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Les contrats d'alternance - d'apprentissage et de professionnalisation - sont de plus en plus utilisés par les grands groupes comme un pré-recrutement. Pour les candidats au premier emploi, c'est donc une voie à envisager en priorité, et plus seulement pour raison financière.


Alternance : une nouvelle voie royale vers le CDI
Pendant longtemps l'apprentissage (formule numéro 1 des contrats d'alternance) a été cantonné aux formations manuelles et industrielles de niveau CAP à bac pro. Du coup, il a fallu du temps pour admettre que la formule - qui consiste à alterner formation théorique et travail en entreprise - pouvait être excellente pour tous les autres niveaux d'étude. N'est-il pas d'ailleurs pas d'autant plus judicieux de se rapprocher du terrain professionnel que l'on avance en âge et en maturité ?

Aujourd'hui, l'évidence s'impose et les formations postbac - du L1 au M2 - offrent de plus en plus de cursus en alternance, à commencer par les prestigieuses écoles d'ingénieurs françaises qui ont conclu nombre de partenariats avec les entreprises et proposent presque toutes des formations en apprentissage.


Les alternants : un vivier de jeunes talents pour les entreprises

Car les entreprises elles-mêmes apprécient le dispositif, même si les mesures fiscales françaises ne l'ont pas toujours favorisé. Les grands groupes, surtout, et les entreprises des secteurs en pénurie de talents (informatique, hôtellerie, bâtiment, logistique, industrie) ont bien vu l'avantage qu'il y a à recruter des jeunes diplômés qu'elles peuvent former à leurs méthodes et leur culture. 

"Au niveau M2, c'est un vivier de jeunes talents qui se constitue", expliquent par exemple les conseilleurs recrutement du Crédit Agricole.


Qui recrute le plus en alternance ?

- L'industrie reste en tête puisque c'est le secteur qui traditionnellement utilise l'apprentissage depuis le plus longtemps pour les diplômes de niveau inférieur au bac.

De grands groupes industriels comme Michelin, la SNCF, EDF, Thalès, Airbus et ses sous-traitants, Dassault AviationAlstom, Safran recrutent désormais aussi en alternance pour les diplômes postbac ouvrant sur les carrières de techniciens et d'ingénieurs. 
Certaines spécialités - souvent évoquées sur ce blog - peinent même à trouver des candidats : la maintenance, le génie électrique, la chaudronnerie.

- Le BTP reste aussi un gros recruteur d'alternants et l'on peut préparer par l'apprentissage des diplômes de base comme le BTS bâtiment, le DUT génie civil, mais aussi de nombreuses licences professionnelles (L3) de spécialité et de plus en plus de formations d'ingénieur débouchant sur de beaux postes de conducteur de travaux. Les grands groupes comme Vinci, Bouygues, Colas sont bien sûr les plus gros employeurs.

- La banque est l'un des secteur du tertiaire qui recrute le plus d'alternants, du niveau bac à bac+4/5. L'un des niveaux de recrutement privilégiés en moment est le bac+3 : des étudiants de formation généraliste ayant une licence (commerciale ou autre) se forment ainsi durant deux ans pour décrocher un master orienté vers les métiers de la banque tout en s'initiant à ses codes sur le terrain. La partie théorique est souvent dispensée par le Centre de formation professionnel bancaire. En 2016, le Crédit Agricole prévoit de recruter 3500 alternants ! BNP Paribas en prévoit plus de 2000 avec un taux de transformation vers le CDI de 50%.

- Le secteur de l'assurance, dominé comme dans la banque par de grandes groupes, adopte la même stratégie : nombreux recrutements en alternance de diplômés de niveau bac+2/3 à bac+5 avec un taux de transformation en CDI élevé.

- L'informatique aussi se met à l'alternance, encore que ses plus gros recruteurs, les sociétés de conseil en service numérique recrutent moins d'alternants que les banques car elles ont du mal à adapter les rythmes d'alternance des écoles d'ingénieurs ou d'informatique aux besoins des entreprises. Mais vu la pénurie de talents numériques, les nouveaux cursus se multiplient. Les spécialités Big Data, cybersécurité, développement web sont particulièrement visées.

- Des secteurs économiques assez spécialisés comme le transport-logistique, la grande distribution, mais aussi l'hôtellerie-restauration utilisent beaucoup l'alternance comme dispositif de pré-recrutement. Point commun de ces secteurs : chacun constitue en lui-même un univers professionnel très spécifique avec ses codes et ses métiers qu'il est tout indiqué de découvrir sur le terrain.


Quels critères pour être recruté en alternance ?

Dans les groupes qui recrutent un gros pourcentage d'alternants (50 à 80%), le processus de recrutement en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation est tout aussi sélectif que pour un emploi. Normal, puisque le fameux CDI est en ligne de mire.

"Nous sélectionnons essentiellement sur CV et lettre de motivation développant le projet professionnel, explique-t-on chez BNP Paribas. Il doit y avoir de la cohérence entre le cursus, l'école ou l'université et le projet personnel."

D'autres recruteurs ouvrent plus large le radar et accordent moins d'importance au cursus passé qu'au projet futur. Surtout, les entreprises recherchent des profils autonomes, prêts à s'intégrer dans des équipes, ayant des capacités d'écoute, de diagnostic et de prise d'initiative. A savoir : l'expression écrite est de plus en plus prise en compte !

En résumé : il faut savoir présenter votre projet et expliquer pourquoi les métiers exercés dans l'entreprise vous attirent, ce qui suppose une exploration préalable.

Enfin pour être recruté en alternance, vous devez convaincre deux partenaires : une entreprise (c'est souvent le plus difficile) mais aussi une école ou un lieu de formation. Sur ce terrain on vérifie en général que vous êtes capable de mener de font des études et un job, c'est-à-dire de travailler régulièrement et efficacement. En résumé : il faut de la motivation et de la maturité !


L'alternance ne va-t-elle pas m'enfermer trop vite ?

C'est une question que se posent de nombreux jeunes qui craignent de se spécialiser trop vite et veulent "se laisser toutes les portes ouvertes".

En réalité si le contrat d'alternance est une excellente voie pour mettre le pied dans une entreprise, vous n'êtes aucunement obligé d'y faire toute votre carrière. Vous pouvez en effet choisir de poursuivre votre formation dans une spécialité particulière, ou bien tenter votre chance sur le marché du travail si vous préférez viser une autre entreprise, un autre domaine, une autre région.

Une chose est sûre : vous pouvez alors mettre en avant l'expérience acquise durant votre alternance - un, deux ou trois ans en entreprise - indéniable avantage par rapport aux jeunes diplômés qui n'ont jamais fait de stage supérieur à six mois.

Alors pour répondre à la question : non, l'alternance ne vous enferme pas, elle vous ouvre au contraire les multiples portes du monde du travail où l'on n'avance de toute façon qu'en vivant des expériences successives qui nous révèlent peu à peu nos propres talents. Un atout largement aussi appréciable que l'avantage financier qui a motivé jusque-là la plus grande partie des alternants.

Rédigé le Vendredi 22 Avril 2016 | Commentaires (0) | Permalien

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Michèle Longour
Michèle Longour




Certains traînent dans les bars, d'autres fréquentent les stades ou les cinémas... Moi, je hante les journées recrutement, je fouine dans les forums emploi et les salons dédiées à toutes les carrières. D'où l'idée de ce blog pour...



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