Vers la fin des bourses au mérite pour les étudiants


La ministre de l'Enseignement supérieur a confirmé la suppression des bourses au mérite pour les bacheliers 2013 avec mention très bien : l'idée est de privilégier les bourses sur critères sociaux qui devraient être augmentées prochainement.




La nouvelle a vite fait le tour du web et fait l'effet d'une douche froide pour les heureux lycéens qui avaient décroché une mention "très bien" au bac 2013 : les bourses au mérite vont être supprimées !

Annoncée par Le Monde, l'info a été confirmée par un tweet de Genevièce Fioraso, précisant que cette supression était faite "pour privilégier les bourses sur critères sociaux".

Jusque-là, les bacheliers qui pouvaient prétendre à cette bourse au mérite étaient ceux qui avaient eu une mention très bien avec au moins 16/20 de moyenne au bac et qui avaient déjà droit à une bourse sur critères sociaux. Ils avaient rempli pour cela leur dossier social auprès du Crous avant avril et pouvaient bénéficier de 1800 euros annuels supplémentaires pendant trois ans (jusqu'à la licence) au titre de la "bourse au mérite", en plus de la bourse étudiante.

Le même type de bourse était attribué aux étudiants de licence ayant eu de très bonnes notes et voulant poursuivre leurs études en master. La bourse au mérite était alors attribuée pour deux ans.

Le système des bourses en chantier

La décision du ministère parait d'autant plus surprenante que l'Elysée avait annoncé le 25 juin 2013 qu'il voulait aller vers un plus grand nombre d'étudiants boursiers. "L'objectif est d'aider financièrement un plus grand nombre d'étudiants à construire leur parcours universitaire", avait déclaré François Hollande après des entretiens avec l'Unef et la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE).

De fait, le ministère est en train de remettre à plat tout le système des bourses étudiantes et un rapport sur la question doit lui être rendu à la mi-juillet 2013.

L'UNEF, grand syndicat étudiant proche du Parti socialiste, demande une "augmentation significative du montant et du nombre des bourses" : il revendique 150 000 bénéficiaires de plus et des montants de bourses qui pourraient aller jusqu'à 580 euros mensuels contre 460 euros aujourd'hui.

Priorité aux étudiants qui doivent travailler pour financer leurs études

Un investissement qui pourrait se chiffrer en millions d'euros et pose au gouvernement un évident problème de financement en ces temps de disette budgétaire !

On comprend mieux dès lors la décision gouvernementale de supprimer ces bourses au mérite qui concernaient tout de même des milliers d'étudiants. Ces budgets seront "redéployés" sur les autres bourses sur critères sociaux de façon à "bénéficier en priorité aux étudiants obligés de travailler pendant leurs études, dans des conditions incompatibles avec leur réussite" a indiqué le ministère.

Les étudiants qui bénéficiaient de la "bourse au mérite" étant déjà des étudiants boursiers sur critères sociaux, gageons qu'ils bénéficieront un peu aussi de la revalorisation de leur bourse étudiante (sûrement pas cependant au niveau de 200 euros par mois de plus).

Reste que le symbole et le message adressés à l'étudiant n'est pas le même : la "bourse au mérite" récompensait le travail, l'investissement et l'intelligence et sa suppression a bien sûr été vivement critiquée par nombre d'éducateurs et de personnalités politiques, notamment à droite, qui craignent un système basé sur "l'assistanat". Faut-il encourager financièrement celui qui réussit déjà malgré les obstacles, ou celui qui ne parvient pas à réussir à cause des obstacles ? Un beau sujet de débat, mêlant à la fois politique et philo.




Rédigé par le Mercredi 10 Juillet 2013
Dans la même rubrique :