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On chercherait 20 000 développeurs en France pour assurer la transition numérique ! Cela explique l'éclosion de formations courtes labellisées "Grande école du numérique" par le gouvernement. Mais quelles sont les réelles perspectives du métier ?


Etudiant de l'école de développeurs 42.
Etudiant de l'école de développeurs 42.
La question a été posée en ces termes le 29 septembre dernier, lors du Forum de la Grande école du numérique dont j'ai commencé à parler dans ma précédente note.

Pour y répondre, il y avait là les responsables d'une quarantaine de ces nouvelles formations mais aussi des professionnels du secteur, les uns étant d'ailleurs très liés aux autres comme Alain Assouline, fondateur de la formation Webforce 3 et patron de l'agence digitale Les Argonautes. 


"Six mois pour trouver un développeur"

Alors, ces débouchés mirifiques sont-ils au rendez-vous ? Aucun doute, ont confirmé tous les intervenants. Il manque bien 20 000 développeurs en France, pour répondre à la demande des entreprises spécialisées dans les services informatiques mais aussi de toutes les grandes entreprises dans la banque, les services, le commerce, l'industrie, etc.

N'y a-t-il pas une ombre au tableau ? "La seule ombre au tableau serait de ne pas pouvoir répondre à ce besoin", répond Djamchid Dalili (président de 3W Academy). A la sortie des formations, les candidats peuvent donc se payer le luxe de choisir leurs débouchés, car "quand je cherche un développeur, je mets six mois à le trouver", assure Alain Assouline. Mais quels sont ces débouchés ?


Une échelle de salaires très ouverte

Commençons par les salaires. Ils iraient de 25 000 à 35 000 euros annuels pour un débutant. "Mais tout dépend de la personne, précise Alain Assouline. Si c'est un jeune, il doit passer par un stage et va commencer à 1800 euros mensuels. Par contre, si c'est quelqu'un qui a déjà une expérience et, encore mieux, une autre compétence, le salaire peut être plus élevé d'emblée".

Ainsi des études d'informatique, de gestion, de marketing, d'ingénieur ou de commerce couplées à des compétences en développement peuvent faire rapidement monter le salaire, jusqu'à le faire doubler en un an. "La fourchette va de 28 000 à 48 000 euros", dit alors Djamchid Dalili.

On comprend pourquoi les adultes (de tout âge) en reconversion se mêlent aux jeunes dans ces nouvelles formations courtes : il y a tout intérêt à acquérir les dernières compétences numériques pour compléter sa formation et faire la différence sur le marché du travail. "Si je cherche un graphiste, aujourd'hui, je trouve 500 CV du jour au lendemain, explique Alain Assouline, mais si je cherche un graphiste qui sait intégrer sa création dans une page web, j'en ai beaucoup moins !"

De même un pro du marketing doit absolument aujourd'hui savoir utiliser un logiciel de CRM (customer relationship Management) pour espérer un poste.


Pas un métier mais un champ de compétences

On découvre ainsi que derrière une même appellation de métier, "développeur", se cache en réalité un diversité de profils, de postes, et de carrières possibles. Mieux vaudrait sans doute parler "compétences" que "métier", expliquent les formateurs. 

A quelles compétences forment donc les cursus labellisés "Grande école du numérique" ? Les plus courtes (3 à 6 mois) se concentrent essentiellement sur l'apprentissage des langages informatiques du web (HTML, CSS, JavaScript, PHP, SQL). Certaines forment aussi au développement d'applications mobiles. Elles visent l'insertion professionnelle immédiate et il faut leur reconnaître une certaine efficacité comparé au temps investi. Ainsi le cursus Webforce 3 (3 mois et demi) délivre le titre professionnel de "Développeur de logiciel", certifié au niveau 3 (bac+2). 
 
​"A 42, c'est l'excellence en programmation qui est visée"

A côté, les cursus les plus longs (1 à 3 ans) comme par exemple "42" (l'école fondée par Xavier Niel) forment de véritables informaticiens programmateurs. "Au-delà d'une simple expertise technique, c’est l'excellence en programmation qui est visée", précise l'école 42, une de celles qui met la barre le plus haut avec un cursus en trois ans et une forte sélectivité à l'entrée.

"Nous avons besoin de méta-développeurs, qui à leurs compétences techniques ajoutent une capacité à imaginer, créer, innover, à se développer eux-mêmes", dit Jean-Baptiste Descroix-Vernier, patron du groupe Rentabiliweb.


Quelles évolutions possibles ?

Elles dépendent donc beaucoup du profil du développeur, de son âge, de ses talents et de son ambition. Un débutant de 19 ans qui a encore peu d'expérience de la vie d'entreprise aura évidemment à faire ses preuves dans les équipes informatiques des entreprises ou, très souvent, en agence digitale voire en freelance.

Avec un bagage un peu plus lourd et surtout 4 à 5 ans d'expérience,"un développeur PHP peut évoluer sur le plan de la compétence technique, il peut encadrer une équipe de développeurs, mais aussi devenir chef de projet technique ou transversal", estime Alain Assouline.

Les compétences en management, gestion et le relationnel font ensuite la différence. Les plus créatifs et ceux qui auront su étendre leurs compétences peuvent aussi bien sûr créer leur startup, un public de plus en plus nombreux comme le prouve la création de cursus à leur intention comme l'ESGI Academy... 


"Chassez l'image du métier d'ingénieur ou du bon en maths"

Dernières touches au tableau : "Il faut se mettre dans la tête que ce ne sont pas du tout des carrières réservées aux profils d'ingénieur", ont martelé les intervenants du Forum du 29 septembre.

Tout de même, les participants ont posé la question qui en préoccupe beaucoup : "Ne faut-il être bon en maths ?". Pas forcément, à en croire les témoignages de nombreux jeunes en formation, "il suffit d'avoir une bonne logique". Les nouvelles formations en font d'ailleurs la preuve en ouvrant la porte aux bacheliers de toutes séries (voire aux non bacheliers), seule façon de se débarrasser du goulot d'étranglement du fameux bac S.
 
"Il faut beaucoup travailler, s'accrocher, et se former dans cesse"

Il faut croire cependant que les clichés ont la peau dure car les femmes restent encore minoritaires dans ces métiers où elles sont tout de même bienvenues, ne serait-ce que pour équilibrer les équipes.

Tenez, c'est une femme qui apporte cette précision importante : "Les débouchés sont là mais ce sont tout de même des métiers exigeants, rappelle Anne Stepanoff de la Wild Code School, Il faut beaucoup travailler, s'accrocher, et se former dans cesse dans la durée". Sans doute le pragmatisme féminin.

Rédigé le Vendredi 7 Octobre 2016 | Commentaires (2) | Permalien

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Michèle Longour
Michèle Longour




Certains traînent dans les bars, d'autres fréquentent les stades ou les cinémas... Moi, je hante les journées recrutement, je fouine dans les forums emploi et les salons dédiées à toutes les carrières. D'où l'idée de ce blog pour...



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