurs et techniciens pour nos bureaux d'études, car là, nous sommes sur du long terme." Mais là encore, Dassault joue la prudence avec des embauches limitées par rapport aux années prédédentes.
Les bons profils ? "Nous pouvons prendre des ingénieurs de tout type d'école car nous aimons la diversité des cursus, répond Monique Daull. L'Estaca, l'ENSAM, l'EPF, Supélec...Par contre, ce que nous leur demandons, c'est d'être passionnés par le  produit. Et également, qu'ils connaissent bien la société, et apprécie sa dimension humaine. Le cursus des stages nous montre si vous êtes passionné par l'aéronautique ou pas et c'est ceux-là que nous allons privilégier".


Qui peut postuler dans l'industrie aéronautique ?


En résumé, clairement les ingénieurs et techniciens en priorité, le secteur étant marqué par la forte qualification des ses emplois. Les diplômés d'écoles d'ingénieurs aéronautiques ou de cursus spécialisés ont l'avantage, ainsi que les techniciens supérieurs toujours très recherchés dans les domaines de l'informatique industrielle, de la mécanique et de la maintenance aéro, secteur très réglementé. A signaler le très bon placement des licences professionnelles orientées aéro, comme celle de "maintenance pluritechnique" de l'université d'Aix, formation d'un an en alternance proposée après un DUT industriel.

Une particularité aussi du secteur : la faible représentation des femmes que les industriels cherchent désespérément à renforcer. Une association, Elles Bougent s'est donc fixé comme objectif de stimuler les vocations des filles pour les métiers d'ingénieurs dans l'aéronautique, l'automobile, le ferroviaire ou l'énergie. Elle a profité du Bourget, comme en 2007, pour mettre en lien des jeunes filles avec des "marraines" ingénieurs. En tout cas, sur un marché du travail plus resserré, à diplôme égal, une femme garde un avantage certain dans l'aéronautique.

Pratique :

aeroemploiformation.com rassemble les offres d'emplois du secteur aéronautique et spatial 

Trouver une formation aéronautique dans l'enseignement supérieu r (moteur de recherche)

Trouver une formation aéronautique dans l'enseignement secondaire

Industrie aéronautique : des recrutements en baisse, mais pas un crash
Documents utiles


Annuaire du recrutement, des stages et de l'alternance - Edition 2008/2009


Cet annuaire papier est publié chaque année par le Gifas pour aider ceux qui cherchent un emploi ou un stage dans le secteur aéronautique et spatial. Il vous donne, pour chaque entreprise, les coordonnées des DRH et des responsables à contacter soit pour un emploi soit pour un stage soit pour un contrat en alternance. Un outil extrêmement précieux ! 280 contacts auprès de 180 entreprises.
Publié par l'APRODEAS. 80 pages. Prix : 8 € TTC  (chèque à libeller à l'ordre de l'APRODEAS)
Contact : Mme GONNAND - 01 44 43 17 42

Rédigé le Lundi 22 Juin 2009 | Commentaires (0) | Permalien

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Michèle Longour
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Certains traînent dans les bars, d'autres fréquentent les stades ou les cinémas... Moi, je hante les journées recrutement, je fouine dans les forums emploi et les salons dédiées à toutes les carrières. D'où l'idée de ce blog pour...



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