Sabrina Poignet, cadette de l'escrime paralympique

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A 26 ans, Sabrina Poignet, est la cadette de l'équipe de France d'escrime paralympique. Retour sur un parcours que l'on espère pavé d'or.




Au commencement, une catastrophe

Sabrina Poignet est une fille de gendarme. Baignée dés son plus jeune âge dans le milieu militaire, elle y acquiert le gout de l'institution en même temps que l'amour de la France. A l'âge adulte, c'est au nom de ces valeurs qu'elle s'engage dans l'armée. Affectée au 517 régiment du train de Chateauroux, le caporal Poignet est promis à un bel avenir. Mais en 2002, sa vie bascule. Au cours d'une mission, elle est gravement blessée. Les médecins l'amputent des deux jambes. Après le choc de l'accident s'en suivent près de vingt mois de réeducation intensive, que seul le soutien de l'entourage et une volonté hors du commun permettent de surmonter.

Une renaissance par le sport

Alors la vie recommence. Sabrina Poignet est désormais pensionnée militaire au sein de l'institution nationale des invalides (INI). Cet organe s'occupe, depuis Louis XIV, des invalides militaires. De ceux qui "victimes de leur devoir, nécessitent des soins attentifs et une réeducation lourde". Moins connu, est le Cercle sportif de l'institution nationale des invalides (CSINI) qui dépend de l'INI. Ce club de sport pour handicapés fut fondé en 1966 par le lieutenant George Morin, grand blessé de la guerre d'Algérie. Sabrina Poignet s'y inscrit, et suivant les conseils de l'encadrement découvre l'escrime handisport.

La découverte de l'escrime

Comme pour les jeux olympiques, l'escrime est un sport historique des jeux paralympiques. Il fait partie des jeux depuis 1960 et la paralympiade romaine. La compétition se déroule selon les mêmes règles que pour l'escrime valide. A quelques détails près. Ainsi, quelle que soit l'arme utilisée, les jambes, le tronc sous la taille et le fauteuil roulant ne sont pas des cibles valables.
Par ailleurs, pour participer, les athlètes doivent être en fauteuils roulant solidement attachés au sol. Les athlètes sont répartis en trois catégories : A, B, et C (seules les catégories A et B participent aux paralympiades). Cette classification est réalisée avant la compétition selon la capacité et l'habileté des sportifs à réaliser des gestes d'escrimeur comme la fente, l'extension du bras... Par ses grandes qualités, Sabrina Poignet est classée catégorie A.

Jusqu'où ira-t-elle ?

Entrainée par l'adjudant/chef Didier Baras, Sabrina Poignet fait de trés rapide progrés. Au point qu'en 2005, elle connaît sa première sélection en équipe de France. Appel sous les drapeaux qu'elle célèbre par une dixième place d'épée individuelle aux championat d'Europe de Madrid. Début prometteur qu'elle confirme l'année suivante en devenant vice-championne du monde de fleuret individuel à Turin.
Trois années pour passer de la réeducation et de la découverte du sport au sommet mondial, c'est ce qui s'appelle une progression fulgurante. La cadette des escrimeurs handisport fera-t-elle mieux lors des paralympiades de Pékin?



Rédigé par Charles Baldini le Mardi 9 Septembre 2008
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