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Tuyaux sur les formations et les métiers qui mènent vraiment à l'emploi





La semaine de l'artisanat, du 14 au 21 mars, permet de remettre les projecteurs sur ces métiers manuels tout proches de nous et hélas trop souvent boudés. Eco-construction, alimentation, petite industrie, métiers d'art, services à la personne... Il y a des places à prendre et des entreprises à reprendre.


Artisanat : des métiers porteurs et des entreprises à reprendre
Comme chaque année, l'artisanat vient rappeler qu'il est la première entreprise de France. 30% des exportateurs français sont des entreprises artisanales, car 66% détiennent un savoir-faire rare et délivrent des prestations sur mesure, le luxe et les secteurs innovants étant les plus porteurs à l'export. Ce précieux savoir-faire va de pair avec un important travail d'innovation.

Et pourtant les métiers de l'artisanat peinent toujours à recruter ! La faute à la conception de l'orientation scolaire en France, où tout travail manuel est considéré comme moins valorisant qu'une formation abstraite... même si celle-ci n'offre aucun débouché.

Heureusement, certains métiers remontent la pente, comme ceux de la cuisine, sans doute grâce aux concours télé (merci Top Chef !) qui témoignent qu'on peut exercer ce métier par passion et avec grand talent. Un certain engouement des jeunes pour l'entrepreneuriat devrait aussi aider certains à se lancer. Mais on a bien besoin des 300 événements de la semaine de l'Artisanat, du 14 au 21 mars 2014, pour changer les mentalités et faire découvrir ces métiers porteurs.

Les métiers porteurs

La chambre de l'artisanat indique que tous le sont. On peut cependant repérer des familles de métiers où les opportunités sont plus nombreuses, les besoins de main-d'oeuvre plus criants.

- Les métiers du bâtiment restent une valeur sûre : peintre, plombier, électricien, et particulièrement pénurique, couvreur.

Féru de peinture décorative depuis son plus jeune âge, Gilles Roman, pharmacien, a décidé à 35 ans de vivre enfin de sa passion : après une formation de peintre en bâtiment, il a créé son entreprise à Marseille, a six collaborateurs et forme un apprenti.
"Ma motivation ? Créer, innover à partir de matières comme le béton ciré, la résine, dit-il. Je me suis positionné sur le revêtement haut de gamme. Je travaille avec les cabinets d'architectes : mes clients recherchent la créativité et un savoir-faire totalement maîtrisé. Je me forme tous les ans pour me perfectionner, trouver de nouveaux produits, continuer à innover. Quand je repense à mes professeurs qui me disaient que j'étais trop bon pour m'orienter vers du «technique», j'ai envie de leur dire que dans l'artisanat, un apprenti sur deux devient chef d'entreprise et que pour cela, il faut être bon en direction des ressources humaines, bon gestionnaire, bon technicien, bon commercial"...

- Les métiers liés à l’éco-construction, la transition énergétique, les technologies propres, le retraitement des déchets sont aussi promis à un bel avenir. L'occasion au passage de travailler pour le développement durable de façon plus tangible peut-être que dans une grande entreprise.

- L'artisanat de production et de petite production est trop souvent oublié alors qu'il est le rouage indispensable de secteurs de pointe tels que l’aéronautique, l’aérospatiale, etc...

- Tous les métiers du service à la personne sont aussi porteurs de réels débouchés : coiffeur, cordonnier, esthéticienne.

- Enfin, les métiers de l'alimentation, métiers "passion" par excellence sont aussi ceux où les difficultés de recrutement sont les plus grandes : les bouchers, poissonniers, traiteurs, charcutiers, boulangers... ne trouvent pas facilement repreneurs, alors que la créativité peut permettre de développer l'activité et de la rendre florissante.


Laurent Rigaud et ses filles. Photo : François Maréchal
Laurent Rigaud et ses filles. Photo : François Maréchal
Laurent Rigaud est boucher dans le Nord. Il se spécialise dans la viande d’excellence en circuit court "tracée de l’éleveur au consommateur final". De deux employés au départ, la boucherie compte aujourd’hui près de vingt personnes, dont de nombreux apprentis et ses deux filles.
"Ce qu'un jeune va aimer faire dans la boucherie, dit-il, c'est d'être polyvalent pour ne pas s'essouffler sur une spécificité. Nos entreprises artisanales doivent permettre cette polyvalence. Après, il faut s'adapter sans cesse, jour après jour, coller au maximum avec les besoins des clients, surtout en termes de services. Mes filles m'apportent beaucoup en termes de communication avec toute la richesse de leur génération née avec les nouvelles technologies !".

De réelles possibilités de reprises d'entreprise

L'artisanat rassemble 1 069 000 entreprises au 1er janvier 2013 et sur un portefeuille de 60 000 entreprises à transmettre, on estime à 40 000 entreprises les entreprises viables et reprenables. Or seules 5 000 entreprises sont reprises chaque année !

Les profils des créateurs ou repreneurs d'entreprise artisanale se sont rapidement diversifiés. La transmission familiale n'est plus le modèle prépondérant. Aujourd'hui, créer une entreprise est devenu l'aspiration de nombreux salariés, qu'ils soient menacés par le chômage ou qu'ils aspirent à réaliser un projet en devenant leur propre patron.

La reprise est une autre possibilité : plus lourde en termes de financement, elle offre de plus fortes probabilités de réussite, jusque 95% à 100% selon les métiers contre 60% pour une création.


Des aides et des accompagnements

La Siagi, filiale des chambres de métiers et de l'artisanat, favorise l'accès au crédit des petites entreprises avec un process visant à consolider les plans de financement des entreprises : elle offre une pré-garantie à l’artisan qui, fort de son dossier "prévalidé" sur l'aspect garantie, aura plus de facilité à obtenir son crédit auprès de sa banque.

Les chambres de métiers et de l'artisanat, elles, développent une offre de services qui couvre toutes les étapes de la vie de l'entreprise, de la création/reprise à la transmission, en passant par toutes les phases de développement, ainsi que par la formation de ses actifs : chaque candidat à la création d’entreprise peut rencontrer un agent économique de la CMA et être reçu individuellement pour évaluer les forces et faiblesses de son projet ;  le futur artisan suit un stage préalable à l'installation (SPI) au cours duquel sont abordés tous les domaines tels que l’étude de marché, le choix du statut juridique de l'entreprise, la gestion des ressources humaines et la comptabilité ; puis après la création, le nouveau chef d'entreprise peut bénéficier de prestations complémentaires d'accompagnement organisées avec des partenaires comme les avocats, experts-comptables, banquiers, assureurs, organismes sociaux.

Toutes ces étapes sont essentielles pour que la création d'entreprise passe de la phase de projet à celle de réussite. Le taux de pérennité à trois ans des entreprises accompagnées par les CMA est de 76%.

Je profiterai de la semaine de l'artisanat pour vous brosser quelques portraits d'artisans chefs d'entreprise ou salariés.

www.semaine-nationale-artisanat.fr

Lire aussi : Oser un métier manuel, pourquoi, comment ?

Rédigé le Mercredi 12 Mars 2014 | Commentaires (0) | Permalien

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Michèle Longour
Michèle Longour




Certains traînent dans les bars, d'autres fréquentent les stades ou les cinémas... Moi, je hante les journées recrutement, je fouine dans les forums emploi et les salons dédiées à toutes les carrières. D'où l'idée de ce blog pour...



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