Universités : Valérie Pécresse fait un geste pour les examens


Après un conflit interminable dans les universités, la ministre de l'Enseignement supérieur a reçu lundi 18 mai les syndicats étudiants pour gérer la sortie de crise, et en particulier la question des examens. Elle a annoncé 7 mesures pour aider notamment les étudiants boursiers à assumer l'allongement de l'année scolaire et les frais occasionnés. Et a donné rendez-vous aux syndicats début juillet pour préparer la rentrée.




Dès les vacances de Pâques, des universités ont commencé à rattraper les cours qui n'ont pu être donnés pour cause de blocage des facs et de grève. D'autres ont mis les cours sur Internet.
Mais la question de la tenue et de la validation des examens restait confuse : dans la plupart des universités, les épreuves ont été (ou vont être) reculées d'une à plusieurs semaines (selon les niveaux). Certaines auront lieu au mois de juin, juillet, voire septembre pour certaines épreuves.

Dès lors, un certain nombre de questions pratiques restaient en suspens notamment pour les étudiants les plus défavorisés pour qui ce report signifie des frais supplémentaires, sans parler des jobs d'été que beaucoup ne pourront assumer en juillet.
Valérie Pécresse a donc choisi l'apaisement en annonçant 7 mesures pour aider les étudiants.

Bourses, logements, restau U

Bourses : les étudiants boursiers qui ont des examens en juillet ou en septembre, se verront verser un mois de bourse supplémentaire. Les universités indiqueront aux CROUS la liste des étudiants concernés afin d’en permettre le versement. Par ailleurs, aucun étudiant ne se verra privé de sa bourse l’année prochaine pour des raisons liées à son assiduité aux enseignements ou  aux examens du second semestre de cette année.

Logements : en cas de besoin, les étudiants pourront, sur demande auprès de leur CROUS, conserver leur chambre en résidence universitaire en juillet. Ils devront s’acquitter d’un loyer forfaitaire équivalent à un demi-mois de loyer. Quant à ceux qui ne bénéficiaient pas d’un hébergement CROUS, un accueil supplémentaire sera organisé pour ceux qui le souhaitent.
Restaurant universitaire : toutes les universités dont les examens se dérouleront en juillet ou en septembre veilleront à ce qu'au moins un restaurant universitaire sur le campus reste ouvert pendant cette période. 
Etudiants étrangers : la ministre se rapprochera rapidement de son collègue Eric Besson, ministre de l’Immigration et de l’intégration, pour que les étudiants étrangers ne soient pas pénalisés lors de  leur demande de renouvellement de leur titre de séjour.


Tenue des examens : programmes, session de rattrapages, convocations

En ce qui concerne les examens eux-même, la ministre demande aux présidents d’université
- de veiller à ce que le contenu des examens soit en lien avec les enseignements effectivement réalisés ou rattrapés pour tous 
- de prévoir l’organisation d’une session d’examens de rattrapage une fois la première session achevée, conformément à la réglementation en vigueur ; on a en effet craint pendant un temps qu'il n'y ait pas de session de rattrapage cette année
- de veiller à l’information de l’ensemble des étudiants sur les modalités d’aménagement des examens, des programmes de révisions et des dates des épreuves par l’envoi préalable de convocations.

Le rappel de ces exigences a la mérite de mettre toutes les facs au même régime : la ministre a en effet rappelé que tous les étudiants doivent avoir le droit de passer leurs examens dans les mêmes conditions.

Qui a gagné le conflit ?

La Sorbonne en grève en février 2009
C'est la question que l'on peut se poser après environ 4 mois de grève et un deuxième semestre quasi-blanc dans plusieurs universités.
En dépit des annonces généreuses du ministère pour la tenue des examens, la loi LRU sur l'autonomie des universités, votée à l'été 2007, n'est absolument pas remise en question. Et le décret sur le statut des enseignants-chercheurs a été publié. Les universités ont aussi élu leur nouvelle gouvernance et certaines ont commencé à bâtir leur projet.

Toutefois, le communiqué du ministère du 17 mai ajoute que "à la demande des étudiants, des organisations syndicales et en accord avec les présidents d’université, la ministre a accepté d’associer tous les partenaires à l’amélioration du système d’allocation des moyens aux universités et notamment les critères sur lesquels il se fonde, afin de mieux soutenir les universités de taille moyenne dans leur développement".

L'inégalité entre grandes et petites universités était en effet une des critiques faites au nouveau système. Les organisations syndicales lui ont donc arraché cette promesse "d'amélioration". En attendant le prochain rendez-vous qui leur a été fixé au ministère début juillet 2009, pour parler des conditions de vie des étudiants... et pour préparer la rentrée.



Rédigé par le Mardi 19 Mai 2009
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